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Article de Christelle Chabaud paru dans L’Humanité du 31 aout 2006

Hard discount alésien sclérosé

jeudi 31 août 2006 par Christelle Chabaud
Commerce . Bientôt deux mois de conflit et toujours pas de reprise des négociations entre Fabio Lucci et les douze grévistes.

Cinquante jours de grève et toujours des négociations à zéro. Le 10 juillet, excédés par la chaleur dans un magasin sans clim, les salariés du hard discounter de vêtements Fabio Lucci à Alès s’étaient mis en grève pour une amélioration des conditions de travail, une augmentation des salaires de 5 % et la requalification de quatre CDD de longue durée en CDI. Depuis, la canicule est passée, le PDG de Fabio Lucci parti puis revenu de congés, les soldes terminées... Refusant la médiation de l’inspection départementale du travail, la direction ne concède toujours que « l’installation dans la réserve d’un système de climatisation » et le nettoyage des locaux par une entreprise extérieure deux fois par mois.

« De temps en temps, on reçoit des fax du siège pour nous rappeler qu’ils ne lâcheront rien de plus », raconte Magali. Aujourd’hui, selon la CGT, des actions de soutien sont prévues dans plusieurs enseignes de la région. Pour prouver à ceux de la direction qui en douteraient que, malgré leur expulsion du magasin, les douze grévistes de Fabio en ont encore sous le coude. La semaine dernière, alors qu’ils occupaient le hard discounter depuis début août, le TGI alésien a ordonné « l’expulsion [...] afin de ne pas entraver l’accès à ces locaux par les clients ». « On a fait appel de la décision et on continue le mouvement sur le parking » qui appartient à un propriétaire différent, assure Djamila Salvatori, la déléguée centrale CGT.

Vendredi matin, les grévistes appellent à un rassemblement pour soutenir Sébastien qui, au fil des jours, s’est improvisé leader du mouvement. Il est en effet convoqué pour un entretien préalable à son licenciement. Motif ? Faute lourde : il aurait jeté un pétard aux pieds d’un responsable. « Ils sont prêts à tout pour que je parte, explique le principal concerné. Déjà, la direction m’avait proposé une transaction pour que je tire ma révérence tout seul. » Curieusement, il fait partie des deux grévistes qui souhaitent, par-delà ce conflit, acquérir des responsabilités syndicales.

Demain, Gérard Larcher se déplace à Nîmes pour inaugurer une maison pour l’emploi. Les douze de Fabio lui demandent de libérer une demi-heure dans son emploi du temps afin de débloquer une situation sclérosée.

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