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Fanny Doumayrou | L’Humanité du 18.09.2009

France Télécom : La négociation sur le stress commence

samedi 19 septembre 2009 par Fanny Doumayrou
France Télécom . L’accord national sur le stress, base des discussions, analyse les causes possibles de cette souffrance au travail, mais reste peu contraignant.

C’est ce matin que direction et syndicats de France Télécom entament la négociation pour transposer dans l’entreprise l’accord national interprofessionnel (ANI) de novembre 2008 sur « le stress au travail ». Depuis un an, la direction refusait d’engager ces négociations, mais le contexte brûlant d’une succession de suicides d’agents, largement médiatisés, l’a obligée à les ouvrir en urgence. Son objectif est d’aboutir vers la fin de l’année pour coller à l’engagement formulé mardi par le PDG, Didier Lombard, après son entrevue avec le ministre du Travail : « Le France Télécom de décembre ne sera pas celui d’aujourd’hui. »

Contenu très général

Mais pour qu’un accord change vraiment la donne, les syndicats devront batailler pour donner du contenu à la base de discussion que constitue l’ANI. Ce texte de quatre pages, lui-même transposition d’un accord européen d’octobre 2004, avait été signé par toutes les confédérations, et salué comme une avancée. Son contenu n’en reste pas moins très général et peu contraignant. Son objet est d’« augmenter la prise de conscience et la compréhension du stress au travail », d’« attirer l’attention sur les signes » indiquant des problèmes de stress au travail, et de fournir « aux employeurs et aux travailleurs un cadre qui permette de détecter, de prévenir, d’éviter et de faire face » à ces problèmes. Les facteurs d’organisation du travail, de décalage entre travail prescrit et moyens donnés aux salariés, de « pressions - répétées » sont bien évoqués. Mais en contrepartie, le texte spécifie bien que « toute manifestation de stress au travail ne doit pas être considérée comme stress lié au travail ». Au-delà du diagnostic, les mesures à prendre par la direction restent floues : « Dès qu’un problème de stress au travail est identifié, une action doit être entreprise pour le prévenir, l’éliminer, ou à défaut le réduire. » Avec ses cellules d’écoute et son « repérage » des salariés « fragiles », la direction de France Télécom pourrait par exemple - estimer avoir déjà « agi ».

Pour les syndicats, la - discussion devra aborder le « fond », à savoir l’organisation du travail, sa désorganisation, ses réorganisations, causes réelles des problèmes « psy » des salariés. « Il est clair qu’on est là pour aller au-delà de l’accord national, estime Christian Mathorel, de la CGT, pour qui les salariés doivent pouvoir remettre en cause les choix de restructuration de la direction. « Il faut qu’on arrête les pressions individuelles, les restructurations annoncées du jour au lendemain », appuie Dominique Gelmas, de SUD PTT.

Les négociateurs ne devraient pas entrer dès aujourd’hui dans le vif du sujet : à l’ordre du jour, la fixation du calendrier de discussions, une première lecture de l’ANI, et le choix par les syndicats entre trois cabinets proposés par la direction (Stimulus, Secaphi et Technologia), pour produire un rapport sur les risques psychosociaux dans l’entreprise.

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