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Une dépèche Reuters du 16 septembre 2005 (19:13)

Endesa écarte l’idée de négociations sur l’OPA Gas Natural

vendredi 16 septembre 2005

MADRID - Le président d’Endesa Manuel Pizarro écarte toute négociation avec La Caixa, actionnaire de contrôle à l’origine de l’OPA de Gas Natural, l’électricien espagnol estimant que l’offre hostile avait rompu un pacte de non-agression.

Endesa a rejeté l’OPA de 22 milliards d’euros du groupe gazier espagnol en dénonçant son caractère inamical et en estimant qu’elle le sous-évaluait, tandis que Gas Natural argue que la naissance d’un nouveau géant de l’énergie serait un plus pour les actionnaires et améliorerait la concurrence sur le marché espagnol de l’électricité.

"Il n’y a pas de négociations avec La Caixa et il n’y en aura pas du tout tant que nous aurons l’offre de reprise", a lancé avec véhémence Pizarro au cours d’une conférence de presse, vendredi.

La Caixa, caisse d’épargne catalane non cotée, est le principal actionnaire de Gas Natural, groupe dont le siège est à Barcelone. Elle dispose d’un très important portefeuille de participations industrielle et de l’influence politique qui va avec.

Le président d’Endesa a laissé entendre qu’il s’était senti trahi lors du lancement de l’OPA de Gas Natural le 5 septembre dernier.

"Il y avait une promesse de non-agression. Je ne ferai pas de commentaire là-dessus parce que je viens d’un marché boursier (la Bolsa de Madrid) dont le slogan est (...) ce que vous dites a de l’importance, votre parole vous engage", a déclaré Pizarro avant de lancer : "Je ne travaillerai jamais pour La Caixa, que les choses soient claires."

Aucun commentaire n’a pu être obtenu dans l’immédiat auprès de la banque catalane.

S’il n’a laissé planer aucun doute sur son opposition à l’offre de reprise, Pizarro a apporté peu de précisions sur la manière dont son groupe entendait riposter à Gas Natural.

Les analystes estiment que l’OPA du groupe catalan a le soutien du gouvernement socialiste espagnol, un atout crucial dans cette bataille.

"Je pense que l’opération va probablement réussir en raison de la volonté politique de la faire passer en force", a indiqué Andrea Williams, gérant de fonds chez Royal London Asset.

VERS UN RELÈVEMENT DU PRIX DE L’OPA

Gas Natural tente de reprendre un groupe de services collectifs pratiquement deux fois plus grand que lui sans puiser dans sa trésorerie ni emprunter. Il prévoit de financer son offre avec une partie de ses actions et avec 7,7 milliards d’euros en cash qu’il tirerait de la vente de sept à neuf milliards d’euros d’actifs au principal concurrent d’Endesa, Iberdrola.

Les investisseurs semblent parier sur l’hypothèse d’un relèvement de l’offre de Gas Natural, ou sur celle d’une contre-offre d’un autre groupe, car l’action Endesa s’échange maintenant au-dessus du prix de l’OPA.

Le titre a clôturé en hausse de 2,02% à 21,24 euros - le prix de l’offre de Gas Natural est de 20,90 euros - tandis que l’action du groupe gazier a pris 0,21% à 23,77.

L’un des dix principaux actionnaires d’Endesa, qui doit s’entretenir avec Gas Natural la semaine prochaine, a déclaré à Reuters s’attendre plutôt à un prix autour de 24 euros par action, et une offre avec une composante en cash supérieure.

Un gérant de fonds de Schroder Investment Management, actionnaire de Gas Natural, a estimé quant à lui qu’il faudra peut-être que le groupe gazier "s’assoie autour d’une table avec Endesa et qu’il discute le prix."

La Caixa contrôle Gas Natural aux côtés du groupe de pétrole et de gaz Repsol YPF, où la caisse d’épargne détient aussi une participation importante.

Endesa va tenter de convaincre ses actionnaires qu’un groupe indépendant est plus à même de dégager de la valeur qu’une entité Endesa-Gas Natural, a poursuivi Pizarro, quand bien même le géant auquel la fusion donnerait naissance serait en mesure d’alimenter ses centrales thermiques avec le gaz qu’il importe lui-même.

"Nous allons parler à chaque actionnaire, sans exception, en leur apportant notre vérité", a annoncé le président d’Endesa, sans mentionner toutefois de dates concrètes ni évoquer de projet de roadshow.

La bataille a également pris une tournure politique et avivé la rivalité entre Barcelone et la capitale Madrid mais Pizarro ne partage pas cette analyse.

"Pour moi, ce n’est pas une bataille politique. Vous ne me verrez pas me mêler de politique", a-t-il dit.

Il a ajouté qu’Endesa prévoyait de faire appel de la décision de la CNMV de limiter la marge de manoeuvre du groupe dans sa contre-attaque.

L’autorité boursière espagnole a écrit cette semaine à Endesa pour lui enjoindre de ne pas faire obstacle au droit de ses actionnaires d’apporter ou non leurs actions à l’offre de Gas Natural.

Pizarro a également indiqué qu’il n’avait pas eu vent de la décision de l’assureur Axa de prendre une participation de 5,35% dans Endesa, opération annoncée jeudi. "Je ne connais pas leurs intentions", a-t-il dit.

La CMMV a annoncé par ailleurs vendredi qu’elle enquêtait sur les transactions sur l’action Endesa réalisées avant l’annonce de l’OPA de Gas Natural.

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