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Un article de Diane Cambon paru dans Le Figaro du 25 février 2006

Grandes manoeuvres contre l’OPA d’E.ON sur Endesa

samedi 25 février 2006 par Diane Cambon
Gas Natural devrait relever son offre sur Endesa dès lundi. Le gouvernement renforce son arsenal pour contrer l’OPA d’E.ON.

FAIRE FRONT au géant allemand E.ON dans son OPA sur Endesa, tel est l’objectif de Gas Natural et du gouvernement de Zapatero. Selon la presse économique espagnole, le groupe gazier catalan devrait annoncer lundi une nouvelle offre d’achat d’Endesa, qui s’alignerait sur celle d’E.ON proposant en numéraire 27,5 euros par action soit 29,1 milliards d’euros. Le catalan devrait également modifier les modalités de son offre pour la rendre plus attractive.

Gas Natural pourrait ainsi relever son offre jusqu’à 26,4 euros par action d’Endesa pour un rachat à 100% en numéraire, ou jusqu’à 30 euros avec un paiement partiel en actions. Dans cette nouvelle offensive, Gas Natural ferait cavalier seul, sans recourir à l’aide de partenaires économiques espagnols et étrangers.

La Commission européenne est très agacée

Sur le front politique, le gouvernement de José Luis Zapatero multiplie les mesures législatives pour empêcher E.ON d’avaler la première entreprise électrique du pays. Hier, en Conseil des ministres, l’exécutif socialiste a adopté un décret-loi visant à protéger le secteur énergétique espagnol. En vertu de la nouvelle loi, la Commission nationale de l’énergie (CNE), organe régulateur dans ce secteur, sera dotée de compétences supplémentaires. Elle pourra exercer son droit de veto lors d’une OPA lancée par une entreprise du secteur énergétique, si celle-ci met en danger des « intérêts publics stratégiques et quelle que soit l’origine du promoteur », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega. En outre, il a été approuvé une réduction du déficit tarifaire. Il s’agit de freiner les fortes hausses du prix du kilowatt sur le marché de gros (pool) de l’électricité.

L’environnement réglementaire espagnol déplaît très fortement à la Commission européenne, qui a menacé l’Espagne de la poursuivre devant la Cour européenne de justice. Madrid entend aussi faire valoir le « décret loi Rodrigo Rato ». Créé par l’ancien ministre de l’Économie et actuel président du FMI, il stipule qu’une société étrangère détenue ou contrôlée en partie par une entité publique - comme E.ON -, et qui souhaite acquérir une participation de plus de 3% dans une société énergétique espagnole, doit recevoir l’aval préalable de Madrid.

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