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Un article de Laurent MAURIAC et Catherine MAUSSION paru dans Libération du 18 février 2005

Finance : à qui profitent les profits ?

vendredi 18 février 2005 par admin

les profits s’accumulent. En théorie, les entreprises du CAC40 devraient les utiliser pour investir, financer des projets, construire leur avenir. Faute, selon elles, de perspective économique suffisamment solide, en ces temps de croissance économique molle, elles préfèrent achever de se désendetter, récompenser leurs actionnaires en distribuant des dividendes ou en rachetant des actions. Petit tour d’horizon du capitalisme petit bras qui tend progressivement à s’imposer en France.

Société générale : Tout pour l’actionnaire

Profits records et dividendes stratosphériques à la Société générale. Alors que le résultat net a progressé de 25,4 % en 2004 (3,13 milliards d’euros, le meilleur résultat de son histoire), la part redistribuée sous forme de dividendes aux actionnaires a cru plus fortement encore : 45 % des profits sont allés dans leur poche, le dividende bondissant de 32 %. Prélevé sur le bénéfice net, le dividende sert à rémunérer la participation au capital des actionnaires. La BNP, elle aussi en pleine forme avec un profit en hausse de 24,1 %, a relevé son dividende plus fortement encore, de 38 %.

Danone : Le rachat d’actions

Parmi les champions du rachat d’actions, la société de Bourse Chevreux (filiale du Crédit agricole) distingue le groupe agroalimentaire Danone, « extrêmement actif » en la matière. « On atteint 4 milliards d’euros depuis 1999 », calcule Chevreux. En réduisant le nombre d’actionnaires se partageant les bénéfices distribués, le rachat de ses propres actions par une entreprise a pour conséquence d’augmenter la valeur des dividendes versés. Les entreprises espèrent ainsi séduire les investisseurs et doper leur cours de Bourse. Danone va pouvoir continuer dans cette voie. Le 11 février, le groupe a annoncé un bénéfice net en hausse de 9,3 % (917 millions d’euros). Les analystes estiment que Danone affiche la meilleure performance parmi les géants agroalimentaires européens. Seule réserve sur les résultats annoncés le 11 février : une provision exceptionnelle de 600 millions passée pour l’activité d’eau en bonbonne qui avait été annoncée fin janvier.

Arcelor : « Constituer un trésor de guerre »

Grandir « sans folie ». Le bénéfice record annoncé hier par Arcelor ne doit pas conduire à « faire n’importe quoi », a averti le patron du groupe sidérurgique Guy Dollé. « Dans les périodes où l’on a les moyens, il faut faire attention à ne pas réaliser des acquisitions absurdes, estime-t-il. Nous devons aussi nous constituer un trésor de guerre pour les périodes moins favorables du point de vue du cycle, et donc plus favorables pour réaliser des achats. » Guy Dollé, qui a rappelé que les profondes restructurations engagées depuis 2002 s’étaient traduites par une diminution d’effectifs de 10 500 personnes (il en reste actuellement 94 600), a tout de même évoqué son intérêt pour des acquisitions dans plusieurs pays (Russie, Ukraine, Chine, Inde ou Turquie). Mais surtout pas trop vite.

France Télécom : Le désendettement

Prudence et petits pas. 15 % du cash-flow, c’est-à-dire de la manne dégagée par les activités super rentables de l’opérateur télécoms, est allé dans les poches des actionnaires. France Télécom promet de monter à 30 % ou 40 %, mais une fois seulement qu’il aura atteint ses objectifs de désendettement. L’actionnaire devra donc patienter. La dette qui culminait à 71 milliards d’euros il y a deux ans, s’établit encore à près de 44 milliards à la fin 2004. Le dividende a tout de même été doublé cette année, ainsi que la participation réservée aux salariés.

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