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Un article de Jean-Michel Bezat paru dans Le Monde du 13 mai 2006

GDF-Suez : l’Etat renoncerait à sa minorité de blocage

samedi 13 mai 2006 par Jean-Michel Bezat

Le gouvernement pourrait finalement renoncer à ce que l’Etat détienne la minorité de blocage (34 %) dans le groupe qui doit naître, fin 2006, de la fusion Gaz de France-Suez.

Evoqué jeudi 11 mai par la CGT , ce schéma est "une piste de travail parmi d’autres, même si aucune décision n’est encore arrêtée", indiquait quelques heures plus tard l’entourage du ministre des finances, Thierry Breton. Le premier ministre, Dominique de Villepin, tournerait ainsi le dos à l’engagement qu’il avait pris, le 25 février, en annonçant l’opération.

Pour mener à bien cette dernière, le gouvernement doit réviser la loi du 9 août 2004, qui fixe à 70 % minimum la part de l’Etat dans le capital de groupe gazier public. Il prépare un projet de loi, qui n’est toujours pas inscrit à l’ordre du jour du parlement.

Depuis l’annonce de la fusion, il n’est pas parvenu à résoudre une difficile équation : maintenir sa minorité de blocage sans léser les actionnaires de Suez.

Or, pour garder cette minorité, le gouvernement a dû prévoir que l’échange de titres se fasse sur la base d’une action GDF pour une action Suez (plus 1 euro pour les actionnaires de Suez).

Une parité qui, de l’avis des analystes, sous-évalue le groupe d’énergie et d’environnement et pénalise ses actionnaires. Jeudi, le titre GDF a clôturé la séance à 28,98 euros et celui de Suez à 31,16 euros.

Conscient de la difficulté de convaincre des actionnaires appelés à se prononcer sur la fusion mi-décembre, le PDG de Suez a lâché du lest. Gérard Mestrallet a prévenu, le 5 mai, que "la parité devra être équitable pour les deux sociétés au moment de la fusion".

En clair, les termes de l’échange pourraient évoluer d’ici à la fin de l’année dans un sens plus favorable aux intérêts des actionnaires de Suez. Certains d’entre eux jugent que la place de l’Etat français dans la nouvelle entité sera trop grande.

A l’inverse, la CGT estime que les actionnaires sont en train d’imposer leur loi aux pouvoirs publics. "C’est la première fois que le projet de deux entreprises détermine le contenu de la loi", dénonce Jean-Christophe Le Duigou , secrétaire confédéral de la CGT. La centrale a prévu d’alerter l’opinion et de saisir les élus.

Le périmètre de la future loi fait lui aussi débat. Faut-il un projet ne prévoyant que la privatisation de GDF ? Ou un texte plus ambitieux traitant de l’ouverture totale du marché le 1er juillet 2007, de l’avenir des tarifs régulé et du sort des concessions octroyées par les collectivités locales aux entreprises du secteur de l’énergie ?

Le gouvernement s’exposerait alors à un débat plus long et politiquement plus risqué.

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