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Frédéric De Monicault | Le Figaro du 10.06.2012

Électricité : E.ON cherche sa place sur le marché français

mardi 12 juin 2012 par Frédéric de Monicault
Le géant allemand va fermer cinq sites de production à partir de 2013. Plus de 500 emplois sont affectés.

Simple réaménagement de l’outil industriel ou esquisse de retrait du marché français de l’énergie ? La question se pose forcément après qu’E.ON, le numéro un allemand du secteur, a annoncé jeudi la fermeture de cinq unités de production d’électricité dans l’Hexagone à partir de 2013. Cinq sites fonctionnant à base de charbon et qui affichent une puissance installée de 1155 mégawatts (MW), sur un total de 3180. Au cours des prochaines années, E.ON France, troisième fournisseur d’électricité après EDF et GDF Suez, se retrouvera privé de près de 20% de sa production. Surtout, 535 emplois sont concernés, au fur et à mesure des arrêts de tranche.

Coûts logistiques prohibitifs Dans l’entourage du groupe, on affirme qu’il s’agit de solder un héritage industriel difficile : celui de petites centrales minières, qui ne répondent pas aux normes environnementales et dont les coûts logistiques sont devenus prohibitifs. Par exemple, l’acheminement du charbon vers ces installations - situées respectivement en Moselle, Saône-et-Loire, dans le Nord et les Bouches-du-Rhône - reviendrait 25% plus cher qu’au Havre ou à Dunkerque par exemple.

Dans le même temps, et avant le comité central d’entreprise prévu mercredi, E.ON indique qu’il étudie deux projets d’envergure, dont la construction d’une centrale à cycle combiné gaz de 430 MW. En marge de leur impact sur leur emploi, ces initiatives, si elles se confirment, pourraient non seulement augmenter la capacité de production nette du groupe (avec 2500 MW installés en 2015) mais surtout « décarboner » son mix énergétique : celui-ci passerait à 47% de charbon (contre 75% actuellement) et 53% de gaz naturel et de biomasse. Reste que le géant allemand ne masque plus son agacement devant la timide libéralisation du marché hexagonal et la suprématie jugée quasi absolue d’EDF. D’où ces interrogations sur la pérennité d’une implantation en France, amorcée en 2008 après le rachat des actifs de l’espagnol Endesa.

Au moins trois dossiers alimentent la réflexion d’E.ON France : le processus extrêmement lent d’ouver­ture à la concurrence des concessions hydrauliques ; l’appel d’offres dans l’éolien offshore que l’allemand considère comme promis à des consortiums tricolores ; enfin, le développement bloqué dans le nucléaire. Le projet de deuxième EPR - le réacteur de nouvelle génération - auquel E.ON devait être associé paraît de plus en plus compromis. « La fermeture programmée de ces centrales à charbon va peut-être inciter les pouvoirs publics à soigner les opérateurs étrangers », souligne un observateur.

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