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Hervé Morin | Le Monde du 11.01.08.

Grande Bretagne : Le démantèlement des futurs réacteurs fait l’objet d’intenses négociations

vendredi 11 janvier 2008 par Hervé Morin
Il ne s’agit nullement de "corruption", tient à préciser Bill Hamilton ; le porte-parole de l’Autorité de démantèlement nucléaire (NDA) britannique préfère parler de "gain planifié".

La NDA vient en effet, au nom du gouvernement, de trouver un accord financier avec la circonscription de Copeland, près du centre nucléaire de Sellafield (ouest), afin que le petit village de Drigg accueille une extension de son centre d’entreposage de déchets faiblement radioactifs. En échange, cet arrondissement va recevoir 13,3 millions d’euros, qui alimenteront un fonds auquel s’ajouteront 2 millions d’euros par année d’exploitation de cette installation. Une aubaine pour Drigg et ses 300 habitants, qui ne seront probablement pas les seuls à bénéficier d’une telle manne.

Le Times, qui a révélé l’affaire, estime en effet que la Grande-Bretagne pourrait distribuer dans les prochaines années plus de 1 milliard d’euros aux collectivités qui accepteront d’accueillir l’héritage encombrant du nucléaire britannique.

Sa gestion a été confiée à la NDA, responsable de 20 sites comprenant 39 réacteurs et diverses installations de traitement des combustibles nucléaires. Créée en 2005, elle s’est substituée à l’agence UK Nirex Ltd, au statut semi-public. Londres répondait ainsi à l’échec cuisant rencontré par Nirex en 1997 dans son projet de créer sur le site de Sellafield un centre de stockage pour les déchets les plus nocifs, à la durée de vie la plus longue.

En octobre 2006, la Grande-Bretagne a officiellement opté pour le stockage en profondeur de ces déchets, qui à ce jour représentent un volume d’environ 1 400 m3. Pour trouver le site susceptible de les accueillir, le maître mot est désormais "consultation". Et celle-ci s’annonce onéreuse.

MOYENS "CONSIDÉRABLES"

"Ces projets britanniques de stockage sont nettement moins avancés qu’en France", constate Gérald Ouzounian, responsable international de l’Agence de gestion des déchets radioactifs française (Andra). Mais, note-t-il aussi, la NDA dispose de moyens financiers "considérables". Son budget sera de 11,3 milliards d’euros sur la période 2008-2011, alimenté à parts égales par des fonds publics et privés. Ces dépenses ne sont qu’un début.

C’est pourquoi la relance du nucléaire en Grande-Bretagne s’accompagne d’intenses tractations de la part des opérateurs pressentis. Ils souhaitent que le prix du démantèlement des futurs réacteurs et de la gestion des déchets soit pris en compte dans la facture présentée aux consommateurs. Le coût du wattheure nucléaire doit en effet intégrer, outre des investissements initiaux très lourds, la charge ultérieure de la gestion d’installations en fin de vie et des rebuts ultimes.

En France, le niveau des provisions constituées par les opérateurs à cette fin (répercutées sur la facture) a fait l’objet d’intenses débats, avant qu’une loi n’institue en 2006 un système d’évaluation de ces montants, sécurisés par les opérateurs eux-mêmes.

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