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Article de Julie MAJERCZAK paru dans Libération le 30 novembre 2006

Emissions de CO2 : tous recalés sauf les Anglais

jeudi 30 novembre 2006 par Julie MAJERCZAK
Climat. Bruxelles demande à dix pays, dont la France, de revoir leurs quotas à la baisse.

La France a beau faire du changement climatique sa priorité, elle y va à reculons dès qu’il s’agit de passer aux actes. Pour éviter d’apparaître comme l’un des plus mauvais élèves de la classe européenne, elle a retiré, à la dernière minute mardi soir, son plan d’allocations de quotas d’émission de CO2 pour 2008-2012. La Commission européenne a donc rendu, hier, son verdict sur les plans nationaux des autres pays, à l’exception de celui de Paris. Ces plans sont pourtant une pièce maîtresse de la mise en application au niveau européen du protocole de Kyoto. Ils définissent les droits d’émission de CO2 des secteurs industriels énergivores, droits que les entreprises peuvent ensuite vendre ou acheter au sein du système communautaire d’échange de quotas d’émission, sorte de Bourse du carbone, créée en 2005.

Fermeté. La France n’est pas la seule à traîner des pieds. Sur les dix plans évalués hier, seules les allocations de quotas de la Grande-Bretagne ont été acceptées. Les autres Etats (allemand, grec, irlandais, lituanien, letton, luxembourgeois, maltais, slovaque et suédois) ont tous été trop généreux avec leurs industriels. Bruxelles leur a demandé de revoir leur copie. Au total, les volumes d’émissions proposés devront être réduits de 7 %. Stravros Dimas, le commissaire en charge de l’environnement, entend rester « ferme » , car il ne veut pas voir se reproduire le scénario du printemps. La surallocation des droits à polluer pour la première période (2005-2007) a entraîné un écroulement du cours de la tonne de CO2. « Pour que le système fonctionne, il faut une certaine rareté », a-t-il insisté.

Reste que l’attitude de Paris surprend. La France savait que Bruxelles n’était pas satisfait de son plan, qui prévoyait d’accorder près de 150 millions de tonnes de CO2 par an de droits d’émission à l’industrie, alors qu’en 2005 ses émissions n’atteignaient que 132 millions.

Indulgence. Or la Commission n’a jamais caché que les nouveaux plans ne pourraient dépasser les émissions de 2005. Tout le monde s’attendait à de nouvelles propositions françaises. Non. Indulgent, le commissaire a préféré voir dans le retrait français une « bonne nouvelle », la France ayant annoncé qu’elle était « prête à faire des efforts significatifs ». Mieux vaut tard que jamais.

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