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Un article de Marie Visot paru dans Figaro du 19 février 2005

Investissement et consommation ont soutenu la croissance en 2004

samedi 19 février 2005 par Marie Visot

Le ministère de l’Economie y trouvera un motif de satisfaction. Grâce au sursaut d’activité du quatrième trimestre, la croissance française a progressé de 2,3% en 2004, selon les comptes nationaux publiés hier par l’Insee. C’est sa meilleure performance enregistrée depuis 2000 ! La nouvelle est d’autant plus satisfaisante qu’en données brutes - celles qui importent budgétairement à Bercy -, ce chiffre atteint 2,5%. De fait, le hasard du calendrier a joué en faveur de l’activité et non pas des week-ends de trois jours tant appréciés des Français. Le 1er mai, le 8 mai, le 15 août et le 25 décembre sont tombés en 2004 soit un samedi, soit un dimanche.

Les données détaillées publiées hier confirment le rebond du dernier trimestre 2004 (0,8%), après le trou d’air du troisième : regain de consommation - grâce au déblocage anticipé de l’épargne salariale et aux franchises d’impôts sur les donations -, reprise de l’investissement, très bonne tenue des achats de logement, exportations en hausse, importations ralenties... Le cocktail est concluant. La croissance de ses voisins allemand et italien s’étant écroulée sur la même période, la France s’affirme par la même occasion comme locomotive de la croissance de la zone euro.

Sur l’année, la croissance de 2,3% vient contraster avec le petit 0,5% de 2003. Si le commerce extérieur reste le point faible (il a pesé à hauteur de 1,2% sur la progression du PIB), les autres grandes composantes de la croissance sont rassurantes : les ménages ont encore plus dépensé que l’année précédente (+ 2,2%) et les industriels se sont remis à investir (+ 2,8%) après avoir très fortement restreint leurs dépenses d’équipement.

Le tableau pourrait être presque parfait... à une nuance près. Sur 2,3% de croissance, 0,9 point provient de la contribution exceptionnelle des stocks. De fait, face à l’envolée du cours des matières premières, les industriels ont massivement restocké pour se protéger contre de futures hausses. « Ce qui explique en partie pourquoi ces bonnes performances ne se traduisent quasiment pas par des créations d’emplois », note Nicolas Bouzou, chez Xerfi. Sur les trois derniers mois de 2004, alors que la richesse créée augmentait de 0,8%, l’emploi salarié ne progressait pas.

La France serait en fait sur le chemin « d’une croissance modérée et auto-entretenue », relève Michel Devilliers, responsable de la conjoncture à l’Insee. Ces résultats peuvent « apparaître satisfaisants, mais ils préparent mal l’avenir », renchérit Nicolas Bouzou. D’abord, les ménages français, étant donné la faiblesse des gains de pouvoir d’achat, « vont-ils avoir les moyens de continuer sur cette tendance ? », s’interroge Marc Touati, chez Natexis-Banques populaires. Ensuite, le commerce extérieur risque de nouveau de peser sur la croissance, « en relation avec un léger ralentissement international et un euro qui reste élevé », note Nicolas Claquin, au CCF. Enfin, l’« effet stocks » ne devrait pas se reproduire cette année : dès le quatrième trimestre 2004, les stocks ont cessé d’alimenter l’activité

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