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Maguy Day | Le Monde le 29 décembre 2006

Grâce à la hausse des cours du brut, le Koweït affiche des excédents records

vendredi 29 décembre 2006 par Maguy Day

L’envolée des cours du pétrole a rempli les caisses de l’Etat koweïtien. Durant les huit premiers mois de l’année, ses recettes se sont élevées à 37,2 milliards de dollars (28,4 milliards d’euros), dépassant de 26,1 % les montants prévus pour l’ensemble de l’exercice fiscal 2006-2007 qui court depuis le 1er avril.

Les revenus pétroliers contribuent à 92 % aux recettes budgétaires de l’émirat, les compagnies y étant, comme celles des autres pays de la région, toutes nationales. Le budget affiche ainsi, depuis 1999, un excédent confortable.

Cette année, le gouvernement misait initialement sur un déficit de 8,1 milliards de dollars calé sur un prix de référence du baril à 36 dollars. Mais celui-ci n’étant jamais descendu en 2006 sous la barre des 54 dollars, c’est finalement un surplus record de 20 milliards de dollars, soit 30 % du produit intérieur brut (PIB), qui pourrait être affiché.

"Contrairement aux chocs pétroliers précédents (1973 et 1980), la forte hausse des recettes publiques des dernières années n’a pas donné lieu à une augmentation inconsidérée des dépenses", souligne Pascal Devaux, économiste chez BNP-Paribas, dans une étude consacrée à la manne pétrolière dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG : Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar).

Le Koweït devrait bénéficier d’une croissance de 6,2 % en 2006-2007 et d’un excédent des comptes courants représentant plus de 40 % du PIB cette année.

Enfin l’émirat, dont les réserves de change gonflent rapidement (10,49 milliards de dollars fin octobre, en hausse de 21,2 % sur un an), détient désormais 166 milliards de dollars d’actifs financiers investis à l’étranger, selon le ministre des finances Bader Michari Al-Houmaidhi. Au Koweït comme dans les autres pays du CCG, "les recettes publiques issues du pétrole ne sont pas intégralement dépensées localement", note M. Devaux.

MIEUX ATTIRER LES CAPITAUX ÉTRANGERS

Certes, les bénéfices de la rente pétrolière permettront de financer le programme de 22 milliards de dollars mis en place par le gouvernement pour développer le secteur des hydrocarbures d’ici à 2020. Mais le pays (3 millions d’habitants dont un million de Koweïtiens), compte sur la participation des pays occidentaux pour compléter ce programme d’investissements afin de diversifier l’économie et de développer un secteur privé anémique.

"Nous avons de l’argent, ce qui nous manque c’est le savoir-faire. Seuls, nous n’arriverons pas à augmenter nos capacités de production pétrolière pour faire face à la demande mondiale", explique le ministre des finances.

Dans la région, ce pays limitrophe de l’Irak et de l’Arabie saoudite est celui qui attire le moins les capitaux étrangers. En 2005, les Emirats arabes unis avaient reçu 12 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE), l’Arabie saoudite 4,6 milliards, quand le Koweït n’en percevait que 250 millions.

Les investissements entrepris par les pays du CCG pour augmenter la production en pétrole et en gaz sont les bienvenus, a déclaré Rodrigo Rato, directeur général du Fonds monétaire international (FMI). "Ces capacités supplémentaires joueront un rôle central dans la satisfaction de la demande mondiale et permettront de soutenir la croissance de l’économie planétaire à moyen terme", a-t-il souligné, à l’issue d’une rencontre, en novembre, avec les six ministres des finances du CCG.

Quant aux projets d’union économique des monarchies pétrolières de la région, ils donnent des signes d’instabilité. L’accord d’union douanière, entré en vigueur en 2003, a vu son délai d’application totale étendu jusqu’à la fin 2007.

Le projet de lancement d’une "monnaie unique" par les pays membres du CCG, programmée pour 2010, vient lui, de voir le retrait du sultanat d’Oman, incertain de pouvoir tenir les objectifs demandés (3 % de déficit public à 60 % du PIB et un taux d’inflation à 2 %).

Pour instaurer une seule autorité financière, c’est-à-dire une banque centrale unique, "le chemin à parcourir est encore long", a précisé le ministre des finances koweïtien.

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