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Claire Gatinois | Le Monde du 13.06.07

En 2006, les fonds ont investi dans 7 500 sociétés en Europe

mercredi 13 juin 2007 par Claire Gatinois

Les fonds d’investissement pèsent de plus en plus sur le fonctionnement des marchés financiers. Le bilan dressé par Thomson Financial ainsi que PricewaterhouseCoopers - et réalisé pour l’European Private Equity & Venture Capital Association (EVCA) - le confirme. En 2006, ces investisseurs privés, qui rachètent des sociétés pour les revendre trois à cinq ans plus tard, ont levé en Europe 112 milliards d’euros, 54 % de plus qu’en 2005. Ces sommes ont permis d’investir 71 milliards d’euros dans 7 500 sociétés. Sur ce montant, 17 milliards ont été alloués au capital-risque, le financement d’entreprises naissantes.

"Le secteur profite de conditions exceptionnelles", explique la responsable de l’étude. La faiblesse des taux d’intérêt a permis aux fonds de multiplier les rachats avec fort recours à l’endettement (montages de type LBO) qu’ils utilisent pour multiplier le rendement de leurs opérations. Selon l’EVCA, leurs placements ont rapporté en moyenne entre 11 % et 36 % par an. Cette rentabilité attire les investisseurs institutionnels, en majorité anglo-saxons, dont un quart est formé de fonds de pensions.

"LES POCHES PROFONDES"

Autant de sommes qui échappent, en partie, à la Bourse. "Les fonds absorbent une grande partie du marché", constate Gilles Smertnik, associé chez Lazard. Le phénomène se traduit notamment dans la baisse des introductions. Depuis janvier, la place de Paris, hormis le marché non réglementé dédié aux PME Alternext, a attiré 21 nouvelles entreprises, deux de moins qu’à la même période en 2006.

Grâce au levier de la dette, les fonds sont capables de proposer des prix de reprise très élevés tout en évitant les contraintes réglementaires d’une cotation. "Ils ont les poches profondes et proposent au management des entreprises des mécanismes d’intéressement attractifs", ajoute Jérôme Leleu de Morgan Stanley.

L’introduction en Bourse avortée du loueur de véhicules industriels Fraikin - abandonnée in extremis pour être revendu à CVC Capital - illustre la supériorité des fonds dans cette compétition.

Lorsqu’il y a une introduction, celle-ci est souvent à l’initiative d’un fonds qui rentabilise son investissement. La plus grosse opération de 2007 - le retour sur le marché du distributeur de matériel électrique Rexel pour plus d’1 milliard d’euros - a été faite par Eurazeo. La prochaine d’envergure, Bureau Veritas, prévue en septembre, sera menée par Wendel.

"Les fonds ont pris le relais de la Bourse pour racheter des entreprises de taille moyenne et les porter à une taille significative, explique Patrick Sayer, président de l’Association française des investisseurs en capital. Les fonds sont les seuls capables d’introduire sur le marché des entreprises conséquentes." A part l’Etat.

Pour redynamiser le marché boursier, il faut des privatisations. Période électorale oblige, le premier semestre n’a vu aucune opération de ce type, comme Aéroports de Paris en 2006 ou EDF un an plus tôt. L’ouverture possible du capital du groupe nucléaire Areva, dont la valorisation totale avoisine 25 milliards d’euros, est attendue avec impatience à la Bourse.

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