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Un article de Frédéric de Monicault et Richard Heuzé paru dans Le Figaro du 9 mai 2005

EDF va bénéficier d’un relais privilégié dans le gaz

lundi 9 mai 2005 par Frédéric de Monicault, Richard Heuzé
Le groupe français, qui a pris le contrôle d’Edison, va par ailleurs permettre à son homologue italien de faire une entrée en force dans l’Hexagone

de manière durable. Après le final échevelé de la semaine dernière (lire nos éditions du 7-8 mai), la prise de contrôle d’Edison - le numéro de l’électricité transalpin -, en partenariat avec la société milanaise AEM, offre un solide levier de développement en Europe au groupe français. L’Italie est en effet le pays où l’électricité compte parmi les plus chères en Europe, ce qui augure de belles marges de rentabilité.

Pour autant, l’horizon d’Edison ne se limite pas seulement à l’électricité. Dans le gaz aussi, l’entreprise dispose d’un gros potentiel.

Actuellement, Edison est le troisième opérateur italien dans le domaine du gaz, avec 13,1 milliards de m3 commercialisés. Il pointe derrière l’ENI (53,5 milliards) et l’Enel (18 milliards), détenant précisément 14% du marché transalpin. Pour le n° 2 de l’électricité en Italie, les revenus du gaz ont atteint 2,3 milliards d’euros en 2004, un chiffre en croissance de 9% par rapport à 2003.

Près de 55% du gaz produit par Edison servent à alimenter ses centrales à cycle combiné, ainsi que celles de sa filiale Edipower - rachetée l’année dernière à l’Enel.

Parallèlement, 15% sont vendus à des clients industriels, 28% à des clients résidentiels et aux distributeurs de gaz, tandis que 2% sont écoulés à l’étranger. Alors que 150 000 clients sont directement alimentés par Edison, le portefeuille total s’élève à 650 000 par l’intermédiaire de sociétés partenaires.

Côté production, Edison produit en Italie un milliard de m3 de gaz naturel, tandis que ses importations - 6,7 milliards de m3 - proviennent en majeure partie de la mer du Nord, de la Russie, de l’Algérie et de Libye. Edison s’approvisionne également auprès de l’ENI, à hauteur de 5,5 milliards de m3.

La filiale d’EDF entend développer des contrats à long terme dans la perspective de livraisons en direct de la part des pays producteurs. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’elle est en train de construire une station portuaire de regazéification dans le nord de l’Adriatique. L’objectif est de détenir 20% du marché italien à l’horizon 2008, c’est-à-dire un volume total de 17 milliards de mètres cubes.

Ce n’est évidemment pas en prenant le contrôle d’Edison qu’EDF s’est découvert de solides ambitions dans le gaz. Depuis longtemps, le groupe français est déterminé à investir massivement dans cette direction, via une enveloppe de 6 milliards d’euros sur la période 2005-2007.

Outre le fait que le gaz permet de produire de l’électricité à un prix compétitif, sa commercialisation permet également d’offrir des services énergétiques associés, un secteur qu’EDF peut désormais aborder sans aucune entrave depuis que son principe de spécialité a été levé avec l’adoption du changement de statut de l’entreprise (depuis juillet 2004). Il compte bien en profiter.

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