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FRÉDÉRIC DE MONICAULT. | Le Figaro le 01 octobre 2007

En France, E.ON mise sur Endesa

lundi 1er octobre 2007 par Frédéric de Monicault
L’électricien espagnol développe de nouvelles capacités de production d’électricité, mais c’est le géant allemand qui devrait en profiter.

ATTENTION, un projet énergétique peut en cacher un autre. Alors que la construction de l’EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération, vient de démarrer à Flamanville, un autre chantier d’envergure pointe à l’horizon. Certes moins important que la relance par EDF de l’atome civil en France mais cependant très significatif : le groupe espagnol Endesa, premier électricien dans son pays, vient ainsi de confier à l’allemand Siemens la réalisation, dans le nord-est de la France, de deux centrales à cycle combiné à gaz, pour un investissement total de 470 millions d’euros.

« Après l’EPR, il s’agit tout simplement du plus gros projet de construction de nouvelles capacités de production d’électricité », souligne Alberto Martin Rivals, directeur général d’Endesa France. Le plus gros en tout cas en matière de cycle combiné. Soit 860 mégawatts en tout (contre 1 600 MW pour l’EPR de Flamanville), des installations prévues pour être opérationnelles à l’horizon du premier semestre 2010.

Voici déjà quelques années qu’Endesa a entamé sa progression en France. Le premier électricien ibérique a pris le contrôle de la Snet (l’ancienne filiale électrique de Charbonnages, rebaptisée Endesa France), dont il a commencé par prendre 30 % avant de monter à 65 %. Ses ambitions dans l’Hexagone sont clairement affichées : développer plus de 2 000 MW de puissance installée supplémentaire, contre 2 477 actuellement. C’est pour cela, en marge du contrat avec Siemens, que des permis de construire ont déjà été obtenus pour d’autres unités de production.

Dénouement rapide du dossier

Il reste, a priori, que ce n’est pas le groupe espagnol qui devrait exploiter toutes ces nouvelles installations. Mais bien le géant allemand E.ON, grand rival d’EDF en Europe. Dans le cadre de leur OPA sur Endesa, l’électricien italien Enel et le groupe de travaux publics espagnol Acciona ont en effet prévu de rétrocéder la filiale française au groupe allemand.

Ce dernier, pendant des mois, a tenté de prendre le contrôle d’Endesa, avant de se voir damer le pion par le tandem Enel-Acciona, largement soutenu par le gouvernement espagnol. Toutefois, un certain nombre de contreparties ont été prévues, dont Endesa France fait partie. Le dossier doit être dénoué au cours des prochaines semaines. Mardi dernier, les actionnaires d’Endesa, réunis en assemblée générale extraordinaire, ont voté la levée des derniers obstacles juridiques.

« Il y a un accord de principe avec E.ON, mais jusqu’au dernier moment, rien n’est tranché », souligne cependant Alberto Martin Rivals. Subsiste par ailleurs la question des 35 % restants dans Endesa France, propriété actuellement d’EDF et Charbonnages. E.ON voudra-t-il prendre la totalité du contrôle de la société ? Rien n’est moins sûr. Quel sera l’autre partenaire ? L’italien Enel, tout comme E.ON, pourrait bien être tenté de s’implanter sur le marché français.

De son côté, André Sainjon, le président du conseil d’administration d’Endesa France, n’a jamais caché son inclination une prise de participation de Gaz de France. Le même Gaz de France qui, voici trois ans, avait finalement refusé d’entrer dans le capital de la Snet. Dans tous les cas de figure, le jeu reste ouvert.

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