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Un article paru sur figaro.fr le 9 avril 2005

EDF et la tentation espagnole

samedi 9 avril 2005 par admin
ÉNERGIE Le groupe ibérique Endesa se dit prêt à prendre le contrôle d’Edison, le numéro deux italien de l’électricité

Dans l’affaire Edison, sa filiale italienne, EDF est-il en train de mettre sous pression le gouvernement Berlusconi en se servant du groupe espagnol Endesa ? Ce dernier, numéro un de l’énergie dans son pays, aurait, comme le rapportait hier Il Sole 24 ore, déposé l’offre la plus élevée pour reprendre Italenergia Bis (IEB), le holding de contrôle d’Edison, dans laquelle EDF cherche des partenaires.

Précisément, alors que l’offre que la régie milanaise de gaz et d’électricité AEM ne porte que sur 40% du capital d’IEB, celle d’Endesa vise à une prise de contrôle complet. Elle est assortie parallèlement d’une proposition à EDF d’accéder plus facilement au marché ibérique.

L’équation semble simple : bloqué par Rome dans Edison - un décret limite ses droits de vote à 2% -, EDF pourrait abandonner le marché italien au profit de la péninsule ibérique, fermant du même coup la porte de l’Hexagone à l’italien Enel. Car jusqu’à présent, il est prévu que dans le cadre d’un accord global entre EDF et le gouvernement Berlusconi, Enel puisse faire une entrée significative sur le marché français de l’énergie.

En réalité, l’équation est plus complexe. Même si EDF ne cache plus son agacement devant la position de Rome, le marché espagnol demeure beaucoup moins attractif que son homologue italien. Et ce pour une raison bien simple : les prix très élevés de l’électricité en Italie permettent de dégager des marges bien supérieures que dans les autres pays européens. D’ailleurs, dans le cadre de la stratégie d’EDF de recentrage de ses activités à l’échelle européenne, l’Italie, avec la Grande-Bretagne et l’Allemagne, occupe une place de choix. Parallèlement, EDF a déjà suffisamment investi en Italie pour qu’un retrait pur et simple ne soit pas considéré comme un échec.

Quoi qu’il en soit, Pierre Gadonneix, le président de l’entreprise publique, a été très clair au cours de ses dernières interventions : EDF ne restera en Italie que s’il peut piloter Edison sans entraves. La proposition d’Endesa tombe donc bien pour accélérer significativement dans ce dossier.

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