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Article de FERYEL GADHOUM et FRÉDÉRIC DE MONICAULT. paru dans Le Figaro du 13 octobre 2006

GDF et Suez négocient pied à pied leur fusion

samedi 14 octobre 2006 par Frédéric de Monicault, Feryel Gadhoum

Sous la pression de Bruxelles, les deux groupes proposent désormais de céder Disitrigaz et 13 % de leurs capacités gazières.

SUEZ et Gaz de France mettent tout en oeuvre pour trouver un terrain d’entente avec une Commission européenne qui exige de nouvelles concessions pour donner son accord au rapprochement des deux entreprises. Celles-ci ont multiplié au cours des dernières heures les contacts avec les services de la commissaire à la Concurrence Nelly Kroes pour proposer de nouveaux désengagements acceptables. Une liste de nouvelles cessions a ainsi été arrêtée et présentée hier lors du conseil d’administration de Gaz de France.

Ainsi, Suez-Gaz de France est prêt à se défaire de la totalité de la filiale de négoce de gaz de Suez en Belgique, Distrigaz. Contre 50 % jusqu’à présent. En tout, le nouveau groupe accepterait se séparer de 13 % de ses capacités gazières, contre 10 % auparavant. En revanche, il ne serait plus question de céder des volumes de gaz en France. Concernant Fluxys, la branche des infrastructures gazières de Suez, la participation de Suez-Gaz de France descend comme prévu à 45 %, contre plus de 50 % auparavant. Les autres concessions proposées le 20 septembre dernier restent inchangées (lire encadré).

Nelly Kroes n’a pas réclamé de nouveaux efforts dans l’électricité. Il est vrai que la semaine dernière, dans le cadre de ses négociations avec le premier ministre belge, Suez avait accepté de céder 0,4 % de son parc de production en ­Belgique. La décision finale de Bruxelles est attendue d’ici au 24 novembre prochain. Selon une source proche du dossier, ces engagements ne remettent pas en cause l’intérêt industriel, économique et financier de l’opération.

La nécessité d’une gouvernance équilibrée

Tout cela n’était pas forcément acquis car depuis une semaine, Nelly Kroes, irritée par les négociations menées individuellement par Suez avec le gouvernement belge, avait durci le ton. De fait, des tensions étaient apparues entre les deux groupes, GDF se plaignant de ne pas être associé à ces négociations. Et cela à un moment délicat. Gérard Mestrallet et Jean-François Cirelli, présidents, respectivement, de Suez et Gaz de France, discutent de la gouvernance du futur groupe. S’il est acquis que Gérard Mestrallet sera PDG et Jean-François Cirelli directeur général délégué, les prérogatives de chacun restent à finaliser. Tout comme les responsabilités attribuées à leurs états-majors.

La préséance de Suez ou de GDF dans la dénomination sociale est également en débat. De même pour la localisation du siège social. Hier, le conseil d’administration de GDF a tenu à rappeler « l’importance d’une juste valorisation du groupe et la nécessité d’une gouvernance équilibrée du futur ensemble tant au niveau du conseil d’administration que du management. »

La résurgence de rumeurs d’OPA hostiles sur Suez n’est pas de nature à simplifier ces négociations. Hier, Les Échos ont lancé un pavé dans la mare en exhumant un plan de démantèlement de Suez impliquant le milliardaire François Pinault et l’énergéticien italien Enel. Un projet qui, pour l’heure, n’est plus d’actualité.


Le détail des propositions faites à Bruxelles par Suez et Gaz de France

Les deux groupes ont rendu publiques vendedi soir leurs nouvelles propositions faites à la Commission européenne pour remédier aux problèmes de concurrence soulevés par leur projet de fusion.

1/ Cession de la participation de 25,5% détenue par Gaz de France dans la société belge d’électricité SPE, principal concurrent d’Electrabel, détenu par Suez.

2/ Cession de la participation détenue par Suez dans Distrigaz. Toutefois, le nouveau groupe disposerait de 70 térawatts/heure (TWh) fournis à partir de contrats d’approvisionnement à long terme détenus par Distrigaz. Il sécuriserait ainsi les besoins d’approvisionnement gazier d’Electrabel pour alimenter ses centrales et fournir ses clients.

Les ventes totales de gaz naturel de Gaz de France et de Suez s’élèvent à plus de 1.100 TWh en 2005 (749 pour Gaz de France et 365 pour Suez dont 210 pour Distrigaz).

Le nouveau groupe conserverait la totalité de ses clients résidentiels en Belgique.

3/ Augmentation de la participation dans le terminal de Zeebrugge, l’un des plus grands terminaux européen, de 51 à 60 %, avec la création d’une société, Fluxys International, détenant la propriété de ce terminal GNL (Gaz Naturel Liquéfié), du gestionnaire du hub et des autres actifs hors de Belgique.

4/ Le nouveau groupe baisse sa participation dans Fluxys S.A. (propriétaire des infrastructures régulées en Belgique) à 45% contre 57% actuellement pour Suez, cédant la différence aux communes belges. L’autonomie de gestion de Fluxys sera renforcée par des mesures complémentaires de gouvernance.

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