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Medhi Fikri | L’humanité du 06.03.2008

Gandrange veut produire du métal, avec ou sans Mittal

jeudi 6 mars 2008 par Mehdi Fikri
Sidérurgie . À Gandrange, tandis que la CFDT et la CFE-CGC veulent rester dans le groupe Arcelor Mittal, la CGT cherche un repreneur.

« Les deux plans sont complémentaires », tempère Xavier Phan Dinh, élu CGT au comité d’entreprise européen d’Arcelor Mittal. Mais, entre principe de précaution et principe de réalité, la synthèse va être difficile. La CFDT et la CFE-CGC, qui présenteront la semaine prochaine le plan alternatif du comité d’entreprise, entendent minimiser les ris- ques en restant chez Arcelor Mittal. Un choix qui entérine de facto la fermeture de l’usine, dans la mesure où il s’agit avant tout de garantir le reclassement des 595 salariés au sein d’un grand groupe. Pour la CGT, qui a pris les devants en présentant hier son propre plan alternatif, il faut « être réaliste : Mittal gère un parc d’outils et un portefeuille de produits à l’échelle européenne à la suite d’une stratégie d’achats très offensive ». Sous-entendu : Mittal veut à présent se débarrasser de l’aciérie de Gandrange et, ni l’intersyndicale ni Sarkozy ne pourront s’y opposer. D’où la nécessité, selon le syndicat, de trouver un repreneur.

Au moment de la venue de Nicolas Sarkozy le mois dernier, beaucoup expliquaient mezzo voce qu’il serait « très compliqué pour une boîte de reprendre Gandrange ». Il s’avère aujourd’hui que, malgré ses handicaps, la dernière sidérurgique de la vallée de l’Orne éveille encore les appétits. Xavier Phan Dinh : « nous sommes en contact avec des repreneurs et nous les rencontrerons bientôt. » Il pourrait s’agir de Lucchini, de Severstal ou de Tata Steel. « Mais encore faudrait-il que Mittal accepte de vendre à la concurrence », souligne Didier Guyot, du cabinet EVS expertise. La direction aurait d’ailleurs refusé récemment l’accès du site à un repreneur potentiel qui voulait visiter les installations…

En attendant de trancher la question du repreneur avec l’intersyndicale, la CGT détaillait hier les investissements à effectuer pour requinquer la mariée. Entre 130 et 142 millions d’euros, amortissables sur deux ans : « On aurait pu tabler sur moins onéreux, reconnaît Xavier Phan Dinh. Mais, il s’agit d’assurer la pérennité et la rentabilité du site à long terme. » La majeure partie de la somme serait utilisée pour acquérir une nouvelle aciérie plus facile d’usage, améliorer le parachèvement des produits et effectuer une centaine d’embauches. Le tout au service d’une stratégie commerciale axée sur des produits à forte valeur ajoutée (les « longs carbones ») et de tailles diverses (pour élargir la clientèle). S’appuyant sur le cas Alstom, la CGT envisage une intervention de l’État, pour un financement complémentaire ou une aide à la formation. « L’État veut en ce moment réinvestir le champ de la politique industrielle », observe Didier Guyot. Espérons qu’il en sera toujours de même après les municipales… D’autant que le lancement d’un train à fil à très forte capacité en Pologne laisse craindre que Gandrange ne soit que le début d’une vaste restructuration des sites Mittal en Europe de l’Ouest.

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