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Un article de JEAN-MICHEL BEZATparu dans Le Monde du 18.12.05

Imprévisible pétrole

dimanche 18 décembre 2005 par Jean-Michel Bezat

"Nous ne savons pas dans quelle direction vont évoluer les cours du pétrole." Ce constat du PDG de Total, Thierry Desmarest, reflète l’incertitude qui prédomine dans le secteur pétrolier en cette fin d’année où les cours restent élevés. A New York, le baril de light sweet crude pour livraison en janvier a terminé, vendredi 16 décembre, à 59,01 dollars.

Pour Craig Pennington, analyste au sein de la banque d’affaires Schroders, "les prix élevés ralentissent la croissance de la demande", phénomène constant dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis mi-2004.

L’offre s’essouffle aussi, particulièrement celle des Etats n’appartenant pas à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). C’est surtout vrai de la Russie, dont la production est freinée par le sous-investissement et une fiscalité peu incitative.

Focalisée sur les prix des produits pétroliers et protégée par des tarifs réglementés, l’opinion française n’a pas pris conscience d’un phénomène qui s’est amplifié ces dernières semaines : le fort renchérissement du gaz. "Le prix par million de British Thermal Unit (une unité de mesure) a atteint 15,60 dollars, ce qui est énorme et équivaut à un baril de pétrole à 98 dollars", souligne Philippe Chalmin, professeur à Paris-IX - Dauphine et spécialiste des matières premières.

Les marchés ont spéculé tout au long de l’année sur une rupture d’approvisionnement. Or l’économie mondiale a été bien alimentée, même après le passage de Katrina sur le sud des Etats-Unis fin août, grâce à l’utilisation des réserves stratégiques. Tout indique que les prix des hydrocarbures resteront élevés en 2006.

A moins d’un net fléchissement de la consommation américaine et chinoise, les tensions offre-demande vont persister. L’OPEP prévoit une hausse de 1,9 % de la demande (84,9 millions de barils par jour) en raison d’une croissance mondiale soutenue.

Si l’hiver est rigoureux et que plusieurs hypothèques ne sont pas levées (stabilisation de l’Irak, dossier du nucléaire iranien, tensions entre l’administration Bush et le Venezuela d’Hugo Chavez, ouverture de la Russie...), le baril restera au-dessus de 50 dollars, assurent les analystes. En attendant la mise en service, à moyen terme, de nouvelles capacités de production et de raffinage.

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