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Article de ALIETTE DE BROQUA et AUDE SÉRÈS publié dans Le Figaro du 18 octobre 2006

En Corse, la SNCM gagne une manche de la bataille sur la CMN

mercredi 18 octobre 2006 par Aliette de Broqua, Aude Sérès
La Compagnie méridionale de navigation (CMN) va faire appel de la décision rendue hier par le tribunal de commerce de Paris.

La SNCM a obtenu gain de cause dans le bras de fer qui l’oppose à la Compagnie méridionale de navigation (CMN), dont elle détenait jusqu’ici 69 % (directement et indirectement) sans exercer le contrôle opérationnel. Hier, le tribunal de commerce de Paris a non seulement jugé que le pacte d’actionnaire entre la SNCM et Stef -TFE, autre actionnaire de la CMN, était encore valable, mais il a également ordonné la cession d’une partie des titres de Stef-TFE à la SNCM. Cette dernière détiendra 82 % du capital de la CMN, mais surtout elle en aura le contrôle direct, ce qui n’était pas le cas auparavant. Ces titres seront ­cédés, a stipulé le tribunal, pour 6,7 millions d’euros et la décision ­interviendra à compter du feu vert du ministre de l’Économie si elle n’est pas contraire aux règles de la concurrence. Hier, Gérard Couturier, président du directoire de la SNCM, s’est réjoui de cette décision, indiquant qu’« en cas d’obtention de la desserte de la Corse, la SNCM pourrait déléguer une partie des opérations à la CMN ».

« Quasi-monopole sur le fret »

« C’est la disparition d’un acteur en Corse », regrette Pierre Mattéi, ­directeur général de Corsica Ferries selon lequel « la Corse n’a rien à ­gagner de cette décision qui aboutit à un quasi-monopole sur le fret entre la Corse et le continent puisque nous ne représentons que 15 % de ce marché ».

À la CMN, le personnel pousse un ouf de soulagement : « C’est la moins pire des solutions car elle va permettre de sauver 450 emplois », commente Étienne Tomasini, délégué CGT qui fustige « le jusqu’auboutisme d’un actionnaire qui, à des fins personnelles, a mis en péril une entreprise et menacé ses emplois ».

Francis Lemors, le président du groupe Stef-TFE, a voulu profiter de la privatisation de la SNCM pour s’en émanciper, et n’a pas hésité à s’allier à l’adversaire de toujours, Corsica Ferries. Il a perdu une manche. Mais il ne s’avoue pas battu. La CMN a fait appel de la décision du tribunal de commerce de Paris et les autres procédures en cours, notamment celle contestant la validité de l’appel d’offres devant le tribunal administratif de Bastia, vont intervenir prochainement.

Ensuite, si aucune décision de justice ne l’en empêche, l’Assemblée de Corse espère pouvoir choisir, vers la mi-novembre, le ou les délégataires du service public de transport maritime entre Marseille et six ports de l’île de Beauté. Une décision lourde de conséquence : en cas de perte de ce marché, la SNCM serait renationalisée, stipule l’accord passé entre l’État d’une part et Veolia et le financier Walter Butler, d’autre part. En tout état de cause, la décision du Tribunal de commerce arrive à point nommé. « On est satisfait que les conditions d’un retour au partenariat historique entre la SNCM et la CMN soient de nouveau possibles, ce qui va permettre de sortir des zones de turbulences créées par Francis Lemors », commente pour sa part Maurice Perrin, représentant CFE-CGT de la SNCM.

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