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François MUSSEAU | Libération le 27 mars 2007

Endesa électrise les rois de l’énergie L’allemand E.ON a surenchéri face à une alliance italo-espagnole

mardi 27 mars 2007 par François MUSSEAU
Sur fond de nationalisme économique à peine dissimulé, la course pour la prise de contrôle d’Endesa, le fleuron électrique espagnol, a pris des tours frénétiques. Au début de ce feuilleton, en septembre 2005, l’action d’Endesa valait 21,5 euros. Aujourd’hui, elle a presque doublé !

Surprise. Le bras de fer oppose deux colosses : d’un côté, l’allemand E. ON, qui a lancé une OPA sur Endesa il y a un peu plus d’un an, et, de l’autre, une récente alliance entre un gros poisson du BTP espagnol, Acciona, et l’italien Enel, dont l’Etat transalpin possède un tiers du capital. Hier, c’était à qui misait le plus gros pour séduire les actionnaires d’Endesa : E. ON faisait passer son offre de 38,7 à 40 euros par action. En dessous du prix proposé dans la foulée par l’axe Acciona-Enel (41 euros par action). L’offre du géant allemand reste malgré tout largement favorite. Depuis un an, le groupe de Düsseldorf bénéficie de la sympathie de l’actuel patron d’Endesa, Manuel Pizarro. Non sans difficulté, et avec l’aide de Bruxelles, E. ON a aussi surmonté les obstacles juridico-administratifs semés par le gouvernement de José Luis Zapatero, peu favorable à une prise de contrôle étrangère « dans un secteur très stratégique ». Wulf Bernotat, le boss de E. ON a enfin promis de conserver à Madrid le siège de direction d’Endesa.

La voie était libre pour E. ON si un pacte inattendu ne s’était formé entre le constructeur Acciona (arrivé dans la course en septembre), et l’italien Enel, invité surprise fin février... peu après une entrevue entre Zapatero et Prodi. Cette alliance a en effet tout pour plaire au jeune Premier ministre socialiste : la direction de la future holding demeurerait à Madrid ; Acciona aurait la barre sur les décisions et choisirait le patron dans ses rangs ; en outre, le nouveau groupe a fait la promesse « d’investir massivement dans le transport et la distribution d’énergie » en Espagne.

Colère. Enel et Acciona sont aujourd’hui en mesure de contrôler 46 % du capital d’Endesa. Chacun ayant pris soin d’acheter moins de 25 % des parts, ils n’ont pas l’obligation de lancer une OPA sur Endesa. Ce faisant, ils peuvent continuer à grignoter des actions et, à court terme, rendre impossible la prise de contrôle majoritaire d’E. ON. D’où la colère de ses dirigeants : Acciona et Enel tentent de « tromper les actionnaires d’Endesa et de manipuler les prix de l’action », grognaient-ils hier. Hier soir, le conseil d’administration d’Endesa a décidé à l’unanimité de recommander à ses actionnaires de soutenir l’offre de E. ON.

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