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Intervention de Bernard Thibault au meeting de Marseille du 13 septembre 2005

mardi 20 septembre 2005 par Bernard Thibault

Chers amis, chers camarades,

Merci tout d’abord à vous toutes et à vous tous d’avoir répondu présent en si grand nombre à l’invitation de la CGT. Vous êtes très nombreux issus des Bouches du Rhône. Je veux aussi saluer les camarades ayant fait le déplacement depuis les quatre coins de la région, les délégations venues du Gard et de l’Hérault.

Nous nous retrouvons pour reprendre l’offensive en un lieu devenu symbolique, dans cette usine NESTLE, fermée il y a encore quelques jours et qui tourne de nouveau parce que les salariés ne se sont pas résignés au schéma du chaos.

J’ai rencontré tout à l’heure les camarades du syndicat à qui je renouvelle avec vous la pleine solidarité de toute la CGT. Ils vivent toute l’âpreté de notre combat. Ils doivent pouvoir continuer à compter sur le soutien de nous tous.

Je me limiterai à deux remarques sur leur situation.

La première concerne l’attitude de NESTLE, multinationale renommée qui, comme d’autres, accepte difficilement la contradiction sur ses projets, ne tolère que contrainte et forcée la négociation, spécialement lorsque les salariés se donnent des représentants issus des rangs de la CGT pour la défense de leurs intérêts.

Il faut vous faire une raison, messieurs les dirigeants, vous ne pouvez pas diriger et choisir vos interlocuteurs.

Ma seconde remarque concerne le processus en cours susceptible de redonner vie à l’usine et à l’emploi pour le long terme.

Ne trouvez vous pas paradoxal, chers camarades, qu’au moment où l’on tente de justifier une période d’essai de deux ans dans les contrats de travail, on laisse un mois seulement à la recherche d’un projet industriel pour l’usine NESTLE ?

Avec de tels enjeux en matière d’emploi et de développement industriel, pourquoi précipiter des décisions aux conséquences considérables ?

Vous le savez nous avons quelques contraintes d’horaire : je serai assez direct avec vous. Je m’adresse à des militants et des syndiqués aguerris.

Le diagnostic que la CGT livre en cette rentrée est empreint de gravité quant à la situation économique et sociale de notre pays. Il nous inspire aussi une grande détermination à contribuer à ce que les choses changent et changent vite.

Non seulement les salariés attendent des changements, mais il est possible de les obtenir. Nous devons les aider à aller les chercher ensemble.

Il y a beaucoup d’interrogations dans les têtes sur les conditions à réunir pour avoir prise sur les événements. Une intense bataille idéologique se fait jour pour enfermer les salariés dans le renoncement, pour cultiver les divisions et les clivages, pour entretenir la culpabilisation, promouvoir de mauvaises réponses à de vraies revendications.

Il ne faut pas se voiler la face, nous sommes dans un moment où l’affrontement s’aiguise. Les choix que l’on veut imposer aux salariés et, plus largement, au pays ont une portée considérable.

Il y a un certain caractère d’urgence de la riposte et du soulèvement auquel il nous faut travailler.

Nous avons maintenant une perspective !

Jeudi dernier, depuis le siège de la CGT, un appel national a été lancé par les 5 confédérations rejointes par l’UNSA et la FSU, pour une journée de mobilisation avec des grèves et des manifestations, pour les salariés du privé et du public. Le 10 mars nous étions plus d’un million à l’appel de toutes les confédérations, et partout où la mobilisation s’est opérée et s’est prolongée, ça a payé. Le 4 octobre, les conditions sont réunies et nous allons tout faire pour réussir une journée d’action de très haut niveau faite de grèves et de manifestations.

Nous savons combien l’action collective ne se décrète pas ; elle s’organise, se prépare. Ses objectifs et ses modalités se discutent en fonction des situations, du contexte et aussi des expériences.

On n’est jamais sûr avant de commencer qu’on va réussir. Mais, on peut être sûr d’une chose en ce moment. Rester immobile, attendre des jours meilleurs ou penser que les choses vont finir par s’arranger c’est le meilleur moyen d’être encore déçu et surtout de voir sa propre situation, comme celle de ses proches, se dégrader davantage.

Ce que redoutent, par dessus tout, ceux qui nous agressent ou nous lanternent, c’est que nous prenions en mains nous-mêmes nos affaires ; que la France d’en bas - comme cela a été dit avec condescendance - prétende avoir voix au chapitre et récuse les rengaines éculées censées justifier l’injustifiable.

Oui, nous ne pouvons pas garantir la victoire des luttes syndicales à tous les coups, mais l’année 2005 a déjà apporté son lot de démonstrations qui sont autant d’expériences utiles à tous.

Ici même, sur votre région, vous avez plusieurs exemples où le succès a consacré l’action collective ;

Je pense aux salariés de Fabbio LUCCI, à la réintégration de notre camarade Momo à CARREFOUR, à la mobilisation exemplaire des ouvriers agricoles obtenant leur dû. Un même combat pour la dignité, ici celle de travailleurs tunisiens et marocains, comme pour celle des polonais des chantiers de Saint-Nazaire.

Pour nous la défense des intérêts des salariés ne s’arrête pas avec la nationalité ou les frontières, en voilà deux beaux exemples.

Trop contents de pouvoir compter sur des gouvernements à leur écoute, les patrons du Medef ont opté pour le blocage ou l’inertie et font la sourde oreille.

Des actions unitaires, oui c’est ce qu’il nous faut si nous voulons dégripper le système et mettre chacun devant ses responsabilités. Sur tous les créneaux revendicatifs, pour les contraindre à se mettre enfin à table et à « lâcher le morceau », faisons front commun sur nos exigences communes.

Voilà plus de vingt ans que les uns et les autres s’appliquent à nous faire avaler de trop nombreuses couleuvres. Pour des millions de salariés et de retraités, il est temps de redresser la tête et de redresser la barre.

Pour les salaires et les retraites nous devons les faire passer à la caisse.

Nous sommes conscients des difficultés à surmonter pour y parvenir. Trop souvent les salariés ne disposent pas de syndicats, et tout particulièrement de syndicats CGT, en nombre et en taille suffisants pour que leurs aspirations, leurs revendications soient prises en compte dans la politique gouvernementale, la gestion des entreprises. Cela ne nous empêche pas d’agir et de prendre nos responsabilités mais, en conséquence, ce ne sont pas les revendications des salariés qui sont principalement à l’ordre du jour, c’est plus souvent le Medef qui donne le « la ».

La division actuelle du syndicalisme contribue à cette situation et c’est la raison pour laquelle la CGT et toutes ses organisations doivent à nouveau prendre des initiatives pour établir des convergences et opérer des rassemblements pour la défense des revendications. Lucide sur les obstacles à dépasser, la CGT doit continuer de porter le drapeau de l’unité. Elle doit le faire en France, elle doit le faire en Europe.

Des luttes importantes restent à mener sur le front européen. ébranlés par la manifestation du 19 mars à Bruxelles, contrariés par la tournure des événements avec les référendums en France et au Pays Bas, les promoteurs de la directive Bolkestein et de la directive « temps de travail » reviennent à la charge. Le résultat du référendum du 29 mai n’a pas diminué la nécessité de l’Europe sociale, bien au contraire. Le camp du néolibéralisme est toujours aux commandes en Europe. Plus que jamais, l’action syndicale unie en Europe doit s’affirmer comme l’objectif majeur de toutes les organisations adhérentes à la Confédération Européenne des Syndicats, dans laquelle la CGT tient toute sa place.

Alors que le message du 29 mai est profondément et clairement antilibéral, le gouvernement en place y répond par plus de libéralisme encore !

C’est aussi cela qui est inacceptable dans cette rentrée !

L’une et l’autre voix de ce gouvernement se sont exprimées. Car ce gouvernement est ventriloque, il dispose d’un grand héraut prompt à emboucher les trompettes pour nous jouer du pipeau, et d’une voix de l’Intérieur qui se sent autorisée à dire tout haut ce qu’il ferait si on le laissait faire et si on le laissait passer. La nouvelle fable que l’on nous sert à longueur d’antenne, ces derniers jours, c’est qu’avec de VILLEPIN et SARKOZY nous aurions affaire à deux visions différentes du présent et de l’avenir. Nous ne tomberons pas dans ce panneau.

Si ça chante à deux voix, il s’agit de variations sur les mêmes thèmes au sein d’une même partition, celle de la droite française et européenne. Dominique et Nicolas chantent bien en chœur avec José Manuel à Bruxelles, Angela à Berlin et Silvio à Rome !

Les deux frères ennemis ont des visions identiques sur le drame du chômage. Pour eux, un chômeur c’est un individu présumé coupable qui se complaît dans une situation d’assisté et qu’il faut pousser, vous voyez où, pour qu’il daigne retourner au boulot ! L’un a osé dire, et je cite son propos dans sa crudité cynique qu’il affectionne : « Renforçons les devoirs qui pèsent sur les chômeurs »...

Oui vous avez bien entendu, « qui pèsent sur les chômeurs » ... comme si le chômage n’était pas déjà un poids terrible pour celui qui le subit et pour ses proches ; l’autre veut que ce soit « plus facile de travailler plutôt que de vivre d’un revenu d’assistance » ! Mais ces deux messieurs ne savent pas de quoi ils parlent. La réalité c’est qu’il est difficile de trouver et de garder un bon travail et qu’il est très difficile de vivre avec un Smic et, à plus forte raison, avec le RMI !

Monsieur de Villepin avec son gouvernement s’estime quitte sur les salaires, et conforte les employeurs dans leur blocage actuel. Sur l’emploi, il n’a à la bouche que l’activité à temps partiel et temporaire qui devient la référence.

Toutes les mesures annoncées encouragent les employeurs dans cette voie et voudraient convaincre les salariés et les chômeurs de s’y soumettre sous peine de sanctions, tandis que les patrons sont exonérés de toute responsabilité dans la situation désastreuse de l’emploi et de l’investissement productif.

L’introduction de l’abattement de 20 % dans le barème de l’impôt sur le revenu n’aura aucun impact sur les salariés, il ne profitera qu’aux autres, dont évidemment tous les rentiers qui font de l’argent en dormant ; la réduction du nombre de tranches d’imposition et la fixation d’un taux de prélèvement maximal tous impôts confondus contribueront à accroître l’injustice en favorisant de façon éhontée les détenteurs des plus hauts revenus.

Les salariés et les retraités continueront, eux, d’être assommés par la TVA et la CSG.

Ainsi, quand il prétend vouloir soulager ce qu’il appelle les classes moyennes, ceux qui travaillent, Monsieur de VILLEPIN ment, SARKOZY aussi.

Quand il mutile la progressivité de l’impôt, Monsieur de VILLEPIN arrose les plus riches, SARKOZY aussi.

Quand il invoque les délocalisations en succombant au dumping fiscal en Europe, Monsieur de VILLEPIN choisit la soumission politique, SARKOZY aussi.

Quand il pense nous convaincre que la période d’essai à deux ans c’est mieux pour le salarié et c’est bon pour l’emploi, Monsieur de VILLEPIN nous prend pour des imbéciles, SARKOZY aussi.

Quand il confond la liberté de choisir son école avec le droit d’une école de ne pas vous accepter, Monsieur de ROBIEN dérive gravement de la norme républicaine, SARKOZY aussi.

Vous avez compris qu’entre de VILLEPIN et SARKOZY, maintenant, c’est à celui qui doublera l’autre à tous les sens que vous pouvez donner au verbe doubler.

Les deux champions n’ont pas le même style, mais s’adonne à la concurrence dans la connivence. L’un et l’autre sont décidés à rivaliser contre notre droit social, car l’un et l’autre ont choisi le même camp.

Le Medef applaudit des deux mains et en redemande. Dans cette merveilleuse ambiance de concurrence entre deux tenants de la société du risque pour les autres, le Medef peut se la jouer cool et consacrer ses Universités d’été à « réenchanter le monde ».

Sa nouvelle présidente, après avoir placé sa campagne électorale sous le slogan « la liberté de penser s’arrête là où commence le Code du Travail » a récemment livré sa philosophie en deux pensées profondes : « La vie, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? » ou encore « la précarité est une loi de la condition humaine ».

Madame PARISOT, songez que pour beaucoup trop de salariés français la précarité représente l’ordinaire d’une vie que vous ne pourriez pas supporter, que vous ne pouvez même peut être pas imaginer.

Cela étant, notre message au Medef est clair : nous voulons que s’engagent immédiatement des négociations pour répondre aux aspirations des salariés. Ce message, soyons en convaincus, il va falloir que nous le portions tous pour qu’il soit pris en compte et se concrétise par des avancées concrètes en matière de salaire, d’emploi, de droits et de libertés syndicales pour les salariés.

Deux négociations sont en cours, mais sont bloquées par l’intransigeance du MEDEF :

L’une sur le travail des seniors, où le patronat voudrait vendre un contrat « emploi vieux ».

L’autre sur la pénibilité du travail et le droit à la retraite anticipée.

Une autre est à venir, portant sur les futures règles et les futurs droits des salariés frappés par le chômage, c’est la révision de la convention Unedic.

C’est un rendez-vous essentiel. Nous aurons besoin que cette discussion ait lieu sous la vigilance et la mobilisation de tous.

Ces jours ci nous avons encore droit à un grand numéro de communication gouvernemental avec la présence de Thierry BRETON , sur toutes les ondes de Radio SARKO.

Les français protestent contre l’évolution des prix de l’essence. Le ministre en tient compte puisque, tenez vous bien, il menace de taxer les profits pétroliers ! Deux majors du secteur s’exécutent et baissent leurs tarifs de 3 centimes d’euros, après des augmentations de 40 centimes en un an !

ça doit nous faire économiser une cuillère à café sur un plein d’essence. Arrêtons les plaisanteries !

Si la CGT revendique un examen de la constitution du prix de l’essence, c’est pour des mesures sérieuses qui doivent se traduire rapidement à la pompe pour le consommateur.

Il faut remettre à plat les nombreux cadeaux financiers accordés aux entreprises (20 milliards d’euros) qui assèchent les ressources de l’état sans que leur effet sur l’emploi ne soit prouvé. Il n’est pas juste que les entreprises les plus profitables, qui sont aussi celles qui ont reporté leurs risques de gestion sur le réseau de PME, soient exonérées de leurs responsabilités dans la dégradation de la situation de l’emploi et la fragilisation des systèmes de protection sociale.

Et ce n’est pas la décision prise par la Direction de Helwett Packard qui me démentira.

C’est aussi par l’action qu’il nous faudra marquer le 60ème anniversaire de la Sécurité Sociale, si nous ne voulons pas subir de nouvelles amputations des prestations et des droits d’accès aux réseaux de santé comme le gouvernement est en train de les préparer.

Nous ne devons plus accepter les discours justifiant l’austérité salariale comme conséquence de la mondialisation, surtout lorsqu’ils sortent de la bouche de dirigeants qui n’hésitent pas, pour eux et pour leurs pairs, à s’auto décerner des augmentations qui dépassent toute décence.

Aujourd’hui, pas de défense des « droits acquis » sans la prise en compte de la précarité qui prive des milliers de salariés d’un niveau de garanties collectives élevé.

Notre objectif est que « tout salarié bénéficie, quelles que soient les circonstances, d’un ensemble de droits individuels, garantis au plan interprofessionnel, opposables à tout employeur et transférables d’une entreprise à une autre : droit à l’intégration dans un emploi, droit à la formation continue, droit à une carrière professionnelle, droit au maintien d’un contrat de travail en cas de suppression d’emploi, continuité des droits pour le calcul de la retraite, droit à l’expression syndicale. ». C’est notre définition de la sécurité sociale professionnelle.

Aujourd’hui, pour gagner, il ne suffit pas d’être fort dans une entreprise, voire dans une branche professionnelle, il faut être fort partout !

Il faut beaucoup de lucidité et de dynamisme dans nos rangs pour contrer les opérations de division ou de clivage que l’on s’efforce d’entretenir : les jeunes contre les plus âgés, ceux du privé contre ceux du public, les précaires contre les salariés à statut, les immigrés contre les français.

La solidarité c’est aussi celle qui doit se renforcer entre le public et le privé.

Tous les salariés sont en capacité de mesurer l’utilité du « service public », c’est-à-dire d’un vaste secteur capable de garantir les « droits » fondamentaux sous le signe de « l’égalité » de traitement et d’accès, de la solidarité et de la cohésion sociale, en échappant à l’emprise directe de la rentabilité financière. Ce besoin ressenti et la qualité du service rendu sont les facteurs fondamentaux dont dépend la capacité de résistance du secteur public à la mise en cause de ses missions et de ses moyens, sous la pression des dogmatiques du libéralisme et des champions de la privatisation.

Le service public est un bien commun à tous les salariés. Réaffirmons ensemble, dans la région qui doit accueillir ITER, combien il est inopportun et injustifié d’ouvrir le capital d’EDF.

Le gouvernement doit renoncer à la privatisation d’EDF !

Chers amis, chers camarades,

La CGT défend les salariés dans une société où dominent les logiques et les contraintes actuelles du capitalisme.

Selon l’article 1 de nos statuts, « La CGT est ouverte à tous les salariés, femmes et hommes, actifs, privés d’emploi et retraités, quels que soient leur statut social et professionnel, leur nationalité, leurs opinions politiques, philosophiques et religieuses. ».

Dans les semaines et les mois à venir, la CGT, à tous les niveaux, doit être attentive à l’unité et au respect des diversités d’opinion des adhérents qu’il nous faut garantir en toute circonstance. C’est cette attitude qui nous préservera de toute volonté de faire du syndicat un champ d’affrontement des stratégies politiques, qu’elles émanent des partis ou de tel ou tel prétendant à la future élection présidentielle.

Si nous sommes attachés à l’alternance permise par un régime démocratique et, qu’en l’occurrence, nous sommes très nombreux à penser qu’une alternance porteuse de véritables alternatives est souhaitable, quelle est la meilleure attitude à adopter par une organisation syndicale comme la CGT ? Celle de faire son travail syndical, celle d’occuper mieux encore la place qui est la notre et où personne ne peut nous remplacer. Pour y parvenir nous avons besoin d’y consacrer toute notre énergie, toute notre intelligence, toute notre disponibilité et toutes nos forces.

Fin avril, se réuniront en congrès les 1 000 délégués provenant des différents syndicats de la CGT pour préciser les orientations qui seront mises en œuvre par l’organisation et élire la direction qui aura la charge de les animer.

Il est essentiel que ce rendez-vous important dans la vie de l’organisation produise le résultat attendu par les syndiqués et les militants.

Aussi prenons nous grand soin de créer les conditions d’une préparation démocratique.

Des dispositions exceptionnelles contribueront à ce que les syndiqués soient réellement partie prenante.

Nous organisons une première consultation nationale de tous les syndiqués pour avoir en direct leur opinion sur notre activité présente et à venir.

Vous disposerez très bientôt de ce questionnaire et je vous invite à prendre le temps de vous exprimer par ce processus inédit.

La direction de la CGT met également au point un plan de visite de 1 000 lieux de travail sur lesquels nous rencontrerons les syndiqués mais aussi les salariés intéressés par notre démarche.

Nous programmons une série de forums sur des thèmes qui nous tiennent à cœur et sur lesquels d’autres acteurs souhaitent réfléchir et agir avec nous. Ce seront aussi des moments importants pour nous guider dans nos choix futurs.

En janvier, l’ensemble des syndicats disposera des textes soumis à l’appréciation des syndiqués. Nous passerons alors à une autre étape du débat et de la prise de décision collective.

Pendant toute cette période notre journal, la NVO, dont je vous recommande chaleureusement la lecture régulière, sera un support essentiel de nos initiatives.

Durant les prochains mois nous avons la prétention de tenir toute notre place sur le terrain revendicatif et, dans le même temps, de réfléchir sur nous-mêmes, sur nos objectifs, notre organisation, l’état de nos forces syndiquées à la CGT.

Nous allons le faire, là aussi, à la fois avec confiance et avec lucidité.

Avec confiance parce que la CGT s’est renforcée ! Avec 702 688 adhérents en 2004, c’est le meilleur chiffre recensé depuis 15 ans et tout le monde ne peut pas en dire autant.

Avec lucidité parce que cela ne nous entraîne pas à l’euphorie. Nous visons le million de syndiqués à la CGT ; il faut y travailler ensemble.

Dans cette période revendicative, dans cette ambiance où beaucoup s’interrogent sur la façon de changer les choses, soyons aussi à l’offensive pour syndiquer à la CGT, pour aider à la création de syndicats CGT sur les lieux de travail.

Les défis auxquels sont confrontées nos sociétés en France et dans le monde sont majeurs, les attentes des salariés sont considérables, nos objectifs revendicatifs ambitieux, mais nous ne sommes pas équipés syndicalement comme il le faudrait.

C’est la raison pour laquelle le renforcement, le redéploiement et la réorganisation des moyens et des outils dont dispose la CGT devront figurer en bonne place dans les débats et les travaux du congrès.

Chacune des structures de l’organisation : syndicat d’entreprise, union locale, départementale, fédération professionnelle, comité régional, toutes devront apporter leur contribution pour l’organisation d’un plus grand nombre de salariés à la CGT et pour promouvoir un syndicalisme interprofessionnel favorisant les convergences et le rassemblement dans les mobilisations et l’action.

Voilà, chers camarades et chers amis, ce dont je voulais vous faire part.

Les salariés, s’ils sont unis et décident de se mettre en mouvement, représentent une force considérable.

Une force bien plus forte qu’ils ne l’imaginent eux-mêmes.

Une force qui peut en imposer à n’importe quel gouvernement, à n’importe quel employeur borné.

A nous de les aider à en prendre conscience.

Allons de l’avant avec détermination !

Allons de l’avant en travaillant partout les revendications et la mobilisation !

Allons de l’avant avec l’esprit de conquête et vous verrez que nous pourrons fêter des victoires !

Je vous remercie de votre accueil chaleureux, convaincu que ce grand rassemblement va nous donner l’élan et le dynamisme dont nous avons besoin.

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