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Un article de Pierre-Henri Lab paru dans l’Humanité du 18 mars 2005

EDF, un bilan bien contrasté

vendredi 18 mars 2005 par Pierre-Henri Lab
Les bons résultats affichés par l’entreprise, en 2005, sont essentiellement le fruit de gains de productivité. En Amérique latine, le groupe enregistre de nouvelles pertes

Le PDG d’EDF, Pierre Gadonneix, qui a présenté, hier, à la presse, les résultats 2004 de son groupe, a estimé que celui-ci présente « un bilan assaini et confirme son redressement en Europe ». Pour justifier ce constat, il a mis en avant la bonne tenue des indicateurs financiers. Ces chiffres ne sauraient pourtant masquer une réalité contrastée de la santé financière des différentes filiales d’EDF.

Le chiffre d’affaire du groupe public énergétique français a progressé de 4,5 % en 2004 et s’établit à 46,9 milliards d’euros. En normes françaises, le résultat net du groupe (bénéfices) atteint 1 341 millions d’euros, soit une progression de 56 % par rapport à 2003. Les autres indicateurs financiers sont également passés au vert. Le désendettement s’est poursuivi en 2004. Il est passé de 24,009 milliards d’euros en 2003 à 19,668 milliards d’euros en 2004, soit une réduction de 18 %. Quant à la capacité d’autofinancement du groupe, elle s’est accrue de 11 % pour s’établir à 9 milliards d’euros.

La hausse du chiffre d’affaire d’EDF, qui est réalisé à 95 % en Europe, s’explique, selon le dirigeant d’EDF, par « une croissance généralisée des ventes et des évolutions tarifaires favorables ». Autrement dit, elle est due à une hausse de la consommation d’électricité en particulier en France et à une augmentation des tarifs, en particulier en Allemagne et au Royaume-Uni. Cette progression du chiffre d’affaire ne suffit pas seule à expliquer la hausse de 10 % de l’excédent brut d’exploitation (les profits) qui atteint 12,1 milliards d’euros. De l’aveu même des dirigeants d’EDF, elle s’est opérée « sous l’effet des progrès continus de la productivité », en particulier en Allemagne et au Royaume-Uni.

La hausse de 56 % du résultat net d’EDF masque une réalité plus contrastée à l’examen des différentes filiales du groupe. En Europe, les résultats sont en progression. EDF France réalise un bénéfice de 1,818 milliard d’euros en 2004 contre 1,480 milliard d’euros en 2003. Après 612 millions d’euros de perte en 2003, la filiale allemande EnBW renoue avec les bénéfices (43 millions d’euros) tandis que la société de courtage EDF Trading améliore son résultat net de 41 %. En Amérique latine par contre, la situation ne s’arrange pas. Après avoir réalisé 865 millions d’euros de perte en 2003, les filiales argentines et brésiliennes accusent une nouvelle perte de 1,182 milliard d’euros. À ces pertes, s’ajoutent 1,881 milliard de dépréciations d’actifs principalement en Amérique latine. Au total, si EDF peut se permettre d’afficher un résultat net de 1,341 milliard d’euros en 2004 contre 857 millions d’euros en 2003, c’est grâce à la vente de 749 millions d’euros d’actifs dont la totalité des parts détenues par le groupe dans le pétrolier Total.

Pour 2005, à l’exception d’une relance des investissements dans le secteur de la production, EDF entend poursuivre la stratégie engagée depuis plusieurs années. Il s’agit, selon Pierre Gadonneix, de « continuer à améliorer la rentabilité » du groupe et de « lui redonner dans le cadre de son projet industriel, les marges de manoeuvres financières indispensables à un développement européen maîtrisé ». Le PDG a ainsi confirmé la poursuite du plan « Altitude 7 500 » qui se fixe l’objectif de réaliser 7,5 milliards d’euros de gains de productivité en trois ans. EDF entend également « dégager des ressources complémentaires par des cessions d’actifs et l’ouverture du capital de Réseau de transport d’électricité (RTE) » et par celle de son propre capital. Pierre Gadonneix estime nécessaire d’augmenter les fonds propres d’EDF « de 8 à 11 milliards d’euros ». Sur ce point, le passage aux normes comptables IFRS (International Financial Reporting Standard) tombe à point. En obligeant EDF à provisionner ses engagements pris dans le cadre de la réforme des retraites des industries électriques et gazières, elles provoquent une amputation de moitié des fonds propres qui s’établissent désormais à 8,4 milliards d’euros.

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