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Un article paru dans le Monde du 16 décembre 2004

Gaz de France n’est plus sûr de vouloir de la SNET

vendredi 17 décembre 2004 par Pascal Galinier

Pierre Gadonneix ne s’attendait sûrement pas à un tel coup de Jarnac de la part de son ancienne entreprise... En tant que président de Gaz de France, il avait conclu un accord, jugé alors stratégique, en vue de racheter les parts de Charbonnages de France (CdF) et d’EDF dans la société de production électrique SNET. GDF en aurait ainsi détenu 35 %, aux côtés de l’électricien espagnol Endesa, qui en a pris le contrôle à 65 % le 13 septembre. Le ministère de l’économie avait entériné cette entrée du gazier dans la société électrique, une diversification qu’autorisent désormais le changement de statut et la levée du "principe de spécialité" qui cantonnait GDF au gaz.

Mais voilà : désormais à la tête d’EDF, M. Gadonneix va peut-être devoir garder sa participation dans la SNET. Son successeur à Gaz de France, Jean-François Cirelli - qui avait pourtant supervisé cet accord lorsqu’il était directeur adjoint de cabinet de Jean-Pierre Raffarin à Matignon -, a décidé de "passer au crible tous les investissements, en fonction de critères de rentabilité", dit-on dans son entourage. Or, à l’aune de ces critères, les 270 millions d’euros que devait débourser GDF pour devenir actionnaire minoritaire de la SNET ne semblent plus considérés comme stratégiques par le nouveau PDG.

"Dans la nécessaire constitution de notre offre électrique, la situation de partenaire dormant dans la SNET ne nous offre pas forcément les débouchés dont nous avons besoin", souligne un haut dirigeant de GDF. En clair : en échange de son entrée dans la SNET, l’entreprise gazière veut plus d’accès à l’électricité, pour pouvoir constituer une offre mixte (gaz et électricité) en vue de satisfaire les clients qui font jouer la concurrence sur le marché français.

Au-delà, M. Cirelli entend réévaluer toute la stratégie élaborée par son prédécesseur, en se laissant la possibilité de conclure une ou plusieurs alliances en Europe, tant avec d’autres gaziers qu’avec des électriciens de taille équivalente.

A CdF comme à EDF, associés dans les négociations avec Gaz de France, on fulmine de ce retournement sur une opération qui semblait bouclée. "Elle a été approuvée par nos conseils d’administration il y a un mois, souligne Philippe de Ladoucette, le PDG de CdF. Depuis un mois, je ne vois pas ce qui a changé." La balle, estime-t-il, est dans le camp du gouvernement : "Il avait présenté aux salariés de la SNET l’entrée de GDF comme un gage de continuité et d’équilibre face aux espagnols d’Endesa". Un premier dossier délicat pour le nouveau ministre de l’économie, Hervé Gaymard.

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