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Un article de Fanny Doumayrou paru dans L’Humanité du 6 septembre 2005

En cas de licenciements, la grève

jeudi 8 septembre 2005 par Fanny Doumayrou
La CGT s’apprête à prendre la défense de quatre salariés menacés de sanctions suite aux émanations toxiques de la raffinerie de La Mède.

Les syndicats CGT de la branche AVAL de Total ont menacé hier la direction d’un appel à la grève dans toutes les raffineries et tous les sites industriels du groupe, si elle ne met pas fin aux procédures disciplinaires lancées contre quatre salariés de la raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône).

L’affaire remonte au 7 août dernier. Ce jour-là, l’activité de la raffinerie devait être relancée après un mouvement social contre une réorganisation du travail, qui avait paralysé le site pendant dix jours. Un incident a alors provoqué des émanations de dix tonnes de produits pétroliers, qui sous l’effet d’un fort mistral ont survolé la ville et les communes avoisinantes avant de se déposer sur les habitations. En plein dimanche d’été, l’affaire n’était pas passée inaperçue et avait créé un tollé dans la population.

En réaction, la direction de la raffinerie a mis en cause quatre salariés « de base » - deux opérateurs, un pompiste et un chef -, à qui elle a reproché de ne pas avoir appliqué la procédure technique. Deux ont été convoqués à des entretiens préalables à sanction. Plus grave, deux autres ont été mis à pied il y a trois semaines et ont été convoqués jeudi dernier à un entretien préalable au licenciement. La décision de la direction devrait tomber aujourd’hui ou demain. « Il y a souvent des incidents, parfois plus graves, et c’est la première fois que la direction évoque des sanctions de ce niveau-là, pouvant aller jusqu’au licenciement », explique Christian Coste, secrétaire du syndicat CGT du site de La Mède. « Nous contestons d’abord une partie des faits reprochés, qui n’ont pas été établis, et surtout nous contestons le niveau des sanctions. » Le syndicaliste explique que des plaintes contre Total ayant été déposées par des riverains, la direction cherche à reporter ses responsabilités sur les quatre salariés. Elle serait aussi animée par un esprit de revanche après sa défaite lors du conflit sur le lundi de Pentecôte. En mai, après cinq jours de grève, dopés par l’annonce par le PDG Thierry Desmarets de l’augmentation de 15 % des dividendes des actionnaires, les salariés de cinq raffineries Total avaient obtenu une victoire éclatante : le groupe avait dû accepter de maintenir le jour férié et de payer les jours de grève.

« Les salariés de la raffinerie et des autres sites sont très attentifs à l’annonce que va faire la direction, ils se sentent impliqués et réagiront fortement si jamais il y a des licenciements », estime Christian Coste. « Une grève de l’ensemble des raffineries provoquerait une pénurie rapide de produits pétroliers en France », prévient la CGT.

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