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Alain Cwiklinski | L’humanité du 11.10.2007

Fin de grève chez Smart

jeudi 11 octobre 2007 par Alain Cwiklinski
Automobile . Mardi soir, les organisations syndicales ont obtenu 75 euros d’augmentation et l’embauche de 25 CDI.

Hier matin, le rond-point de l’Europole, à Hambach (Moselle), était vide et propre. Le piquet de grève posté par les ouvriers depuis six jours n’était plus que le souvenir du conflit le plus long que l’entreprise ait connu. Mardi soir, les 240 grévistes ont, en effet, décidé de reprendre le travail. Après d’âpres négociations, le résultat n’est pas maigre. Chaque ouvrier verra donc sa fiche de paie augmenter de 75 euros brut et les cadres et techniciens bénéficieront de 30 euros, plus 1 % à titre individuel. « Nous ne sommes qu’à la moitié de nos revendications salariales. C’est une petite victoire mais pleine d’espérance », souligne Jean-Luc Bielitz, membre CGT du collectif interprofessionnel Smart.

Le site de production de cette voiture a, en effet, la particularité de mobiliser plusieurs entreprises pour monter complètement une voiture. Seul le montage était concerné par la grève, soit un dixième de Smartville : « Il y a des entreprises connexes qui attendaient le résultat de notre négociation pour engager les leurs. La base, c’est aujourd’hui notre augmentation de 75 euros. Dommage que nous n’ayons pas plus de soutien de la part des salariés des autres entreprises. Une grève générale du site aurait eu un autre impact », regrette Jean-Luc Bielitz. Pour Jacques Maréchal, secrétaire de l’union départemental CGT, « la grève historique au montage de la Smart démontre qu’une mobilisation plus importante est possible. Certes, 75 euros au lieu de 150, cela peut sembler insuffisant mais, dans le département de la Moselle où les bas salaires sont légions, ce résultat est la démonstration que le combat peut payer. Il ne faut pas oublier que la direction de Smart avait commencé cette négociation avec 30 euros à prendre ou à laisser et la menace de fermeture si les organisations syndicales ne se pliaient pas à ce diktat… » Autre satisfaction des syndicalistes, la direction a accepté de passer 25 CDD en CDI sur la chaîne de montage : « Les contrats précaires ont toujours constitué la valeur d’ajustement de nos entreprises.

C’est un petit recul de la précarité chez Smart, et les personnes qui vont en profiter peuvent enfin envisager un autre avenir professionnel », se réjouit Jean-Luc Bielitz. Sur les 1 900 salariés de l’ensemble du site de Smartville, 40 % se trouvent actuellement sous contrat précaire. Une situation que la CGT déplore, et à laquelle elle tente de remédier : « Nous sommes aux balbutiements d’une union syndicale de toutes les entreprises du site de Smart afin d’engager de façon - unitaire le dialogue social avec nos directions. La grève de Smart Production sera - certainement le déclic de cette construction. La précarité et le pouvoir d’achat doivent catalyser toute notre énergie », précise Jean-Luc Bielitz. La petite Smart sort, à nouveau, des lignes de production mais le directoire Daimler peut déjà s’attendre à une amplification des demandes de mieux social sur son site de Hambach.

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