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Gard - La centrale qui échauffe les esprits

samedi 26 janvier 2008 par Hervé Denyons

Une centrale thermique destinée à produire de l’électricité... en plein coeur du vignoble AOC des costières-de-nîmes, l’idée à de quoi surprendre ! Et diviser tout un département.

A l’origine, Poweo, premier opérateur d’électricité privé, souhaitait renforcer ses capacités de production dans le Sud avec la création d’une nouvelle unité thermique d’une puissance de 800 mégawatts. L’opérateur se fixe alors sur le site de Beaucaire, en raison de sa proximité avec le Rhône, source de refroidissement, et du raccordement possible avec un réseau de gaz et d’électricité à haute tension.

Le projet, synonyme d’une trentaine d’emplois nouveaux et d’une taxe professionnelle annuelle estimée à 15 millions d’euros, est évidemment bien accueilli par la municipalité UMP de Beaucaire. Mais l’installation, initialement prévue dans la zone industrielle de la ville, se heurte à un problème de taille : le raccordement trop lointain au seul transformateur capable d’absorber la production de la centrale. Il est situé à Jonquières-Saint-Vincent, soit à 11 kilomètres de là.

La municipalité décide alors de réviser son plan local d’urbanisme et propose d’installer la centrale près du transformateur, en pleine nature.

Problème : les terrains destinés à accueillir l’usine sont classés en AOC viticole costières-de-nîmes et AOC huile d’olive de Nîmes. De quoi provoquer une levée de boucliers à la fois de la chambre d’agriculture du Gard, de l’Institut national des appellations d’origine contrôlées, du Syndicat des costières et même un avis défavorable du ministère de l’Agriculture. Et la colère durable des viticulteurs et arboriculteurs locaux soucieux de préserver leur terroir. « Nous multiplions les efforts pour faire face à la concurrence internationale, pour aller vers le bio et, alors que tout le monde s’accorde sur la nécessité de soigner l’environnement, on nous pond un projet industriel en plein terroir classé », fustige François Collard, viticulteur au mas Mourgue du Grès, l’un des principaux opposants à la centrale, membre du Syndicat des costières.

Du côté de la mairie de Beaucaire, on souhaite calmer le jeu. « Nous comprenons les inquiétudes du monde agricole, mais tout a été mis en oeuvre pour réduire au minimum les nuisances visuelles et sonores », explique Bernard Baumelou, le directeur de cabinet du maire, qui suit le dossier Poweo. Il ajoute que le site industriel sera entièrement paysagé et que la communauté d’agglomération est favorable à la mise en place d’une enveloppe prélevée sur les ressources qu’apportera la centrale pour faire la promotion des crus et des huiles d’olive locaux.

Ces arguments ne satisfont cependant pas les opposants à Poweo. Ils demandent soit le retrait pur et simple du projet, soit son retour en zone industrielle de Beaucaire. Avec la construction d’une ligne à haute tension enterrée ou semi-enterrée. Solution que Poweo juge à la fois techniquement hasardeuse et trop onéreuse.

La commission d’enquête publique chargée d’entendre tous les protagonistes a été close le 14 décembre. Elle devra remettre ses conclusions d’ici quelques semaines au préfet du Gard, seule autorité habilitée à trancher sur l’opportunité du dossier. Mais, en attendant, les luttes d’influence se poursuivent entre pro et anti-centrale

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