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un article de R. G. paru dans le Figaro du 21 janvier 2005

GDF, Areva, EDF : l’énergie au coeur des privatisations

vendredi 21 janvier 2005

Qui d’Areva, de Gaz de France ou d’EDF sera la première introduite en Bourse ? L’annonce par la CGT d’une ouverture imminente du capital du gazier national, inscrite à l’ordre du jour du conseil d’administration du 26 janvier (nos éditions d’hier), a donné une nouvelle impulsion au programme de cessions des participations de l’Etat dans les entreprises publiques. Obligé de se dévoiler plus tôt que prévu, Hervé Gaymard a confirmé mercredi l’opération « dans les mois qui viennent, selon un calendrier qui reste à définir ».

Pas question pour le ministre des Finances de se laisser dicter un échéancier, malgré les pressions des présidents concernés. A l’occasion des voeux, il avait toutefois affiché sa détermination à « poursuivre la politique de privatisation ».

Pour le secteur de l’énergie, 2005 s’annonce comme l’année des grandes opérations. Voilà plus de trois ans que Gaz de France se dit prête. Le constructeur de centrales nucléaires Areva est aussi dans les starting-blocks depuis plus d’un an. Tous deux souhaiteraient profiter au plus tôt de l’appétit retrouvé des investisseurs, riches et à la recherche de bonnes opportunités. En mal de fonds propres, EDF ne cache pas non plus son souhait d’ouvrir son capital... depuis 2000. Mais les délicates questions du financement des retraites ou de la participation dans le capital de la société italienne Edison rendent le dossier complexe. Au point que nombre d’observateurs ne voient pas le gouvernement passer à l’acte avant la fin de l’année, voire avant 2006. Et puis la résistance syndicale reste forte. Hier encore, la CGT rappelait être « plus que jamais opposée à l’ouverture du capital et revendiquer la fusion d’EDF et Gaz de France dans l’intérêt des usagers et du développement industriel ».

Le gouvernement a besoin d’argent et, même s’il s’en défend, les recettes de privatisations restent une manne dans un contexte budgétaire très contraint. Le président de la République n’a-t-il pas annoncé que la nouvelle Agence de l’innovation industrielle serait financée grâce à ces ressources à hauteur de 2 milliards d’euros d’ici à 2007 ? Après 2,5 milliards en 2003 et un record de 7 milliards en 2004, Bercy a budgété 4 milliards pour 2005. Mais l’Etat pourrait dépasser ce montant si, par exemple, une nouvelle tranche de France Télécom était vendue. Certains évoquent ainsi la somme de dix milliards. Le montant est tout sauf négligeable quand on sait que les ministres sont priés de ne pas dépenser un euro de plus d’une année sur l’autre. Du coup, Hervé Gaymard devra se montrer ferme pour éviter d’alimenter la polémique.

Déjà certains parlementaires de la majorité donnent de la voix et exigent que l’intégralité des recettes soit affectée à la réduction de la dette publique, plus de 1 000 milliards d’euros en 2004. Nicolas Sarkozy s’y était engagé. Hervé Gaymard n’a pas encore donné sa doctrine en la matière.

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