Liste des auteurs

L’Humanité le 26 janvier 2007 | Fanny Doumayrou

En grève contre « les payes minables »

vendredi 26 janvier 2007 par Fanny Doumayrou
Salaires . L’Union travaux, Miko, Sigma-Kalon, Rhodia Saint-Fons, les arrêts de travail pour obtenir des augmentations se multiplient.

Pendant que le landerneau politique s’agite pour fixer la limite entre « riches » et « classe moyenne », dans une autre sphère, des salariés n’ont pas besoin de réfléchir pour savoir qu’ils sont pauvres, et se battent pour des augmentations. Depuis mardi matin au Bourget (Seine-Saint-Denis), les ouvriers de l’Union travaux sont en grève quasi totale pour obtenir un 13e mois. Dans cette entreprise de travaux publics qui travaille à la voirie et l’assainissement de 22 communes de Seine-Saint-Denis, et qui compte 120 terrassiers, « les conditions de travail sont très pénibles, et les payes minables », témoigne Marie-Françoise Finkelstein, déléguée CGT, qui précise que c’est « la première grève de leur vie ».

remise en cause des acquis

La plupart des ouvriers, de 28 nationalités différentes, sont assez âgés et ont plus de trente ans d’ancienneté dans cette ancienne coopérative, rachetée en 2001 par le groupe Asten. Ils gagnent entre 1 200 euros et 1 500 euros brut. Après le début de la grève, le gérant de la société a fait mine de céder sur le 13e mois. Mais l’accord qu’il a ensuite présenté aux délégués prévoit une mise en place de cette prime étalée sur trois ans et la remise en cause d’acquis. La direction exige ainsi que la journée de solidarité soit travaillée, que les augmentations de salaire soient bloquées à 1,1 % puis à 1,2 % et à 1,3 % les trois prochaines années, et veut imposer deux semaines de vacances l’hiver. « Les terrassiers les passeraient coincés dans leurs foyers au lieu de prendre des longs congés l’été pour aller voir leur famille dans leur pays », dénonce Mme Finkelstein. Les grévistes rejettent catégoriquement cette clause.

À Tresses dans la banlieue de Bordeaux, les 14 chauffeurs et préparateurs de commandes d’un site de stockage de Miko (Unilever) ont aussi entamé une grève mercredi matin sur les salaires. L’an dernier en juin, ils avaient déjà réclamé à la direction, après une grève, une augmentation de 2 % et le paiement des heures supplémentaires à 125 %. Payés de 1 000 à 1 100 euros pour un travail dans le froid, avec port de charges lourdes, et « un nombre de clients important à livrer en un temps record », ils « en ont plein le dos » et réclament cette fois-ci une nouvelle augmentation et un 13e mois, raconte Mohamed Hammoumen, délégué CGT.

Chez Sigma-Kalon (ex-Total), les salariés de trois sites de production de peinture pour bâtiment à Genlis (Côte-d’Or), Ruitz (Pas-de-Calais) et Moreuil (Somme), effectif total de 750 personnes, ont repris le travail mardi après une grève qui a duré jusqu’à une semaine selon les sites. Alors que la direction proposait 0 % d’augmentation lors des négociations sur les salaires, la grève a permis d’obtenir 1,3 % avec un plancher de 30 euros, ainsi qu’une prime de 70 euros.

À Rhodia Saint-Fons (Rhône), les ouvriers de production en grève depuis mercredi 17 janvier ont repris le travail sans obtenir d’augmentation mais « avec le sentiment de s’être fait respecter », selon la CGT, qui annonce un appel à la grève dans tous les sites du groupe (7 000 salariés) en milieu de semaine prochaine.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !