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Un article de Julien Balboni paru dans l’Humanité du 17 juin 2005

Grève à Fabio Lucci : l’épreuve de force

vendredi 17 juin 2005 par Julien Balboni
Commerce. Au 51e jour de grève, une dizaine d’employés ont investi le siège, à Pantin. Le CE se réunit ce matin.

« On ne lâchera pas. » C’était le mot d’ordre, il y a encore quelques jours. Le conflit social à Fabio Lucci a pris hier une nouvelle ampleur. Une dizaine d’employés de l’entreprise venus des Bouches-du-Rhône, désireux de négocier avec la direction nationale, ont pénétré dans les locaux du siège à Pantin (Seine-Saint-Denis) en fin de matinée.

Devant le refus de la direction « d’engager le dialogue », douze personnes, dont onze femmes, se sont invitées dans le bureau du directeur. Quatre s’y sont enchaînées.

« Hors de question de se laisser faire »

À l’heure où ces lignes étaient écrites, la situation était encore bloquée. Le dialogue n’était toujours pas établi entre les syndicats et la direction. Un cordon de police bloquait même l’accès des employés et de la presse aux locaux proprement dits. Malgré quelques mouvements d’humeur, les esprits restaient sereins. Et la détermination des grévistes intacte.

« Nous avons pris la décision de venir au siège lorsque nous avons reçu la convocation au comité d’entreprise. L’ordre du jour concerne les deux magasins d’Aubagne et de Plan-de-Campagne.

Nous voulions discuter, on ne nous a pas reçus », indique Djamila Salvatori, déléguée syndicale CGT de Fabio Lucci à Marseille. « Nous avons reçu des menaces de fermetures des magasins qui résistent encore. la direction tente même de diviser les salariés en donnant des primes de 300 euros aux non-grévistes. Hors de question de se laisser faire », accuse la déléguée. Interrogée, la direction s’est refusée à tout commentaire.

La grève avait débuté le 29 avril dernier à travers toute la France. Douze magasins de la filiale du groupe Eram avaient déclenché la grève.

salaires, emploi et conditions de travail

Cinquante et un jours plus tard, la situation reste bloquée. Les revendications ? Salariales, principalement. La direction proposait une augmentation de 5 % ainsi que des remises d’achat de 15 % pour les salariés. La CFTC a accepté. Insuffisant, selon la CGT, en regard des profits amassés par le groupe (le chiffre d’affaires a progressé de 19 % au premier trimestre 2005).

Le syndicat majoritaire demande toujours la création d’une prime de pénibilité, la création d’un poste supplémentaire, ainsi qu’un report de l’augmentation de 5 % au 1er août, soit après la revalorisation du SMIC.

Le comité d’entreprise se réunira ce matin à 10 heures, à Pantin, pour tenter de trouver une issue positive à cette crise.

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