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Article de Jean-Pierre Buisson paru dans Le Monde du 27.05.06

Greenpeace dénonce des fuites radioactives sur deux sites

samedi 27 mai 2006 par Jean-Pierre Buisson
Greenpeace dénonce les "défaillances" des centres de stockage des déchets radioactifs de la Hague (Manche) et de Soulaines (Aube). Associée à l’Association de contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro), l’organisation écologiste vient de mener une campagne de prélèvements autour du centre Manche, adossé à l’usine de retraitement d’Areva-Cogema.

"Nous démontrons l’importance de la pollution des eaux et de la nappe phréatique autour du site, indique Yannick Rousselet de Greenpeace. A certains endroits, le niveau de pollution au tritium (un isotope faiblement radioactif de l’hydrogène) est plus de mille fois supérieur aux normes en vigueur." Exploité de 1969 à 1994, le centre Manche abrite plus de 500 000 m3 de déchets de faible et moyenne activité.

L’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra), qui gère le site, ne conteste pas les chiffres. "Pour la bonne raison qu’une partie de ceux-ci proviennent de nos propres contrôles", indique Jean-Pierre Vervialle, directeur du site. Selon lui, "rien d’inattendu". Ces résurgences seraient la conséquence d’un débordement important survenu en 1976. La couche géologique, entre le sous-sol du stockage et la nappe phréatique, sert d’éponge à tritium, qu’elle redisperse chaque fois que le niveau de l’eau remonte.

Il n’y aurait donc pas de quoi s’affoler, selon le représentant de l’Andra. "Il faut distinguer les normes destinées aux eaux potables et celles qui concernent les eaux utilisées à des fins industrielles. La nappe phréatique en question n’alimente pas la population de la Hague." Un raisonnement qui révolte les écologistes. "Ce centre est exemplaire... Exemplaire de ce qu’il ne faut pas faire", martèle Yannick Rousselet.

Greenpeace soulève aussi une anomalie dans l’Aube. "On nous avait promis que le centre de Soulaines, qui succède à celui de la Hague, serait irréprochable. Il ne devait rien rejeter. Pourtant, selon les propres relevés de l’Andra, on a repéré la présence de tritium dans un piézomètre de contrôle."

ENFOUISSEMENT

Cette fois encore, l’Andra ne nie pas. "Effectivement, nous avons enregistré la présence de tritium à très faible niveau en aval de la zone de stockage", confirme Nicolas Riquart, responsable de l’installation. La fuite n’a pas encore été clairement identifiée. Elle serait accidentelle, estime l’Andra, qui relativise l’importance de l’information. "Il ne s’agit pas d’un rejet, puisque le tritium est resté dans la couche géologique de confinement." N’empêche, défend Greenpeace, "la démonstration est faite que l’étanchéité promise n’est pas réalisable".

Cette nouvelle campagne écologiste contre l’industrie nucléaire démarre au moment où l’enquête publique sur la construction du futur réacteur EPR à Flamanville vient d’être annoncée pour le 15 juin. Elle intervient aussi à quelques jours du débat sénatorial sur la gestion des déchets nucléaires. En épinglant l’Andra, Greenpeace espère "ramener les parlementaires à la raison et les pousser à refuser l’enfouissement des déchets hautement radioactifs à 500 mètres sous terre. Cette option est pleine d’incertitudes. Elle risque de se révéler encore plus catastrophique que les conséquences liées aux centres de stockage actuels".

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