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I/ des théories libérales largement démenties par la réalité

mardi 23 janvier 2007 par Confédération Générale du Travail (CGT)

Les sociétés du CAC40 ont versé en 2005 plus de 35 milliards d’euros à leurs actionnaires, en croissance de 40% par rapport à 2004, soit 36% de leurs bénéfices [1].

D’après la théorie économique libérale, les profits sont censés financer les investissements, la croissance et l’emploi.

Cette thèse sert notamment à refuser aux salariés les légitimes augmentations de salaires. Cette théorie est invoquée par le Medef quand les salariés demandent la reconnaissance des qualifications, ou quand ils proposent une remise en cause des exonérations de cotisations sociales : écorner les bénéfices et les dividendes pénaliserait l’investissement, c’est un des leitmotivs du Medef, avec la menace d’expatriation des capitaux.

Or, que constate-t-on depuis une vingtaine d’années ? Les pratiques patronales, la pression sur les salaires, la précarisation des emplois d’une part, et d’autre part la libéralisation, la politique monétaire et fiscale, les privatisations ont eu pour conséquence une forte augmentation de la part des profits dans la valeur ajoutée, et surtout des dividendes versés aux actionnaires. Dans le même temps, la part des salaires dans la valeur ajoutée reste à un bas niveau, le chômage et la précarité se développent et l’emploi n’augmente pas. Il y a une dérive de plus en plus financière, spéculative, au détriment des activités productives. Dans le même temps où les profits financiers explosaient, l’effort d’investissement des entreprises a baissé ainsi que l’emploi industriel. L’actualité économique l’indique. Les chiffres de la comptabilité nationale le confirment.

Ainsi les théories libérales ont été largement démenties par la réalité : les profits d’avanthier ont généré la spéculation d’hier, puis la distribution de dividendes aux actionnaires, la faiblesse de l’activité économique et le chômage d’aujourd’hui. La contrepartie en est : moins d’investissement dans l’industrie, dans la recherche et la formation professionnelle.

Il faut mettre fin à cette situation et accroître la part des salaires dans la valeur ajoutée. La solution se trouve dans la promotion du travail. Cela passe notamment par la création d’emplois et par l’amélioration des niveaux de qualification et des salaires.

[1] Estimations de Fact-Set JCF et KBL-France. Face à l’OPA de Mittal Steel, Arcelor a par exemple décidé d’augmenter de 184% les dividendes versés aux actionnaires afin de les « fidéliser ».

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