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AFP / 03 février 2010

GB : le gendarme de l’énergie veut contrôler plus fortement les opérateurs

jeudi 18 février 2010

LONDRES - Le gendarme britannique du marché de l’énergie, l’Ofgem, a prévenu mercredi qu’il faudrait réaliser d’énormes investissements pour garantir la sécurité de l’approvisionnement en énergie du Royaume-Uni, et a prôné un plus grand contrôle des opérateurs privés pour y parvenir.

L’Ofgem a publié un rapport très attendu, censé faire le point sur l’avenir du marché britannique de l’électricité et du gaz.

L’autorité administrative a évalué à quelque 200 milliards de livres (soit plus de 220 milliards d’euros) les investissements qu’il faudrait réaliser d’ici à 2020, pour garantir l’approvisionnement en énergie du pays.

Et l’Ofgem a prévenu que cet approvisionnement était menacé par une conjonction exceptionnelle de facteurs, parmi lesquelles la crise financière, des objectifs gouvernementaux et européens de réduction des gaz à effet de serre très ambitieux, ainsi qu’une forte dépendance du pays vis-à-vis des importations de gaz, sans oublier la fermeture programmée de nombreuses centrales.

Elle a précisé que faute de réforme du marché du gaz et de l’électricité, le pays pourrait subir des coupures après 2015, et a averti que les factures d’énergie des ménages risquaient de grimper de 25%, à près de 2.000 livres par foyer.

L’Ofgem a du coup élaboré tout un éventail de propositions, visant à assurer que les investissements nécessaires soient réalisés.

Ces propositions vont toutes dans le sens d’un plus grand contrôle du secteur, actuellement aux mains de groupes privés, la plupart filiales de groupes étrangers, qui disposent d’une très grande liberté d’action, de la fixation de leurs tarifs à la gestion de leurs parcs de centrales.

Ces propositions sont très diverses, l’Ofgem les ayant regroupées en cinq familles, des plus modestes aux plus radicales.

Elles vont de l’adoption de "mesures ciblées", dont l’instauration d’un prix plancher du CO2 (afin de réduire l’incertitude liée au mécanisme des échanges de quotas d’émissions), jusqu’à la création d’une "agence centrale d’achat de l’énergie", laquelle déciderait des investissements à réaliser dans les infrastructures, et revendrait l’énergie produite aux opérateurs.

L’Ofgem a reconnu que cette dernière option reviendrait à "s’éloigner spectaculairement du système de marché concurrentiel".

Ces propositions ont été accueillis de manière mitigée par les différents acteurs du marché, en particulier la plus radicale, qui a été qualifiée de solution "soviétique" voire "stalinienne" par certains commentateurs.

EDF Energy (filiale du groupe français EDF), a salué par exemple la proposition de fixer un prix plancher du CO2, de même que la filiale britannique de l’allemand EON et que le groupe britannique National Grid.

Mais le principal fournisseur de gaz britannique, Centrica (maison-mère de British Gaz) a estimé qu’au lieu de plus de "centralisation", le marché de l’énergie avait besoin d’une meilleure stabilité et d’un plus grand soutien du gouvernement.

Centrica a ajouté que le secteur avait les capacités de réaliser les investissements évoqués par l’Ofgem, et prévenu que "des perturbations du marché dans une période si difficile risqueraient d’affecter la confiance des investisseurs".

Enfin, le groupe britannique Scottish & Southern Energy a réclamé "une évolution, pas une révolution" de la réglementation.

— avec Dow Jones Newswires —

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