Liste des auteurs

Frédéric de Monicault | Le Figaro le 28.10.2009

GDF Suez part à l’assaut du nucléaire britannique

jeudi 29 octobre 2009 par Frédéric de Monicault

Peu à peu, GDF Suez pousse ses pions dans le nucléaire. Déjà associé à EDF pour la construction d’un deuxième EPR en France, toujours en lice à Abu Dhabi pour un contrat portant sur deux centrales, le voilà qui fait de la Grande-Bretagne un nouveau territoire d’expansion dans l’atome civil.

Certes, les ambitions de GDF Suez outre-Manche étaient connues, mais elles ont franchi ce mercredi une étape supplémentaire avec l’achat d’un terrain destiné à accueillir une nouvelle centrale. Le consortium réunissant GDF Suez, l’espagnol Iberdrola et le britannique Scottish and Southern Energy (SSE) a mis 70 millions de livres (77 millions d’euros environ) pour acquérir le site situé à Sellafield, au nord-ouest du pays.

L’opération, effectuée de gré à gré auprès de la Nuclear Decommissionning Authority (NDA), a permis au consortium de payer beaucoup moins cher qu’EDF et RWE-E.ON. Ces derniers ont également acquis chacun un site, mais dans le cadre d’un processus d’enchères plus onéreux. EDF, en particulier, a déboursé plus de 300 millions de livres.

Des débouchés naturels

Pour GDF Suez, la construction de la centrale de Sellafield ne devrait pas démarrer avant 2015. Auparavant, « les plans seront soumis à l’accord des autorités compétentes en matière de planification » , a précisé ce mercredi le groupe français. La présence au sein du consortium de SSE, qui dispose d’une solide base de clientèle en Grande-Bretagne, offrira des débouchés naturels à la production de la nouvelle centrale. Quel type de réacteur sera retenu ? La question n’a pas encore été tranchée.

Sur ce terrain de Sellafield, GDF Suez pourrait implanter un ou deux réacteurs, le site disposant d’une puissance totale de 3,6 GW. De quoi renforcer singulièrement la production électrique du groupe dans ce pays, où il exploite déjà la centrale à gaz de Teesside, d’une capacité de 1 800 mégawatts.

À l’arrivée, la stratégie de GDF Suez dans le nucléaire dispose d’un nouvel horizon géographique. Le groupe, depuis la fusion, prétend à devenir un véritable opérateur de référence dans ce domaine. Certes, il dispose déjà d’un parc de sept centrales à Belgique - ce qui lui vaut plusieurs décennies d’expérience dans cette industrie -, mais cela ne lui permet pas encore de venir titiller EDF. Même si l’accord conclu la semaine dernière en Belgique - qui repose sur la prolongation des centrales existantes - permet à GDF Suez de n’avoir plus aucune incertitude sur sa base nucléaire belge.

Or venir talonner EDF, c’est exactement ce que souhaite son président, Gérard Mestrallet, qui compte fermement que GDF Suez se voie confier - en qualité de chef de file - la construction du troisième EPR dans l’Hexagone. Une décision attendue dans les deux ans qui viennent.

Version imprimable de cet article Version imprimable

Forum de l'article

Aucune réaction pour le moment!
Répondre à cet article
 
Propulsé�par SPIP 1.9.2b | Suivre la vie du site  RSS 2.0 | Navigateur conseille Get Firefox! espace prive | Téléchargez le Squelette du site

CSS Valide !