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Le figaro le 2 février 2007 | Frédéric de Monicault

ExxonMobil affiche les plus gros profits de tous les temps

vendredi 2 février 2007 par Frédéric de Monicault
Le bénéfice net du géant pétrolier américain a frisé les 40 milliards de dollars en 2006. Une performance entièrement liée au prix du pétrole.

TOUJOURS plus haut. Une fois de plus, ExxonMobil, la première compagnie pétrolière mondiale, affiche des bénéfices historiques : 39,5 milliards en 2006, contre 36,1 en 2005. C’est non seulement un nouveau record pour l’industrie de l’or noir, mais aussi pour les entreprises, toutes activités confondues. Plus que jamais le secteur des hydrocarbures fait figure d’eldorado.

Pour bien mesurer la formi­dable rentabilité d’ExxonMobil, il suffit de constater que son résultat net en 2006 représente 36 % des bénéfices enregistrés par la totalité des entreprises du CAC 40 en 2005 (84 milliards d’euros, soit 109 milliards de dollars).

Au deuxième trimestre en particulier, la « major » avait amorcé son ascension vers les sommets, en comptabilisant 99 milliards de ­dollars de chiffre d’affaires, soit un milliard par jour. Sur cette seule période, ExxonMobil avait dégagé un résultat net de 10,3 milliards de dollars, en progression de 35,6 %, soit presque l’équivalent de son bénéfice net annuel en 2002.

Repli du baril

L’inflation des prix du pétrole est évidemment la première responsable de cette formidable accélération des bénéfices : le baril de brent, au deuxième trimestre, s’est hissé en moyenne à 69,50 dollars, contre 51,30 dollars un an plus tôt. Avec un baril juste sous la barre des 80 dollars à la mi-juillet, ExxonMobil a forgé les bases de son record absolu. En revanche, le recul des prix du pétrole constaté au quatrième trimestre (aujourd’hui, le baril est sous la barre des 60 dollars) s’est traduit par une baisse du résultat net sur la période, une première pour le groupe américain depuis le premier trimestre 2004. Si ce repli se confirmait au cours des prochaines semaines, les profits des pétroliers en 2007 devraient être inférieurs à ceux de 2006.

Shell vend ses raffineries françaises

Même si les prévisions en matière de prix du pétrole sont toujours difficiles à établir, l’Institut français du pétrole (IFP) prévoit que les cours s’établiront sans doute autour de 50 à 55 dollars en 2007. « Sauf événement géopoli­tique majeur ou nouvel ouragan dans le golfe du Mexique », a souligné en début de semaine Olivier Appert, le président de l’IFP.

ExxonMobil n’est évidemment pas la seule major à avoir surfé sur l’inflation du baril en 2006. Ainsi Shell, le numéro 2 du secteur, a lui aussi annoncé un bénéfice net record (à 25,4 milliards de dollars), mais rendu quasi stable par rapport à 2005 en raison de problèmes de production au Nigeria.

Depuis plusieurs mois, le géant anglo-néerlandais est engagé dans un grand mouvement de recentrage sur l’exploration-production. Dans ce cadre, il cherche actuellement à vendre ses trois raffineries françaises, après avoir déjà considérablement rationalisé son portefeuille de stations-service. Hier, Total a souligné qu’il ne serait pas acquéreur. Le groupe français a notamment souligné qu’étant le plus grand acteur dans le raffinage en Europe, il voyait mal comment la Commission européenne pourrait donner son accord à une opération de ce type.

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