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Article de Jean-Michel Bezat paru dans Le Monde du 15 novembre 2006

EDF va introduire en Bourse sa filiale "énergies nouvelles"

mercredi 15 novembre 2006 par Jean-Michel Bezat

EDF "énergies nouvelles" (EDF-EN), filiale du groupe d’électricité gérant les activités dans l’hydraulique, la biomasse, le solaire et surtout l’éolien, s’apprête à faire son entrée à la Bourse de Paris.

L’opération se fera à travers une augmentation de capital d’environ 316,2 millions d’euros, a annoncé l’entreprise, mardi 14 novembre. Au total, 12,139 millions d’actions nouvelles seront émises, soit 20,22 % du capital. Elles seront vendues entre 24,10 et 28 euros. La fixation du prix aura lieu le 28 novembre et la première cotation interviendra le 29 novembre.

Pâris Mouratoglou, partenaire d’EDF depuis l’année 2000 dans EDF-EN, a cédé une partie de ses titres. Il reste le président de la société, avec 25 % des parts, EDF en conservant 50 %.

Cette mise en Bourse aidera EDF-EN (336 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2005) à financer des investissements de 3,5 milliards d’euros dans les énergies renouvelables d’ici à 2010, dont 3 milliards dans l’éolien.

"Dès 2000, nous avions avec EDF l’objectif d’atteindre à terme 3 000 mégawatts (MW) de capacité installée dans le monde en développant nos sites nous-mêmes", raconte M. Mouratoglou. EDF-EN dispose de 746 MW en fonctionnement et en pleine propriété, auxquels s’ajoutent 306 MW en construction.

A travers le monde, de nombreux sites d’EDF-EN ont reçu le feu vert des autorités locales pour une puissance de 1 200 MW. "Nous avons en portefeuille 8 500 MW qui pourraient être développés", ajoute David Korchia, son directeur général.

Le groupe souhaite, à terme, remonter de la douzième à la quatrième place mondiale d’un secteur dominé par l’américain FPL et l’espagnol Iberdrola. Il s’est volontairement détourné des trois pays d’Europe les plus "éoliens" (Allemagne, Espagne, Danemark) pour se concentrer sur "des pays en retard où une forte croissance est encore possible" : France, Portugal, Grèce, Italie, Royaume-Uni. Et aussi les Etats-Unis, où il dispose de 55 % de sa puissance installée à travers sa filiale enXco.

Le marché européen est prometteur, puisqu’aux 40 000 MW actuels devraient s’ajouter 40 000 MW d’ici à 2010. Le marché américain pourrait tripler au même horizon pour atteindre 30 000 MW.

LA FRANCE, TERRE PROMISE

Le retard accumulé par la France dans l’éolien en fait une sorte de Terre promise vouée à un fort développement. "C’est resté longtemps la belle endormie", constate Olivier Duguet, fondateur en 2001 de La Française d’éoliennes, qui compte détenir 10 % du marché dans les prochaines années. "Avec l’augmentation des prix du pétrole et des émissions de CO2, le marché s’est réveillé et la concurrence est extrême sur les parcs."

Les financiers apprécient ce secteur parce qu’il génère un bon cash flow récurrent une fois amorti le coût de l’éolienne (2,6 millions d’euros pour 2 MW installés). "Avec l’éolien, on a une stabilité des prix de l’électricité sur le long terme", insiste M. Korchia, puisque le tarif de rachat d’EDF est fixé pour une longue période. Il est de 82 euros le MWh pour les dix ans à venir.

"Trop élevé", a tranché la Commission de régulation de l’énergie, en juillet, pointant un surcoût payé par le consommateur. Le prix de l’électricité d’origine éolienne peut paraître élevé au client, reconnaît M. Korchia, mais il intègre une couverture contre le risque d’une flambée imprévisible de l’énergie.

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