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Article de Philippe Gagnebet paru dans Le Monde du 5 octobre 2006

France : l’Aveyron mobilisé contre le « charbon anglais »

jeudi 5 octobre 2006 par Philippe Gagnebet

On est très agacés. Cela fait trois ans que cela dure et, vraiment, on ne comprend pas pourquoi l’Etat laisserait se produire cette aberration écologique. » Jean Maisonabe, adjoint au maire de Bertholène, petite commune de 1 000 habitants proche de Rodez (Aveyron), se fait le porte-parole de ses concitoyens. La cause de son agacement ? La réouverture possible d’une mine de charbon.

La Société des ressources minières du Massif central (SRMMC), appartenant à un grand groupe britannique, veut en effet exploiter la concession qu’elle a achetée en 2003, par arrêté ministériel. Depuis, la bataille juridique se poursuit, de recours en recours, avec pour premier objectif de retarder les sondages - avant l’éventualité d’une enquête publique.

De son côté, la société britannique et son PDG, Brian Coppack, veulent convaincre : « La concession de Bertholène recèle plus de 4 millions de tonnes de charbon.

Au rythme annuel de 250 000 tonnes, cette concession fonctionnera jusqu’en 2018, avec à la clé une soixantaine d’emplois créés, un investissement total de près de 40 millions d’euros, et des retombées financières, via les prélèvements fiscaux, de l’ordre de 35 millions d’euros au profit des six communes concernées. »

« Non au retour du charbon »

« Les Français doivent comprendre, ajoute Brian Coppack, que ce charbon est de très bonne qualité et que les nouvelles technologies sont plus propres. Surtout, il sera moins cher que le minerai importé de Chine ou de Colombie. La France importe chaque année 18 millions de tonnes, pour faire tourner ses centrales thermiques, ses hôpitaux... Pourquoi ne pas profiter à nouveau d’un sous-sol très riche ? » Certainement parce que dans cette région, rurale et boisée, on voit d’un mauvais œil la reprise d’une activité qui s’est achevée en 1956 à Bertholène et en 2001 à Decazeville, non loin de là.

Pour Jean Maisonabe, « l’argument de l’emploi ou des retombées financières ne compte pas. Nous, ce que nous ne voulons pas,c’estquel’onvienne balafrernos paysages. Vous imaginez une mine à ciel ouvert sur 25 km de long, traversant la forêt des Palanges toute proche ? L’Etat doit prendre ses responsabilités et ne pas tenir d’un côté de beaux discours sur l’environnement et le développement durable et, de l’autre, laisser faire ces saccageurs qui ne pensent qu’au fric ».

Les sondages, qui ont été repoussés à deux reprises,sont suspendus à une décision préfectorale. Selon le code minier français modifié de 1994, la société britannique est dans son droit. D’ailleurs, la SRMMC a déposé une autorisation de concession du même type à Commentry (Allier) où les anciennes mines de charbon sont ensevelies sous l’eau, mais là aussi réexploitables. Les maires des deux communes sont en contact, multiplient les réunions pour accorder leur défense.

A Bertholène, les autocollants « Non au retour du charbon » fleurissent sur les pare-brise. Le collectif de communes va se transformer en association. La bataille du retour du charbon semble avoir trouvé en Aveyron un terrain très propice.

Cet un article est un élément du dossier du quotidien Le Monde paru le 5 octobre 2006 sur l’énergie

Comment relever le défi énergétique d’une demande doublée d’ici 2050 ?
- Par les énergies fossiles,

- l’éolien,
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