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Anne Laure Julien | Le figaro le 3.10.2007

Huit cents entreprises rachetées par des fonds d’investissement

mercredi 3 octobre 2007 par Anne-Laure Julien
Les effets de la crise ne se feront vraiment sentir qu’en 2008.

APRÈS deux années exceptionnelles, les fonds d’investissement enregistrent encore de beaux succès. Malgré les difficultés qu’ils rencontrent depuis l’été pour emprunter de l’argent aux banques, les performances du premier semestre actif devraient sauver l’année. Rien qu’en France, au cours des six premiers mois de 2007, les fonds ont racheté 783 entreprises, investissant 6,4 milliards d’euros en fonds propres, soit 56 % de plus qu’au premier semestre 2006. Un record. C’est ce que révèle une étude réalisée par le cabinet PriceWaterHouseCoopers (PWC) pour l’Association française des investisseurs en capital (Afic).

Dans le même temps, les fonds ont revendu 525 entreprises, majoritairement d’ailleurs à d’autres financiers, mais aussi - fait nouveau - à des industriels. Tout irait donc pour le mieux dans le petit monde du capital-investissement si le second semestre ne s’annonçait plus mitigé.

Depuis cet été, les banques refusent de financer les opérations supérieures à 500 millions d’euros. Les dernières qui ont été réalisées attestent bien de cette tendance. « On revient aux conditions de crédit d’il y a trois ans, et ce n’est pas plus mal », note Jean-Louis Rambaud directeur associé d’Apax.

Des banques très sélectives

Aujourd’hui, pour des crédits de l’ordre de 200 à 300 millions d’euros, les banques financent à plusieurs, « en club deal » comme disent les experts. Surtout, les conditions financières et les garanties ne sont plus les mêmes. Les banques exigent à nouveau de sérieuses garanties de remboursement reposant sur les résultats futurs des entreprises rachetées par les fonds.

De même, les audits, très allégés depuis un an ou deux, vont être à nouveau très approfondis. Plus question donc de signer en 48 heures. Seul, le ratio fonds propres sur dettes n’a pas varié, du moins pas encore. Les transactions sont toujours conclues avec le même dosage : un tiers de fonds propres apportés par les financiers et deux tiers d’emprunts. Malgré toutes ces précautions, les banques restent très sélectives. Autant d’éléments qui ne laissent rien présager de bon pour l’avenir.

Toutefois, comme l’a souligné hier Eddie Misrahi, directeur associé d’Apax et président de l’Afic, de grandes opérations, comme Elis, Genoyer, Kaufmann & Broad, OGF ou Diana Ingredients annoncées avant la crise financière de l’été ont pu être bouclées récemment. « Grâce à ces opérations, souligne Eddie Misrahi, les chiffres du second semestre ne vont pas s’écrouler. L’impact de la crise financière sur le secteur se mesurera réellement en 2008. »

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