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Frédéric Imbrecht : « Des tribunaux d’exception ! »

samedi 12 septembre 2009 par Pierre-Henri Lab, Frédéric Imbrecht
Le secrétaire général de la CGT énergie, Frédéric Imbrecht, accuse le gouvernement de jouer la carte de la répression contre les grévistes.

Deux cent quarante procédures disciplinaires, quatre demandes de mise à la retraite d’office… EDF et GDF ont-ils déjà connu un conflit aussi dur ?

Frédéric Imbrecht. Le mouvement social de 1995 avait déjà connu une pandémie de sanctions mais, à l’époque, il y avait plus d’opposition entre l’encadrement et les grévistes et la revendication visait au retrait du plan Juppé. Dans le contexte unitaire et interprofessionnel des luttes du 1er semestre 2009, la dureté de ce conflit relève du comportement des directions dans leur refus de négocier sur les questions salariales et sur l’emploi utile au service public. C’est la première fois qu’un conflit de plusieurs mois porte non pas sur l’opposition à un projet gouvernemental ou patronal mais sur les revendications sur les salaires, l’emploi et l’avenir des entreprises en gagnant le soutien de l’immense majorité des salariés, encadrement compris.

Pour quelles raisons, selon vous, la direction agit-elle ainsi ?

Frédéric Imbrecht. La répression engagée a été largement guidée par le gouvernement Sarkozy, avec Fillon et Hortefeux qui ont clairement appelé à sanctionner les grévistes et mené une campagne pour traiter de voyous celles et ceux qui menaient les actions. Les tribunaux dque représentent les conseils de discipline instruisent à charge contre les militants CGT sur des dossiers vides et le niveau des sanctions demandées dénote de cette criminalisation de l’action syndicale. Est-ce parce que les syndicats, la CGT en particulier, seraient en difficulté et divisés ou bien parce qu’ils sont unis pour porter des propositions soutenues majoritairement par les salariés que les directions tentent de les diviser par cette campagne ? La stratégie ne vise-t-elle pas à faire peser la menace de sanctions sur tous les salariés au moment où ils entrevoient des perspectives positives pour eux dans les revendications portées par les syndicats ?

Comment s’organise la solidarité avec les personnels menacés de sanction ?

Frédéric Imbrecht. La FNME s’engage à ce qu’aucun syndiqué ou salarié n’ait à gérer seul face aux directions sa procédure disciplinaire. Nous oeuvrons à ce que les dossiers de défense soient construits sur la réalité des faits en portant les droits à la défense pour les présenter dans les plus brefs délais devant les conseils de prud’hommes, qui ont toujours condamné les employeurs EDF-GDF sur les sanctions arbitraires infligées aux salariés pour fait de grève. Pour que la solidarité puisse s’exprimer, la Fédération a lancé une pétition nationale [1]. À l’occasion des conseils de discipline, des préavis de grève sont déposés pour organiser des rassemblements de soutien durant lesquels se débattront les suites des actions du printemps pour gagner sur les revendications.

[1] On peut signer la pétition à l’adresse : www.fnme-cgt.fr

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