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Christelle Chabaud | L’Humanité du 28 mars 2007

Guerre des nerfs chez PSA

mercredi 28 mars 2007 par Christelle Chabaud
Automobile . En grève depuis le 28 février, les salariés d’Aulnay-sous-Bois en mouvement pour les salaires et contre la précarité ont reçu hier le soutien de Bernard Thibault et d’Annick Coupé.

Opération « usine morte » cet après-midi à Aulnay-sous-Bois. Les syndicats appellent les 3 000 ouvriers du site de PSA Peugeot-Citroën à débrayer pendant trois heures. Un geste symbolique pour « casser la stratégie de la direction de dresser grévistes et non-grévistes les uns contre les autres », explique Philippe Julien, secrétaire de la CGT. Après les 1 300 signatures de la pétition de solidarité, le soutien financier de 6 000 euros collectés dans l’entreprise et la manifestation de samedi dernier dans les rues de Paris qui a accueilli nombre de salariés non impliqués, l’action d’aujourd’hui résonne donc comme un nouveau round dans le bras de fer avec PSA.

Donner la parole aux salariés

Lors du changement d’équipe hier en début d’après-midi, les 500 grévistes ont reçu les visites de Bernard Thibault et d’Annick Coupé. « Il n’est pas normal qu’après quatre semaines de conflit aussi intenses, la direction refuse toujours de négocier, a ainsi commenté le secrétaire général de la CGT. Je demande à la direction d’accepter la discussion. En ces temps de campagne électorale où l’on parle de salaires et d’emploi, personne ne donne jamais la parole aux salariés. Et ce, alors que nous avons recensé une centaine de conflits en cours sur ces questions... » Un constat amer partagé par la porte-parole de l’union syndicale Solidaires, pour qui « les revendications d’Aulnay (une augmentation de 300 euros, la retraite à cinquante-cinq ans et l’embauche des intérimaires - NDLR) parlent à l’ensemble des salariés du pays ». Le matin, 250 ouvriers avaient manifesté devant la mairie d’Aulnay pour demander au maire Gérard Gaudron de les soutenir financièrement. Pour l’instant le dialogue est au point mort entre les deux parties. La direction du site d’où sortent en principe les voitures C2 et C3 pourra-t-elle encore tenir longtemps la stratégie de l’autruche ?

PSA perd 1 000 voitures par jour

Lundi, alors que 300 grévistes baladaient les banderoles du côté des Invalides devant le ministère du Travail pour demander l’intervention des pouvoirs publics, d’autres, assis sur les bancs du tribunal d’instance de Bobigny, assistaient à leur « première victoire » : saisie en référé par les syndicats de l’usine (CGT, SUD, Unsa, CFDT) et le syndicat CGT de la société d’intérim Manpower, la justice a condamné PSA Peugeot-Citroën pour l’embauche illégale de 50 intérimaires depuis le début de la grève et a soumis la société à une amende de 5 000 euros par infraction constatée.

Ouvrier sur chaîne depuis onze ans, Patrick gagne 1 300 euros. Les tampons (un par jour) apposés sur sa carte bleue de gréviste le galvanisent. « PSA perd 1 000 voitures par jour et commence à péter les plombs. Dans l’usine, il y a six huissiers qui se relaient pour traquer les erreurs des grévistes. Et, contrairement à un accord signé en 2005, la direction demande à nouveau aux agents de maîtrise de se transformer en agents de sécurité spécialisés dans la délation. Une quarantaine de chefs suivent en permanence les syndicalistes qui essaient d’aller au contact des salariés non grévistes pour mettre la pression. » Et chaque semaine, les grévistes reçoivent une lettre de la direction rappelant à chacun la somme qu’il allait perdre à cause de ses jours de grève. « Ils veulent nous intimider mais la menace est toujours un aveu de faiblesse », savoure Patrick.


Nouveau sous-traitant en grève

Lundi soir, l’équipe de nuit de l’équipementier Lear Corporation, à Lagny-le-Sec dans l’Oise, a cessé le travail pour exiger la prime de 60 euros promise par la direction fin janvier. Une étincelle qui a mis le feu aux poudres chez le sous-traitant de PSA (350 salariés) qui fournit l’intégralité des sièges des C2 et C3 au site d’assemblage d’Aulnay-sous-Bois. Dès mardi matin, l’équipe de jour prolongeait le mouvement, cette fois pour réclamer une augmentation des salaires de 50 euros.

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