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Une dépèche Reuters du 11 mai 2006

EDF se dit intéressé par des actifs belges du futur Suez-GDF

jeudi 11 mai 2006
BRUXELLES - Le P-DG d’Electricité de France, Pierre Gadonneix, est "tout à fait intéressé" par le rachat d’actifs de l’électricien belge Electrabel que Suez et Gaz de France pourraient être amenés à céder dans le cadre de leur fusion.

"J’ai indiqué que nous étions tout à fait intéressés à jouer un rôle dans une redistribution des unités de production", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

Le projet de fusion Suez-GDF créerait un concurrent important d’EDF sur le marché français mais mettrait le nouveau groupe en situation de quasi-monopole sur le marché belge, ce qui obligera le nouveau groupe à se séparer de certains actifs pour obtenir l’aval des autorités européennes de la concurrence.

Ce sera le cas d’Electrabel, filiale de Suez, qui intéresse fortement le géant français de l’électricité.

"Je réponds présent", a ajouté Gadonneix.

Il a toutefois ajouté qu’EDF souhaitait être accepté : "Je n’irai pas si nous ne sommes pas les bienvenus. Je souhaite une présence significative qui réponde aux préoccupations locales".

Cette maxime s’applique à tous les pays européens où le géant français, qui est déjà présent en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Italie, souhaite se développer dans le cadre de son recentrage sur le marché européen.

"Nous sommes un groupe délibérément à vocation européenne", a dit le P-DG français en rappelant qu’il avait décidé d’investir en trois ans 18 milliards d’euros en France et dans ses filiales à l’étranger, huit autre milliards étant promis à des acquisitions en Espagne et dans le Benelux.

LEADER EUROPÉEN

Ces investissements se feront dans le nucléaire et les énergies renouvelables et, compte tenu des contraintes de terrain en Belgique, ce sont les sites d’Electrabel qui sont les plus susceptibles de permettre la construction d’unités.

EDF, qui se prépare à perdre des parts de marché en France en raison de l’ouverture à la concurrence, qui sera complète en Europe le 1er juillet 2007, entend compenser ce phénomène dans d’autres pays, où il réalise déjà 40% de sa production.

"Nous passons progressivement d’une situation de monopole national à celle de leader européen", a expliqué Gadonneix.

Dans ce cadre, EDF, qui s’est souvent attiré les foudres de la Commission européenne parce qu’il multipliait les acquisitions à l’étranger tout en continuant à protéger son marché, entend jouer à plein le jeu de l’Union européenne.

La commissaire européenne à la Concurrence, Neelie Kroes, a ouvert une enquête pour examiner si les fournisseurs des pays tiers ont bien accès au réseau français de distribution et Gadonneix s’est dit "confiant" dans le verdict.

"Nous sommes convaincus d’avoir une situation exemplaire", a-t-il dit en soulignant que son entreprise ne pouvait se prévaloir du "patriotisme économique" prôné par le Premier ministre français Dominique de Villepin, dans la mesure où elle est très présente sur les marchés d’autres pays.

"Je me garderais bien de dire que je suis un exemple de patriotisme économique", a ironisé ce dirigeant d’une entreprise dont l’actionnaire principal est et restera l’Etat. "Les préoccupations de la Commission sont les nôtres".

Pierre Gadonneix s’est par ailleurs déclaré favorable à un alignement à terme de tous les prix de l’électricité sur les coûts de revient, alors que certains prix, notamment ceux des services aux particuliers, sont encore fixés par l’Etat.

"Il est normal que les prix de marché rejoignent les prix de revient", a-t-il estimé en prônant un mécanisme de transition.

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