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CHRISTIAN CARRERE | La Marseillaise le 19 octobre 2007

ILS ONT MANIFESTE A 50 000 A MARSEILLE

vendredi 19 octobre 2007 par Christian Carrère
Mouvement social. Pourcentage record de grévistes hier, chez les cheminots de Paca. Des dizaines d’arrêts de travail dans le public et dans le privé dans les Bouches-du-Rhône.

Les cheminots, descendus massivement en cortège des escaliers de la gare Saint-Charles, ont attendu le passage du train des autres manifestants à l’angle du boulevard Dugommier et de la Canebière. Non pas pour qu’un train en cache un autre, mais s’adjoigne à celui-ci.

Il était donc 11 heures lorsque la tête du défilé qui remontait la Canebière depuis le Vieux-Port fut aiguillée vers le cours Lieutaud. Les derniers manifestants passeront là, vers 12h30. Un pointage qui devrait aider à se faire une opinion sur l’ampleur réelle du cortège quand la police comptabilise 7 300 manifestants - on appréciera la précision - et quand les organisations syndicales font état de 50 000.

Les cheminots se sont intercalés entre les gaziers et électriciens et les salariés du commerce. Beaucoup parmi les premiers portaient le fameux tee-shirt affichant « EDF-GDF 100% public. Non à la privatisation. » Ce qui fit scander « allez les bleus » par un groupe de retardataires qui attendaient là, le passage « des copains de leur entreprise ». Symbole fort d’une mobilisation qui associait les cibles de la réforme des régimes spéciaux de retraite, et les autres salariés. Dont ceux du privé.

« Les salariés du privé ont déjoué le piège »

Une donnée qui constituera sans nul doute l’un des enseignements essentiels de cette journée, ce qu’avaient tenu de souligner avant même le départ de la manifestation plusieurs de ses organisateurs. Mireille Chessa, secrétaire générale de l’UD-CGT, se félicite du nombre important d’arrêts de travail, témoignant que « les salariés du privé ont su déjouer le piège de la division qui leur était tendu, et ont compris qu’il fallait y aller ensemble ». Dans ce sens, estime-t-elle, « cette journée constitue une belle première étape ».

Pour Jean-François Longo, son homologue de la FSU, « ce 18 octobre constitue une étape importante de la mobilisation pour la construction d’un mouvement que nous souhaitons plus large ». Et d’enregistrer avec satisfaction que l’« engagement des unions départementales a favorisé l’élargissement du champ revendicatif et le caractère interprofessionnel de cette manif ».

Quant à Jean-Marc Cavagnara, leur alter ego de la CFDT, il dit assister « à la création d’un rapport des forces pour faire échec à la réforme des régimes de retraite spéciaux ». Mais aussi, ajoute-t-il, « à un début de prise de conscience que la politique économique et sociale conduite par le président de la République et son gouvernement ne sont conformes ni à leurs attentes, ni à leurs besoins de salariés ».

Ce que l’adaptation du couplet qui a traversé toutes les manifs, quel qu’en soit l’objectif, traduit en termes on ne peut mieux choisis. « Sarkozy si tu savais, tes réformes où on se les met. » On retiendra le pluriel. Ce que Jean-François Longo a également noté en indiquant que l’hôte de l’Elysée « attaque tous azimuts ». Ce qui apparaît avec la banderole refusant la fusion de l’ANPE et de l’Unedic. Ou avec le tee-shirt des salariés du commerce qui refuse « le travail du dimanche » en remplaçant ce mot par celui de « repos ». L’hôte de l’Elysée n’a-t-il pas promis à ses amis du Medef, lors de leur université d’été, de modifier la législation sur l’activité dominicale ?

82% de grévistes parmi les cheminots de Paca

Si la forte présence des cheminots dont le taux de grévistes en région Paca a atteint le niveau « historique de 82%, tous collèges confondus » était attendue ; si celle des gaziers et électriciens l’était tout autant malgré une moindre médiatisation ces jours derniers, on mesurera que leurs contingents sont loin de totaliser à eux seuls les 50 000 manifestants dont l’estimation syndicale ne choquera aucun observateur sérieux.

Outre, les autres représentants du secteur public dont les postiers et les territoriaux venus en masse derrière les banderoles de la CGT et celles de FO, notamment pour les Marseillais, on retiendra la présence aussi diverse que nombreuse du privé. Des anciens de Nestlé, pour certains devenus Net Cacao quand d’autres sont préretraités, et tous heureux de se retrouver ensemble, aux fidèles des manifs marseillaises venus de Fralib Gémenos, en passant par les grévistes de l’industrie chimique ou pétrochimique et les métallos qui veulent « gagner ». Présence remarquée enfin, de nombreux élus et militants du PCF dont Jean-Marc Coppola, qui affirment leur « choix d’une société solidaire ».

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