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LEMONDE.FR avec AFP | 09.02.07

Evo Morales nationalise de force un complexe métallurgique suisse

vendredi 9 février 2007

Le président bolivien, Evo Morales, a décrété, vendredi 9 février, le début d’une nouvelle ère pour l’industrie minière, après avoir envoyé l’armée prendre le contrôle de la fonderie Vinto, appartenant au groupe suisse Glencore, en vue de sa nationalisation."L’heure est venue d’industrialiser toutes nos ressources naturelles, renouvelabes et non renouvelables, les métaux et autres matières premières", a lancé le chef d’Etat dans un discours public, en annonçant le retour du complexe métallurgique dans le giron de l’Etat.

Environ 200 militaires ont pénétré de force à l’intérieur de l’usine, située dans la région d’Oruro, à 380 km au sud de La Paz, n’affrontant qu’une faible résistance de la part des travailleurs. Equipés d’armes légères, les soldats ont déployé autour de la mine des banderoles avec l’inscription "nationalisée". M. Morales a déclaré que"le complexe métallurgique Vinto, avec toutes ses activités, retournait sous le contrôle de l’Etat bolivien", en soulignant que l’Etat assumait immédiatement son "contrôle administratif, technique, juridique et financier".

M. Morales, un socialiste antilibéral proche de son homologue vénézuélien, Hugo Chavez, avait déjà envoyé, en mai 2006, l’armée occuper les principaux gisements d’hydrocarbures, après avoir décrété la nationalisation de la production pétrolière et gazière.

SEULEMENT 43 MILLIONS D’EUROS

Le président bolivien a justifié son action en avançant que la privatisation, opérée en 2000 pour 14 millions de dollars (10,8 millions d’euros), avait été réalisée de manière irrégulière. A cette époque, la fonderie avait été vendue par l’Etat à la société anglaise Allied Deals. Celle-ci, après avoir fait faillite, l’avait cédée, pour un montant gardé secret, à l’ex-président ultra-libéral bolivien Gonzalo Sanchez de Lozada, un riche entrepreneur minier. Après son départ en exil aux Etats-Unis, l’ancien président, renversé par une insurrection populaire en octobre 2003, avait revendu la fonderie au groupe suisse Glencore.

Cette nationalisation de fait intervient alors que le gouvernement d’Evo Morales a reculé, jeudi, en gelant son projet de forte augmentation des taxes sur les exportations minières. De violentes manifestations ont en effet eu lieu à La Paz, la capitale, où des milliers de mineurs indépendants, faisant notamment partie de la Fédération de coopératives minières (Fencomin), sont venus exprimer leur crainte des conséquences de ces mesures sur leur secteur.

Les autorités de La Paz regrettent que les exportations minières (étain, argent, or, minerai de fer, zinc, plomb, antimoine, tungstène et cuivre), qui ont atteint 1 milliard de dollars (770 millions d’euros) en 2006, n’aient rapporté à l’Etat que 56 millions de dollars (43 millions d’euros), le plus pauvre d’Amérique du Sud.

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