Liste des auteurs

Un Entretien réalisé par Fanny Doumayrou publié par L’Humanité le 13 aout 2005

Expliquez-vous Pierre Mériaux Inspecteur du travail, responsable national du SNU-TEF (FSU)

lundi 15 août 2005 par Fanny Doumayrou

Quelle est votre appréciation sur la protection des salariés par rapport aux cancérogènes ?

Pierre Mériaux. La législation du travail ne fait pas de la protection de la santé des salariés une priorité. Si un produit est dangereux, il devrait être interdit, comme l’amiante l’a été. Mais il a fallu une énorme mobilisation pour cela. Le Code du travail prévoit seulement une obligation de substitution des produits cancérogènes par des produits non ou moins dangereux. Mais, dans les faits, c’est plus une incitation qu’une obligation, d’autant plus que les pouvoirs publics ne font rien pour aider à sa mise en oeuvre. Ils pourraient par exemple fournir un appui technique sous forme de listes de produits de remplacement. Le seul interlocuteur pour un petit employeur qui cherche à ne plus utiliser un produit cancérogène, c’est souvent le fournisseur lui-même !

Par ailleurs, la loi fixe des valeurs limites à la présence des produits cancérogènes dans l’atmosphère. Mais ces valeurs sont contraignantes, c’est-à-dire permettant d’attaquer l’employeur en cas de dépassement, pour seulement cinq produits. En fait, ces valeurs limites n’ont pas de sens puisque les cancérologues soulignent bien qu’il n’y a pas de seuil pour déclencher un cancer. Une exposition, même à de très faibles doses, mais chronique, peut provoquer la maladie. La seule solution, c’est donc la non-exposition des salariés. Soit par une réelle obligation de substitution, soit par des procédés de vase clos, où les salariés ne sont pas en contact.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !