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Propos recueillis par Rémi Barroux | Le Monde le 21.05.2008

Jean-Christophe Le Duigou : Pour la CGT, "l’emploi des seniors conditionne la pérennité du système de retraites"

mercredi 21 mai 2008 par Rémi Barroux, Jean-Christophe Le Duigou

Pourquoi la question de l’emploi des seniors est-elle si importante dans l’allongement de la durée de cotisation ?

Jean-Christophe Le Duigou : L’emploi des seniors, au même titre que celui des jeunes, conditionne la pérennité du système de retraites. Il joue sur l’équilibre financier : 3,5 millions de salariés ont plus de 55 ans dont 2,5 millions ne sont plus dans l’emploi ne créant plus de richesse et ne cotisant que marginalement au système de retraite. Cela joue aussi sur la garantie des droits. Plus la différence est grande entre l’âge de cessation d’activité et celui où l’on partir en retraite, et plus le risque d’une amputation de sa pension augmente. Si le salarié ne peut pas entrer avant 26 ou 27 ans dans l’emploi, c’est aussi grave et cela a autant de conséquence qu’un senior qui est évacué du marché du travail.

Pourquoi les dispositifs précédents sur l’emploi des seniors n’ont-ils pas marché ?

La négociation entre les partenaires sociaux, et l’accord qui en a résulté (que la CGT est la seule à ne pas avoir signé), était dès le départ mal engagée. Son objectif n’était pas que le salarié âgé reste dans l’emploi jusqu’à son départ à la retraite, mais de créer une sorte de marché spécifique pour les seniors. Or, on sait qu’un senior perdant son emploi à moins d’une chance sur dix d’en retrouver un.

Les propositions nouvelles du gouvernement vous semblent-elles plus efficaces ?

Les mesures qui nous ont été présentées ne se distinguent pas de la logique précédente qui s’est traduite pourtant par un échec patent. On continue de faire porter l’essentiel de la responsabilité sur le salarié. On veut supprimer la dispense de recherche d’emploi, le dispositif de pré-retraite, diminuer la prime de départ à la retraite… alors que l’entreprise ne serait mise à contribution qu’à partir de 2010, dans le cas où elle n’aurait pas ouvert de négociation sur l’emploi des seniors.

Que faudrait-il faire selon vous ?

Il faut tabler sur une amélioration globale de l’emploi. Il existe un coefficient amplificateur, tout simplement parce que les seniors, comme les jeunes, sont plus nombreux dans la file d’attente ; quand celle-ci diminue, ils en profitent plus. Sinon, il faut actionner trois leviers : les seniors étant plus vulnérables, il faut améliorer leurs conditions de travail. Il faut aussi augmenter leur accès à la formation professionnelle. On doit pouvoir accéder à une formation qualifiante avant 45 ans, ce qui permettrait de rendre crédible l’idée d’une deuxième carrière. Enfin, il faut concevoir une nouvelle organisation du travail. Si le salarié senior est moins productif qu’un jeune, il a d’autres compétence à faire valoir, comme le tutorat, les capacités d’expertise, de transmission des compétences. n

Propos recueillis par Rémi Barroux

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