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LEMONDE.FR | 02.04.05

Entre 30 000 et 60 000 personnes défilent contre la "casse de l’éducation"

dimanche 3 avril 2005

Environ 30 000 enseignants, parents d’élèves, étudiants, personnels et lycéens selon la police, 60 000 selon les organisateurs, ont manifesté, samedi 3 avril, dans neuf villes, "déterminés à reprendre la bataille" contre la "casse de l’éducation" malgré l’adoption de la loi Fillon.

Première mobilisation unitaire du monde éducatif depuis le début du combat contre la réforme du ministre François Fillon, ces neuf manifestations régionales n’ont pas réuni la foule des grands jours, "découragée face à un ministre silencieux qui n’écoute pas", selon les syndicats.

Elles étaient organisées à l’appel de la FCPE, principale fédération de parents, de l’Intersyndicale de l’Education (FSU, Sgen-CFDT, Unsa-Education, FAEN, Ferc-CGT), des syndicats lycéens UNL et FIDL et des étudiants de l’UNEF.

Dans le cortège parisien, le plus important . 10 000 selon la police, 20 000 selon les organisateurs ., aucun responsable ne s’étonnait d’une mobilisation moyenne : "on savait qu’on n’allait pas être 150 000", a déclaré Constance Blanchard, présidente de l’Union nationale lycéenne (UNL). "Les gens savent que le gouvernement ne répond pas, donc ne viennent plus aussi nombreux, mais ceux qui sont là montrent que le mouvement reste présent", a estimé de son côté le secrétaire général de l’UNSA-Education, Patrick Gonthier.

Non loin de lui, Bernard Boisseau, secrétaire général du SNES-FSU, principal syndicat des collèges-lycées, a assuré que "la résistance des manifestants n’est pas entamée". "Le mécontentement est tel qu’il est clair que la mobilisation se poursuivra", a ajouté Georges Dupon-Lahitte, président de la FCPE.

MANIFESTATIONS DE LYCÉENS

Si la possibilité de l’"abrogation de la loi Fillon", ou d’un aménagement, était encore évoquée, la plupart des revendications portaient samedi sur la nécessité de préparer la rentrée. "Elle va être mauvaise", assure Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l’éducation, qui affirme ne pas "comprendre que le ministre ne prenne pas la mesure de ce qui se passe". Selon lui, débloquer un "collectif budgétaire" pour pallier la baisse des moyens est "techniquement possible" mais relève d’une "volonté politique".

Les lycéens, qui tentent de maintenir la pression par des occupations d’établissements, ont constitué samedi le gros des cortèges. A Clermont-Ferrand, ils avaient pris la tête du défilé et brandissaient un cercueil sur lequel on pouvait lire : "Regret à notre éducation".

A Paris, plusieurs milliers d’entre eux ont manifesté en criant : "de la maternelle à l’université, assez d’inégalités", "Fillon passe, l’école trépasse", ou encore "Le pape est mort, les lycéens sont vivants". Certains des slogans liaient le refus de la réforme Fillon et l’opposition à la Constitution européenne, comme à Lyon où certains manifestants portaient des autocollants : "Fillon, Constitution : deux fois non". A Paris, des vendeurs de l’Humanité et des partisans du sénateur PS Jean-Luc Mélenchon, parfois pris à partie par les lycéens, étaient venus défendre le non au référendum.

Les manifestants étaient entre 6 000 selon la police et 12 000 selon les organisateurs à Toulouse, où les occupations et blocages de lycées se sont poursuivis toute la semaine, entre 2 500 et 4 500 à Lyon, entre 2 000 et 10 000 à Marseille, 3 000 à Bordeaux, entre 3 000 et 5 000 à Rennes, entre 1 700 et 4 000 à Clermont-Ferrand et entre 600 et 1 000 à Metz. A Ajaccio, seules quelques dizaines d’enseignants se sont rassemblés, sans défiler.

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