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Un article de Jean-Michel Bezat paru dans Le Monde du 30 mai 2006

En France, la dérégulation fait flamber le prix de l’électricité

mardi 30 mai 2006 par Jean-Michel Bezat

Les conclusions de l’étude annuelle de Nus Consulting sur le prix de l’électricité pour les entreprises dans quinze pays industrialisés, publiée lundi 29 mai, sont sans appel : la France est entrée dans le grand mouvement européen de hausse qui touche les industries ayant choisi la liberté des prix à partir de 2000.

Dans l’Hexagone, ils ont augmenté de 48 % entre avril 2005 et avril 2006, alors que les tarifs fixés par l’Etat restaient stables, creusant un écart de 66 % entre les deux. "Tous les pays européens, à l’exception de l’Allemagne, ont subi des hausses à deux chiffres", note l’enquête. Cette année, "le record est détenu par la France" sur le marché dérégulé, suivie de la Finlande (42,2 %). Depuis 2001 et l’ouverture du marché, les prix français ont augmenté de 75,6 %, l’une des plus fortes progressions des quinze pays étudiés, mais de seulement 10,57 % pour les tarifs régulés.

Désormais, c’est le Danemark qui affiche le prix du kWh (hors TVA) le plus élevé (0,1104 euro). L’Italie suit (0,1090 euro), puis le Royaume-Uni (0,0908 euro), les Pays-Bas (0,0907 euro) et la France (0,0867 euro), pourtant si fière d’un parc électronucléaire assurant 78 % de sa production. Sur le marché libre, elle se situe au niveau de la Belgique et de l’Allemagne , mais au douzième rang (0,0522 euro) quand on retient les seuls tarifs régulés.

Nus constate en France "un manque de protection" des clients en fin de contrat, qui "se voient proposer des tarifs augmentés de 40 % à 70 %". Ces hausses, pénalisantes pour les industriels consommant beaucoup d’énergie , ont poussé l’Etat à prendre des mesures correctrices et incité les entreprises à créer des consortiums d’achat pour obtenir des prix modérés.

"AUCUN BILAN SÉRIEUX"

Les syndicats réclament en vain une évaluation avant le 1er juillet 2007 , date de l’ouverture du marché aux particuliers. "Aucun bilan sérieux de l’ouverture à la concurrence n’est envisagé et le lobbying pour la suppression des tarifs régulés bat son plein, dénonce SUD Energie. Les clients domestiques et les entreprises n’ayant pas les moyens d’un lobbying suffisamment efficace paieront alors le prix fort." Comme la CGT et FO, SUD dénonce une libéralisation qui, "au-delà des impacts sociaux, est une absurdité technique et économique".

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