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LEMONDE.FR avec AFP | 23.03.07

Enel et Acciona étudient une OPA sur Endesa

vendredi 23 mars 2007

Nouveau coup de théâtre, vendredi 23 mars, dans le feuilleton Endesa : à moins d’une semaine de la fin de l’OPA d’E.ON, Enel et Acciona, les deux premiers actionnaires de l’électricien espagnol, annoncent qu’ils vont lancer une contre-offre sur Endesa.

"Les deux groupes étudient un projet de gestion partagée d’Endesa sous le commandement d’Acciona" qui déboucherait "après l’OPA d’E.ON sur le lancement d’une OPA sur Endesa", selon un communiqué d’Acciona transmis à l’autorité des marchés espagnols, qui a suspendu, jeudi soir, la cotation d’Endesa. "Bien que les conversations aient avancé positivement, elles n’ont pas encore abouti à un accord définitif", selon Acciona, tandis qu’Enel les jugeait à un "stade avancé".

Selon la presse espagnole, les deux groupes seraient prêts à mettre plus de 40 euros par action sur la table, contre 38,75 proposés par E.ON. Une offre à 40 euros valoriserait Endesa à 42,35 milliards d’euros contre plus de 41 milliards pour celle d’E.ON. Selon le quotidien italien Il Sole 24 Ore, Enel et Acciona envisagent de proposer environ 41 euros par action. Le président d’Endesa serait alors nommé par Acciona et le directeur général par Enel.

Les deux groupes conditionnent leur offre au fait qu’E.ON ne recueille pas 50 % d’Endesa à la fin de son OPA le 29 mars, condition qui semble d’ores et déjà acquise du fait qu’Enel et Acciona peuvent bloquer à eux seuls 46 % du capital. Le gouvernement espagnol, farouchement opposé à l’offre allemande, dispose de plus de 3 % via la holding d’Etat Sepi et sa position ne devrait guère faire de mystère. Et autre actionnaire important, la caisse d’épargne Caja Madrid a déclaré qu’elle déciderait lundi ce qu’elle ferait de ses 9,9 %.

CALVAIRE

Pour le groupe allemand, cela pourrait bien être la fin de ses ambitions en Espagne. E.ON était entré dans la partie pour porter secours à Endesa, seul face à un projet d’OPA hostile de son compatriote Gas Natural. Alors a commencé pour lui un interminable calvaire fait de procédures judiciaires multiples, d’obstructions du gouvernement espagnol, de bras de fer diplomatique entre Madrid et la Commission européenne. En effet, le gouvernement socialiste soutenait le projet de Gas Natural pour créer un champion national espagnol. Même s’il proteste de sa neutralité, son ombre plane depuis le début au-dessus de tous les déboires allemands.

En septembre 2006, l’irruption du groupe de BTP espagnol Acciona dans le capital d’Endesa a été une nouvel obstacle aux ambitions d’E.ON. Plusieurs observateurs voyaient en Acciona un bras industriel du gouvernement. Mais Acciona seul ne semblait pas en mesure d’empêcheseul E.ON de l’emporter, d’autant que Gas Natural a jeté l’éponge le 1er février.

C’est alors que l’électricien Enel entra dans le capital d’Endesa le 27 février, une semaine après un sommet Espagne-Italie, à Ibiza, dressant un nouvel obstacle de taille à E.ON. Les chances de succès de l’OPA d’E.ON sont désormais bien minces.

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