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Intervention de Bernard Thibault au meeting de Lille du 7 septembre 2005

mercredi 7 septembre 2005 par Bernard Thibault

Chers amis, chers camarades,

Je veux d’abord vous remercier d’avoir répondu si nombreux à l’invitation de la CGT. C’est une invitation pressante, car l’heure est à la mobilisation sur tous les fronts, celui de l’emploi et des salaires, celui du droit du travail et du droit au travail.

Dans les dix jours qui viennent la CGT va tenir 9 meetings à travers toute la France, avec le même message, celui de l’urgence de la riposte et de la contre-offensive, par des actions solidaires et unitaires. Des actions fortement ancrées aux réalités professionnelles et sociales, dans la continuité de l’activité revendicative menée en début d’année, et avec la volonté déterminée de déboucher sur des résultats tangibles.

Le coup d’envoi est donné aujourd’hui à Lille, la ville où en avril prochain se tiendra le congrès de notre confédération, j’y reviendrai. J’y reviendrai parce que le congrès de la CGT n’a d’intérêt que s’il s’empare des questions que vous vous posez, s’il définit des orientations en phase avec vos attentes, s’il identifie des objectifs qui vous paraissent justes, que vous êtes prêts à vous donner parce que vous avez le sentiment qu’ils sont à notre portée.

Lille est la capitale d’une grande région économique qui souffre mais qui se bat. Très atteinte par la destruction et la précarisation de nombreux emplois industriels directs et indirects, elle peine à remonter la pente et les inégalités se développent. Le taux de chômage y reste durablement plus élevé que la moyenne nationale, notamment dans les plus anciens bassins. À travers vous c’est à 1 million 300 000 salariés et plus de 200 000 sans emploi du Nord Pas de Calais auxquels je veux m’adresser personnellement. Je n’oublie pas, bien sûr, les délégations venues d’Amiens, de Saint-Quentin, de Laon et d’autres encore.

Lorsqu’on examine lucidement la situation en ces premiers jours de septembre, la principale question qui se pose à nous est de savoir ce que nous devons faire, ce que nous pouvons faire ensemble pour changer la donne.

Comment sortir de cette spirale infernale dans laquelle veulent nous enfermer gouvernement et patronat, où les salariés n’ont pas voix au chapitre, où leurs messages sont ignorés, leurs revendications détournées, leurs libertés et leurs droits remis en cause.

Comment est-ce possible que dans un pays comme la France la démocratie s’étiole, le pouvoir économique impose sa loi ?

Vous le savez, sous tous les gouvernements Raffarin : Raffarin I, Raffarin II puis Raffarin III la CGT, avec vous, n’a pas ménagé sa peine pour dénoncer les mauvais coups, pour proposer et exiger des réponses aux revendications, pour organiser les mobilisations nécessaires. Nous avons eu longtemps le sentiment d’être un peu seuls à le faire au plan syndical et puis heureusement, au début de cette année sous la pression des événements, l’esprit unitaire a repris le dessus progressivement.

En janvier puis en février, tout d’abord, suivis d’un 10 mars éclatant mettant en avant de façon très spectaculaire les revendications de salaires et d’emploi. Nous étions déjà plus d’un million réunis dans les grèves et les manifestations. Cette journée a donné de l’élan dans les entreprises, la fonction publique et dans les branches professionnelles pour une succession d’actions qui ont permis de décrocher des augmentations de salaires, entre autres.

On nous expliquait alors, souvenez-vous, qu’il fallait permettre à ceux qui voulaient gagner plus de travailler plus. Pour bien illustrer cette volonté politique on nous a imposé un jour de travail supplémentaire et gratuit. Le fameux lundi de Pentecôte qui a connu le succès que chacun sait.

Après la débâcle du gouvernement Raffarin à l’issue du référendum du 29 mai, l’installation du gouvernement Villepin aurait pu se faire sous la pression des syndicats afin d’obtenir enfin les réponses tant attendues et non l’accélération d’une politique tant décriée.

Cela n’a malheureusement pas été possible parce que tout le monde n’analysait pas la situation de la même façon.

Villepin et sa majorité se sont saisis de cette opportunité pour introduire leurs ordonnances, dont le contrat nouvelle embauche illustre toute la philosophie.

La CGT a pris ses responsabilités pour dénoncer cette imposture, notamment le 21 juin. Il est évident que nous aurions été bien plus efficaces dans un cadre unitaire.

Je suis revenu rapidement sur ces éléments parce qu’entre temps les opinions ont changé. Le gouvernement ayant confirmé son intransigeance et sa détermination à trancher dans le Code du travail, d’autres confédérations nous ont emboîté le pas en utilisant les leviers d’action à notre disposition, dont le recours juridique auprès du Conseil d’Etat pour faire valoir nos droits. Nous en attendons le résultat pour la fin du mois.

Les contacts et les échanges entre les syndicats se sont poursuivis et intensifiés durant l’été pour préparer cette rentrée sous le signe de l’offensive.

Et c’est ainsi que je peux m’avancer en vous annonçant, avec une certaine satisfaction, que jeudi tous les syndicats lanceront ensemble, depuis le siège de la CGT, un appel national pour une journée de mobilisation avec des grèves et des manifestations, pour les salariés du privé et du public. Ne le répétez pas, ce sera sans doute pour le 4 octobre.

C’est une bonne nouvelle et il est évident que la CGT toute entière va y consacrer toute son énergie.

Oui, c’est la mobilisation des salariés qui doit être à l’ordre du jour. Il n’y a pas d’autre alternative pour le mouvement syndical.

Parce que les salariés doivent d’abord compter sur eux-mêmes pour la défense de leurs intérêts, pour contraindre patronat et gouvernement à ouvrir des négociations afin de répondre à leurs aspirations. Parce qu’à la fatalité de la régression sociale nous pouvons opposer notre expertise, nos témoignages et nos propositions.

D’aucuns s’efforcent d’entretenir le renoncement et la culpabilisation de ceux qui vivent ou aspirent à vivre de leur travail. Nous devons leur opposer le droit de vivre dans la dignité et à prétendre au progrès social par un autre partage des richesses produites.

Nous savons combien l’action collective ne se décrète pas ; elle s’organise, se prépare. Ses objectifs et ses modalités se discutent en fonction des situations, du contexte et aussi des expériences.

On n’est jamais sûr avant de commencer qu’on va réussir. Mais, on peut être sûr d’une chose en ce moment. Rester immobile, attendre des jours meilleurs ou penser que les choses vont finir par s’arranger c’est le meilleur moyen d’être déçu encore davantage et surtout de voir sa propre situation, comme celle de ses proches, se dégrader encore plus.

Beaucoup redoutent, par dessus tout, que l’on s’occupe de nos affaires ; que la France d’en bas - comme cela a été dit avec une certaine condescendance - prétende avoir droit au chapitre et ne s’en remette plus aux rengaines éculées pour justifier l’injustifiable.

Oui, nous ne pouvons pas garantir la victoire des luttes syndicales à tous les coups, mais l’année 2005 a déjà apporté son lot de démonstrations qui sont autant d’expériences utiles à tous.

Ici des augmentations de salaires de 3, de 5 % et même au-delà, là où il n’en était pas question avant que les salariés s’organisent et agissent. Philippe vient de nous donner quelques exemples.

Ailleurs, en l’occurrence à Saint-Nazaire, des ouvriers polonais d’une entreprise sous-traitante défaillante obtiennent par leur lutte, avec le soutien et l’appui de l’expérience de toute la CGT, que deux mois d’arriérés de salaires leur soient versés par l’entreprise donneuse d’ordre. C’est une victoire pour tous les ouvriers, pour tous les salariés en situation de précarité car le recours à la sous-traitance en cascade est un des fers de lance de la flexibilité et de la dévalorisation des salaires. Je ne sais pas s’il y avait des plombiers parmi eux, mais moi je dis bravo les polonais, bravo la CGT et merci à tous pour cette belle leçon de solidarité et d’efficacité de la lutte syndicale !

A l’autre bout, à Saint-Menet près de Marseille - où je me rendrai la semaine prochaine - c’est une multi nationale, Nestlé, contrainte de remettre en route la production qu’elle voulait abandonner. Un résultat obtenu là aussi par l’action et la détermination des salariés de l’usine.

Naturellement, ces hirondelles ne font pas le printemps, surtout à la fin de l’été, mais elles attestent de nos possibilités d’avoir prise sur les événements. Je sais que vous avez, vous-mêmes, d’autres exemples de luttes victorieuses.

Des actions unitaires, oui c’est ce qu’il nous faut si nous voulons dégripper le système et mettre chacun devant ses responsabilités. Je vous le dis à vous comme je le dis à tous mes camarades des autres confédérations : rien n’est plus préjudiciable à l’intérêt des salariés que de laisser perdurer une compétition entre syndicats car, dans ce cas, c’est le Medef qui tire son épingle du jeu. Il devrait toujours être plus facile de se mettre d’accord entre nous que de trouver un compromis acceptable avec le patron, ou alors c’est le monde à l’envers ! Toutes les organisations veulent négocier avec le patronat. Mais pour le moment le patronat fait la sourde oreille. Trop contents de pouvoir compter sur des gouvernements à leur écoute, les patrons du Medef ont opté pour le blocage ou l’inertie. Sur tous les créneaux revendicatifs, pour les contraindre à se mettre enfin à table et à « lâcher le morceau » le mieux serait de faire front commun sur nos exigences communes.

Les syndicalistes doivent être conscients des attentes comme des espoirs qui sont placés en eux. Ils doivent considérer l’unité syndicale comme un bien commun et non comme une menace qui plane sur leur identité, car l’unité est la condition irremplaçable pour que les salariés marquent des points en recouvrant leur dignité.

Voilà plus de vingt ans qu’à la faveur de la destabilisation du secteur productif et de l’affaiblissement relatif du mouvement syndical, les uns et les autres se sont appliqués à nous faire avaler de trop nombreuses couleuvres. Il est temps de redresser la tête et de redresser la barre.

Nous sommes conscients des difficultés à surmonter pour y parvenir. Trop souvent aujourd’hui les salariés ne disposent pas de syndicats, et tout particulièrement de syndicats CGT en nombre et en taille suffisants pour que leurs aspirations, leurs revendications soient prises en compte dans la politique gouvernementale, la gestion des entreprises. Cela ne nous empêche pas d’agir et de prendre nos responsabilités mais la conséquence est que ce ne sont pas les revendications des salariés qui sont principalement à l’ordre du jour, que c’est plus souvent le Medef qui donne le « la ». La division actuelle du syndicalisme contribue à cette situation et c’est la raison pour laquelle la CGT et toutes ses organisations doivent à nouveau prendre des initiatives pour établir des convergences et opérer des rassemblements pour la défense des revendications. Lucide sur les obstacles à dépasser, la CGT doit continuer de porter le drapeau de l’unité. Elle doit le faire en France, elle doit le faire en Europe.

Car des luttes importantes restent à mener sur le front européen. ébranlés par la manifestation du 19 mars à Bruxelles, contrariés par la tournure des événements avec les référendums en France et au Pays Bas, les promoteurs de la directive Bolkestein et de la directive « temps de travail » reviennent à la charge. Le résultat du référendum du 29 mai n’a pas diminué la nécessité de l’Europe sociale, bien au contraire. Le camp du néolibéralisme est toujours aux commandes en Europe. Sa marge de manœuvre pourrait s’étendre à l’occasion des élections allemandes. Plus que jamais, l’action syndicale unie en Europe doit s’affirmer comme l’objectif majeur de toutes les organisations adhérentes à la Confédération Européenne des Syndicats dans laquelle la Cgt prend toute sa place

Alors que le message du 29 mai est profondément et clairement antilibéral, le gouvernement actuel y répond par plus de libéralisme encore !

C’est aussi cela qui est inacceptable !

Dans sa conférence de presse de rentrée, Monsieur de Villepin n’en revenait pas de n’avoir mis que trois mois pour établir un plan d’urgence pour l’emploi qui, selon ses propres termes, doit « permettre de venir à bout du chômage de masse ». Comment peut on être fier de sortir un plan d’urgence alors qu’on est « aux manettes » depuis plus de 3ans ! C’est une insulte de plus à la raison de ceux qui vous écoutent. Il a aussi estimé qu’il pouvait se targuer des soi-disant « bons chiffres du chômage » pour s’auto décerner sinon des félicitations, du moins des encouragements à continuer dans la voie qu’il s’est tracée. Monsieur le premier Ministre, prenez la peine de lire les journaux : 80% des Français vous disent que « vous n’avez pas réussi à recréer les conditions de la confiance ». Ecoutez-les et cessez de nous prendre pour des imbéciles !

Monsieur de Villepin a ensuite présenté la 2ème phase de son action qu’il n’a pas hésité à qualifier de « croissance sociale ». Nous n’aurons aucune difficulté à démontrer que, dans ce catalogue hétéroclite, il n’y a rien qui soit de nature à générer de la croissance et encore moins du progrès social ! Il n’a pourtant pas hésité à cacher l’indigence ou les nuisances de ses propositions derrière un slogan sans aucun rapport avec leur contenu réel, au risque de creuser le discrédit qui frappe la politique en général et de vider de leur sens les mots qui en ont encore un.

Ainsi, dans ce qui est présenté comme des choix pour l’avenir, nous avons relevé que :

* Sur les salaires, le gouvernement s’estime quitte et conforte les employeurs dans leur blocage actuel ; * Sur l’emploi, le modèle devient celui de l’activité à temps partiel et temporaire.

Toutes les mesures annoncées encouragent les employeurs dans cette voie et voudraient convaincre les salariés et les chômeurs de s’y soumettre sous peine de sanctions.

Les chômeurs et les allocataires de minima sociaux ont peu de droits mais de plus en plus de devoirs, alors que les employeurs sont exonérés de toute responsabilité dans le développement de l’emploi et de l’investissement productif.

Pour les services publics, c’est la confirmation des privatisations et l’annonce de nouvelles restrictions budgétaires.

Pour les impôts, les principes devant guider la réforme de la fiscalité vont à contre sens de l’objectif de justice sociale et de croissance économique attendus par les citoyens.

Monsieur de Villepin, vous et les vôtres gouvernez depuis plus de 3 ans un pays dans lequel les chercheurs, du directeur de laboratoire au doctorant, ont été obligés de faire grève pour que l’opinion publique soit informée du retard pris dans des secteurs décisifs pour notre avenir. L’allègement des charges sociales, quant à lui, a déjà atteint un niveau énorme - 20 milliards d’euros - au détriment du financement de la protection sociale et sans effet réel sur l’emploi. Comment pourrait-on vous faire confiance ?

L’autre voix du gouvernement s’est exprimée, dimanche à La Baule. Car ce gouvernement est ventriloque, il dispose d’une voix de l’Intérieur qui se sent autorisée à dire tout haut ce qu’il ferait si on le laissait faire et si on le laissait passer. Celui là est parti en guerre contre ce qu’il appelle « le modèle social français ».

Mr Sarkozy, puisqu’il faut bien l’appeler par son nom, s’en prend au droit du travail qualifié de « carcan aussi rigide qu’archaïque », aux fonctionnaires exigeant que « les départs en retraite ne soient plus compensés », à la représentativité des organisations syndicales en la qualifiant « d’archaïque » (encore !), au droit de grève en souhaitant « que l’UMP affirme son engagement de mettre en place un service minimum dans les services publics », aux universités, aux chômeurs et aux plus démunis dont il laisse entendre qu’ils seraient responsables de leur situation et se complairaient dans l’assistanat....

Le président de l’UMP s’est présenté comme l’avant-garde du gouvernement, le monsieur plus de la récup démagogique et de la provoc anti-sociale.

Quand Sarkozy veut « relever le flambeau du changement » entendez qu’il veut casser la baraque, de la même façon que pour résoudre le problème des squatters il les flanque à la rue. Les récents incendies dramatiques qui ont eu lieu à Paris appellent une autre réponse politique et cela concerne aussi bien le logement social que les situations humiliantes faites aux sans-papiers.

Reconnaissons lui une certaine lucidité lorsqu’il lâche : « n’attendons pas des organisations syndicales qu’elles proposent les changements que nous souhaitons ». Sur ce point, au moins, il a raison et doublement raison ! Pour ses objectifs, il ne faudra pas compter sur la CGT.

Remarquons qu’entre ceux qui, comme de Villepin, font mine de défendre le « modèle social français » et ceux qui, comme Sarkozy, ont décidé de l’accabler, l’accord s’est fait pour procéder par ordonnances, c’est-à-dire pour balayer toute forme de concertation et de négociation avec les représentants des salariés et escamoter délibérément le débat parlementaire et le débat public en général. C’est pire qu’une erreur, c’est un choix politique délibéré et c’est à proprement parler une réponse insultante faite directement à tous les citoyens qui, depuis le 21 avril 2002, envoient régulièrement des signaux de détresse ou d’avertissement.

Les deux frères ennemis ont des visions identiques sur le drame du chômage. Pour eux, un chômeur ce n’est pas quelqu’un qui a perdu son travail ou qui désespère d’en trouver un, mais un individu présumé coupable qui se complaît dans une situation d’assisté et qu’il faut pousser, vous voyez où, pour qu’il daigne retourner au boulot ! Villepin comme Sarkozy veulent que ce soit « plus facile de travailler plutôt que de vivre d’un revenu d’assistance » ! Mais ces messieurs ne savent pas de quoi ils parlent. La réalité c’est qu’il est difficile de trouver et de garder un bon travail et qu’il est très difficile de vivre avec un Smic et, à plus forte raison, avec le RMI !

Entre de Villepin et Sarkozy, maintenant et pour un bon bout de temps, c’est à celui qui dégainera le premier. Leur arsenal est le même, il provient des mêmes arrière-cuisines libérales. C’est vrai, les deux champions n’ont pas le même style. Mais, que ce soit avec un long stylet manié avec élégance en vous passant la main dans le dos, ou un cran d’arrêt plongé avec un rictus en vous regardant droit dans les yeux, un coup de poignard est un coup de poignard. L’un et l’autre sont décidés à rivaliser pour en porter quelques uns supplémentaires au cœur de notre droit social, car l’un et l’autre ont, de longue date, choisi leur camp.

Cette orientation libérale affirmée par la droite gouvernementale ravit le Medef. Il applaudit des deux mains et en redemande. Dans cette merveilleuse ambiance de concurrence entre deux tenants de la société du risque pour les autres, il peut se la jouer cool et s’adonner aux délices de la philosophie de salon. Le Medef a ainsi consacré ses récentes universités d’été au « réenchantement du monde ». Rien de moins ! Le réenchantement made in Medef, c’est le salaire vu comme une récompense, le salarié taillable et corvéable à merci, la précarité généralisée.

Pour l’instant, la nouvelle présidente du Medef ne se démarque pas sur le fond de son prédécesseur lorsqu’elle déclare la semaine dernière dans le Figaro : « La vie, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » ou encore sur France Inter ce week-end « la précarité est une loi de la condition humaine ». Madame Parisot, monsieur le baron, votre prédécesseur, avait ceci de particulier qu’il avait toujours quelques pas d’avance sur sa caricature. N’essayez pas de l’imiter il est inimitable. N’employez pas des mots comme précarité de façon frivole. Songez toujours que pour beaucoup trop de salariés français ce mot représente l’ordinaire d’une vie que vous ne pourriez pas supporter, que vous ne pouvez même peut être pas imaginer.

Les présupposés idéologiques du Medef sont décidemment les mêmes que ceux du ministre de l’intérieur et du premier ministre. Les uns et les autres se présentent en chantres du changement, mais leur changement à eux c’est plus de libéralisme, encore et encore !

Notre message au Medef est clair : nous voulons que s’engagent immédiatement des négociations pour répondre aux aspirations des salariés. Ce message, soyons en convaincus, il va falloir que nous le portions tous pour qu’il soit pris en compte et se concrétise par des avancées concrètes en matière de salaire, d’emploi, de droits et de libertés syndicales pour les salariés.

Deux négociations sont en cours :

* L’une sur le travail des seniors, où le patronat voudrait installer un contrat d’emploi vieux.

* L’autre sur la pénibilité du travail qui, entre autres, devrait conduire à reconnaître un droit à la retraite anticipée dans certains métiers.

Les deux négociations sont aujourd’hui bloquées par l’intransigeance du Medef.

Une autre négociation à venir, celle définissant les futures règles et les futures règles et les futurs droits des salariés frappés par le chômage, c’est la révision de la convention Unedic. C’est un rendez-vous essentiel. Nous avons besoin que cette discussion ait lieu sous votre vigilance et votre mobilisation.

Dans « Modèle social français » il y a français. Partant du fait que ça va mal chez nous, on nous incite à copier ce qui se fait chez les autres. Après tout pourquoi pas si c’est pour améliorer la situation. Il n’y a pas plus de raison pour que nous soyons les meilleurs que de raison pour que nous soyons les moins bons ! Mais, là où ça se complique, c’est que l’on voudrait nous faire croire que les problèmes ne se posent qu’en France, comme si la stagnation ou le recul de la consommation et de l’investissement, les restructurations, les délocalisations, l’externalisation, la flexibilité, la précarité, les travailleurs pauvres, le chômage massif, les atteintes au service public et aux systèmes de protection sociale nous étaient exclusivement réservés. Nous savons bien que tous les syndicalistes européens sont confrontés aux mêmes défis.

Chez nous, le dernier mauvais coup date du mois d’août avec le contrat dit « nouvelle embauche » ! On trouvera difficilement quelqu’un pour nous convaincre qu’étendre la période d’essai à deux ans c’est mieux pour le salarié et c’est bon pour l’emploi ! On aura du mal à nous faire croire qu’avec 2/3 des emplois déjà proposés à temps partiel ou pour une durée déterminée, la clef réside dans l’installation de salariés kleenex. Les jeunes ne s’y sont pas trompés, ils rejettent massivement cette détestable innovation : 83 % des moins de 30 ans jugent ce contrat inefficace. Ils ont compris que, contrairement à la pub qui disait « l’essayer c’est l’adopter », le slogan à la mode depuis l’été c’est « l’essayer avant d’le j’ter » !

Mettre de l’ordre dans le Code du Travail ça ne se fait ni au sécateur ni au Kärcher, surtout quand le désordre a essentiellement été produit par la multiplication des dérogations, la prolifération de contrats et les insuffisances de moyens des inspecteurs du travail pour le faire respecter. La CGT n’a donc aucune raison d’être conservatrice en matière de droit du travail, car une telle attitude cautionnerait l’idée que le Code est presque parfait, alors qu’il est souvent en retard sur l’événement. La CGT pense que, dans ce domaine, il faut être résolument novateur pour faire mieux et pour que ce mieux soit durable, parce que porteur d’une dynamique associant intimement les conditions économiques et sociales du progrès.

J’ai bien dit associant les conditions économiques et sociales, et ceci est très important. Le « social » ce n’est pas une prothèse qu’on bricole à côté pour appareiller les accidentés d’une vie économique dangereuse et chaotique. Il ne peut pas y avoir d’un côté des entreprises qui vivent leur vie ou programment leur mort au gré de leur seul profit, au mépris de la santé du tissu social dont elles se nourrissent et, de l’autre, des pompiers, professionnels et bénévoles, qui viennent au secours des victimes quand c’est déjà trop tard. Les entreprises doivent assumer leur responsabilité sociale et la transformation d’un système « social » ne peut pas être accomplie sans une politique de développement cohérente avec lui. Ces deux objectifs ne peuvent pas être atteints sans donner la parole et des moyens d’agir à toutes les parties prenantes dont, au premier chef, les salariés.

Un nouveau type de relance économique est devenu indispensable. Il faut changer une pratique qui perd, arrêter de multiplier des mesures ciblées segmentant au maximum le marché du travail (jeunes, salariés âgés, petites entreprises...) de banaliser et étendre le travail précaire, d’infliger la « double peine » aux chômeurs.

Cette refonte doit être couplée à une réforme de l’assiette et du calcul des cotisations patronales afin d’introduire un ajustement en fonction de la politique d’emploi et de formation de chaque entreprise. Il faut remettre à plat les nombreux cadeaux financiers accordés aux entreprises (20 milliards d’euros) qui pompent les ressources de l’état sans que leur effet sur l’emploi ne soit prouvé. Il n’est pas juste que les entreprises les plus profitables qui sont aussi celles qui ont reporté leurs risques de gestion sur le réseau de PME soient exonérées de leurs responsabilités dans la dégradation de la situation de l’emploi et la fragilisation des systèmes de protection sociale.

C’est aussi par l’action qu’il nous faudra marquer le 60ème anniversaire de la Sécurité Sociale, si nous ne voulons pas subir une nouvelle cure d’austérité dans le système et les droits d’accès aux réseaux de santé.

Il faut recourir à une relance par l’emploi qualifié, emploi industriel direct et emplois de service qu’il induit. La qualification de la main-d’œuvre industrielle est un enjeu majeur pour l’emploi de qualité et pour la croissance. 8 millions de salariés n’ont pas de qualification reconnue, 80 000 jeunes sortent du système éducatif sans formation, l’effort national de formation professionnelle régresse depuis 10 ans.

La première urgence c’est un plan national de qualification alimentant des programmes d’insertion établis au niveau des régions et des bassins d’emploi. Cet effort doit être accompagné par une négociation nationale portant sur le SMIC et la refonte des grilles de rémunération, rendant ces emplois attractifs pour les salariés, générateurs d’une croissance saine, à travers l’effet dynamique de l’amélioration du pouvoir d’achat et du retour de la confiance dans l’avenir.

Pour les salaires et les retraites, il faut maintenant passer à la caisse.

Nous ne devons plus accepter les discours justifiant l’austérité salariale comme conséquence de la mondialisation, surtout lorsqu’ils sortent de la bouche de cadres dirigeants qui n’hésitent pas, pour eux-mêmes et leurs équipes proches, de s’auto décerner des augmentations qui dépassent toute décence.

Partout nous devons exiger la mise à plat et la révision des politiques et des pratiques de sous-traitance, au lieu de se résigner à simplement ralentir l’érosion permanente des effectifs relevant d’un statut ou d’un autre.

Notre objectif est que « tout salarié bénéficie, quelles que soient les circonstances, d’un ensemble de droits individuels, garantis au plan interprofessionnel, opposables à tout employeur et transférables d’une entreprise à une autre : droit à l’intégration dans un emploi, droit à la formation continue, droit à une carrière professionnelle, droit au maintien d’un contrat de travail en cas de suppression d’emploi, continuité des droits pour le calcul de la retraite, droit à l’expression syndicale. » C’est notre définition de la sécurité sociale professionnelle.

Tous les militants, tous les syndiqués, tous les salariés des grandes entreprises à statut sont à même de comprendre que la satisfaction, même partielle de cette revendication, serait une des meilleures garanties pour l’avenir de leur propre statut. Aujourd’hui impossible de concevoir la défense des « droits acquis » sans la prise en compte de la précarité qui prive des milliers de salariés d’un niveau de garanties collectives élevé.

Aujourd’hui, il ne suffit pas d’être fort dans une entreprise, voire dans une branche professionnelle, pour gagner des avancées sociales, il faut être fort partout ! L’absence de la CGT dans un grand nombre d’entreprises, la faiblesse de notre implantation dans les plus petites, dans des branches professionnelles aussi importantes que le commerce, la construction, l’agro-alimentaire, les services aux entreprises (et il y en a hélas d’autres !), mais aussi notre quasi absence dans les entreprises sous-traitantes, les filiales des grands groupes donneurs d’ordre où nous sommes pourtant mieux organisés, notre représentativité insuffisante parmi les salariés les plus qualifiés, sont des handicaps considérables pour tous.

La solidarité c’est aussi celle qui doit se renforcer entre le public et le privé.

Tous les salariés sont en capacité de mesurer l’utilité du « service public », c’est-à-dire d’un vaste secteur capable de garantir les « droits » fondamentaux sous le signe de « l’égalité » de traitement et d’accès, de la solidarité et de la cohésion sociale, en échappant à l’emprise directe de la rentabilité financière. Ce besoin ressenti et la qualité du service rendu sont les facteurs fondamentaux dont dépend la capacité de résistance du secteur public à la mise en cause de ses missions et de ses moyens, sous la pression des dogmatiques du libéralisme et des champions de la privatisation.

Le service public est un bien commun à tous les salariés. Il est aussi un des principaux enjeux politiques dont dépend la capacité du syndicalisme confédéré à construire les convergences et à les traduire dans la vie. C’est cette vision partagée qui doit orienter nos analyses et notre pratique, car elle est la seule capable de déjouer les pièges du corporatisme étroit qui éloigne les salariés des usagers, et de combattre les idéologies élitistes ou populistes qui dénigrent le secteur public et la fonction publique.

Réformer l’impôt oui, certes, mais dans sa globalité, pas pour acheter des voix mais pour plus d’égalité. Et, dans ce cadre, réformer la TVA, la CSG et les impôts indirects serait plus juste et plus efficace que de masquer de nouveaux avantages pour quelques milliers d’imposés sur les grandes fortunes.

Et, puisque j’évoque les taxes, il est un domaine où nous attendons une mesure d’urgence. C’est sur le prix de l’essence à la pompe et du fuel domestique. Il faut réviser la structure des prix dont l’Etat et les compagnies pétrolières sont les premiers bénéficiaires.

Cette nouvelle crise pétrolière doit aussi conduire le gouvernement à renoncer à la privatisation d’EDF qui placerait notre pays dans une situation de dépendance et dont l’impact serait considérable et dangereux pour notre avenir à tous. Cette bataille est essentielle, elle nous concerne tous, ne la déléguons pas aux seuls camarades d’EDF.

Chers amis, chers camarades,

La CGT défend les salariés dans une société où dominent les logiques et les contraintes actuelles du capitalisme. La façon propre au syndicalisme de prendre en compte les intérêts individuels et collectifs des salariés réside dans la relation entre leur vécu immédiat et les propositions alternatives du syndicat, dans une démarche revendicative concrète alimentée par l’écoute des besoins et des attentes propres à chaque catégorie de salariés ou communes à toutes.

Notre vocation est d’affirmer et de construire les convergences en dépit du creusement des inégalités et du développement de la précarité. C’est un travail difficile : il faut beaucoup de lucidité et de dynamisme dans nos rangs pour contrer les opérations de division ou de clivage que l’on s’efforce d’entretenir : les jeunes contre les plus âgés, ceux du privé contre ceux du public, les précaires contre les salariés à statut, les immigrés contre les français.

Selon l’article 1 de nos statuts, « La CGT est ouverte à tous les salariés, femmes et hommes, actifs, privés d’emploi et retraités, quels que soient leur statut social et professionnel, leur nationalité, leurs opinions politiques, philosophiques et religieuses. ». Cela appelle de la part de chacun d’entre-nous, de tous les militants de la CGT, une hauteur de vue suffisante pour travailler à des rassemblements qui transcendent ce qui peut diviser et les clivages de nature politique peuvent parfois avoir cet effet.

Produit depuis plus d’un siècle d’expérience de la CGT, notre conviction de la nécessité d’une démarche indépendante vis-à-vis du patronat, des gouvernements, des institutions européennes et internationales, des partis, ne signifie pas pour autant notre indifférence au contexte politique. Il signifie encore moins notre désintérêt à l’égard de l’intervention des partis dans le débat démocratique, sur la forme et sur le fond.

Tout comme ses sympathisants, les adhérents de la CGT sont des citoyens, des électeurs à part entière. Chacun a son opinion sur ses attentes, ses préférences, ses espoirs de voir la situation se modifier au plan politique. Le débat politique est une forme et une dimension de la confrontation des idées, des analyses, des conceptions et même des visions ou des projets. C’est aussi parfois de simples joutes médiatiques où les ambitions personnelles prennent le pas sur d’autres considérations.

La CGT est ouverte à entretenir des rapports transparents avec les partis politiques. Elle est pleinement disposée à débattre avec tous les partis démocratiques, d’organisation à organisation, dès lors que cela peut être utile pour ses objectifs revendicatifs ou que les partis eux-mêmes estiment utile pour leur propre réflexion d’entendre l’opinion de la CGT sur un sujet particulier. « L’identité de vue » éventuelle sur certains diagnostics et les propositions d’évolution qu’ils appellent ne nous font pas oublier qu’organisations politiques et syndicales ont des responsabilités différentes. Cela exclut, en tant que syndicat, toute attitude de soutien ou de co-élaboration d’un projet politique ou la participation sous quelque forme que ce soit à une coalition à vocation politique.

Dans les semaines et les mois à venir, la CGT, à tous les niveaux, doit être attentive à l’unité et au respect des diversités d’opinion des adhérents que nous voulons préserver en toute circonstance. C’est cette attitude qui nous préservera de toute volonté de faire du syndicat un champ d’affrontement des stratégies politiques, qu’elles émanent des partis ou de tel ou tel prétendant à la future élection présidentielle.

Si beaucoup d’entre nous sont évidemment attachés à préserver l’alternance permise par un régime démocratique et, qu’en l’occurrence, nous sommes également très nombreux à penser qu’une alternance porteuse de véritables alternatives est souhaitable, quelle est la meilleure attitude à adopter par une organisation syndicale comme la CGT pour favoriser une telle échéance ? Celle de faire son travail syndical, celle d’occuper mieux encore la place qui est la notre et où personne ne peut nous remplacer. Pour y parvenir nous avons besoin d’y consacrer toute notre énergie, toute notre intelligence, toute notre disponibilité et toutes nos forces.

Aujourd’hui, je l’évoquais tout à l’heure, nous lançons aussi la préparation du 48ème congrès de la CGT.

Fin avril, à deux pas d’ici se réuniront les 1 000 délégués provenant des différents syndicats de la CGT pour préciser les orientations qui seront mises en œuvre par l’organisation pour les prochaines années et élire la direction qui aura la charge de les animer.

Il est bien sûr essentiel que ce rendez-vous important dans la vie de l’organisation produise le résultat attendu par les syndiqués et les militants.

C’est la raison pour laquelle nous avons pris plusieurs dispositions exceptionnelles qui, toutes, contribuent à ce que les syndiqués soient réellement partie prenante dans les réflexions et les décisions concernant la CGT.

Pour ce faire, nous organisons une première consultation nationale de tous les syndiqués de la CGT pour avoir en direct leur opinion sur un certain nombre de sujets ayant trait à notre activité présente et celle à venir.

Vous avez le privilège d’être les premiers servis puisque vous trouverez ce questionnaire à la sortie de la salle et je vous invite à prendre le temps de vous exprimer par ce processus inédit.

La direction de la CGT met également au point un plan de visite de 1 000 entreprises ou sites d’activités dans lesquels nous rencontrerons les syndiqués mais aussi les salariés qui sont intéressés à notre démarche. Nous programmons une série de forums sur des thèmes qui nous tiennent à cœur et sur lesquels d’autres acteurs sont intéressés à réfléchir et à agir avec nous. Ils représenteront aussi des moments importants qui nous guideront dans nos choix futurs.

En janvier, l’ensemble des syndicats de la CGT disposera des textes soumis à l’appréciation des syndiqués. Nous passerons alors à une autre étape du débat et de la prise de décision collective, puis nous nous retrouverons ensemble, avec plaisir, ici à Lille, pour conclure.

Pendant toute cette période notre journal, la NVO, dont je vous recommande chaleureusement la lecture régulière, sera un apport essentiel pour nos initiatives.

Durant les prochains mois nous avons la prétention de tenir toute notre place sur le terrain revendicatif et, dans le même temps, de réfléchir sur nous-mêmes, sur nos objectifs, notre organisation, l’état de nos forces syndiquées à la CGT.

Nous allons le faire, là aussi, à la fois avec confiance et avec lucidité.

Avec confiance parce qu’il y a encore une bonne nouvelle. C’est que la CGT s’est renforcée ! Avec 702 688 adhérents en 2004, c’est le meilleur chiffre recensé depuis 15 ans et tout le monde ne peut pas en dire autant.

Avec lucidité parce que cela ne nous entraîne pas à l’euphorie. Nous visons le million de syndiqués à la CGT ; il nous faut y travailler ensemble.

D’ailleurs, dans cette période revendicative, dans cette ambiance où beaucoup s’interrogent sur la façon de changer les choses, soyons aussi à l’offensive pour syndiquer à la CGT, pour aider à la création de syndicats CGT dans les entreprises ou les sites d’activité industrielle et commerciale.

Et si par hasard il y avait dans cette belle salle du Zénith certains d’entre-vous qui ne sont pas syndiqués, rien de tel que cette belle ambiance pour adhérer en un éclair à la CGT !

Les défis auxquels sont confrontées nos sociétés en France et dans le monde sont majeurs, les attentes des salariés sont considérables, nos objectifs revendicatifs ambitieux, mais nous ne sommes pas équipés syndicalement comme il le faudrait. C’est la raison pour laquelle le renforcement, le redéploiement et la réorganisation des moyens et des outils dont dispose la CGT devront figurer en bonne place dans les débats et les travaux du congrès.

Chacune des structures de l’organisation : syndicat d’entreprise, union locale, départementale, fédération professionnelle, comité régional, toutes devront apporter leur contribution pour l’organisation d’un plus grand nombre de salariés à la CGT et pour promouvoir un syndicalisme interprofessionnel favorisant les convergences et le rassemblement dans les mobilisations et l’action.

Voilà, chers camarades et chers amis, ce dont je voulais vous faire part.

Les salariés, s’ils sont unis et décident de se mettre en mouvement, représentent une force considérable. Une force bien plus forte qu’ils ne l’imaginent eux-mêmes.

Une force bien plus puissante que n’importe quel gouvernement, que n’importe quel employeur borné.

A nous de les aider à en prendre conscience. Allons de l’avant avec détermination !

Allons de l’avant en travaillant partout les revendications et la mobilisation !

Allons de l’avant avec l’esprit de conquête et vous verrez que nous pourrons fêter des victoires !

Je vous remercie de votre accueil chaleureux et je vous donne rendez-vous au plus tard pour le 48ème congrès de la CGT.

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