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Un article paru de Christelle Chabaud dans l’Humanité du 6 juin 2005

Fabio Lucci : à 96% en grève

lundi 6 juin 2005 par Christelle Chabaud
Dominique de Villepin rencontre aujourd’hui l’ensemble des organisations syndicales et patronales.

« On ne lâchera pas. » Affichée sur un pan de mur, la banderole sonne comme un avertissement. Jeudi dernier, une centaine de salariées de Fabio Lucci, filiale du groupe Eram, ont investi la chambre de commerce et d’industrie de Marseille pour faire avancer le conflit, au grand dam de la direction de cette enseigne spécialisée dans les vêtements et le hard discount. Depuis le 30 avril, les magasins de Plan-de-Campagne et d’Aubagne sont fermés, suite à un mouvement de grève suivi par 96 % des membres du personnel. « Les salaires sont alignés sur le minimum légal sans aucun avantage social, ce qui fait des salariés, à 90 % des femmes souvent seules avec des enfants, des salariés pauvres », explique déterminée, Djamila Salvatori, déléguée syndicale CGT sur Plan-de-Campagne. « Comment voulez-vous vivre dignement avec 960 euros par mois ? Vous savez, ce n’est pas facile de refuser à vos enfants de dix et treize ans de leur faire plaisir car vous n’avez plus d’argent. Beaucoup d’entre nous ont déjà craqué plusieurs fois. »

Malgré la neutralisation des deux magasins, la direction refuse depuis 37 jours d’ouvrir les négociations et de répondre aux revendications des grévistes : la mise en place d’un treizième mois, une augmentation générale de 150 euros, trois jours payés en cas d’enfants malades, mais aussi le respect des institutions représentatives du personnel et l’arrêt de la discrimination syndicale. « Notre PDG, Lucien Urano, a cru que ce n’était qu’une révolte de passage, et il a choisi lde pourrir le mouvement par l’envoi d’huissier et l’intervention musclée des vigiles », analyse Djamila Salvatori. « Mauvais calcul : plus le conflit se prolonge, plus nous sommes soudées et décidées à poursuivre. C’est peut-être dur sur le plan financier, mais c’est valorisant de retrouver notre entière dignité. Il n’y a jamais eu pareil conflit dans l’entreprise, et si cette fois-ci les filles ont trouvé le courage de sortir c’est parce que le ras-le-bol est général, la logique du tout profit est allée trop loin ! »

Grâce à leur intervention, jeudi dernier à la chambre de commerce, les grévistes ont enfin réussi à obtenir la nomination d’un médiateur. La direction de Fabio Lucci ne va plus pouvoir continuer à faire la sourde oreille...

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