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Le Monde le 25.07.07.

L’Allemagne s’apprête à vendre 25 % de la Deutsche Bahn

mercredi 25 juillet 2007

Après la poste, les télécommunications et l’énergie, l’Allemagne s’apprête à ouvrir un autre secteur stratégique aux capitaux privés, les chemins de fer. La grande coalition d’Angela Merkel (CDU) devait ouvrir la voie mardi 24 juillet à la privatisation partielle de la Deutsche Bahn à l’horizon du second semestre 2008. Le ministre social-démocrate des transports, Wolfgang Tiefensee, devait en effet présenter le projet de loi en conseil des ministres : il compte vendre dans un premier temps environ 25 % du capital, soit à la Bourse, soit directement auprès de gros investisseurs.

A terme, l’Etat restera majoritaire avec 51 % des chemins de fer allemands, qui valent quelque 20 milliards d’euros. "Nous avons besoin de partenaires privés pour rendre la Bahn encore plus forte, car (elle) doit pouvoir s’imposer sur le marché allemand, très ouvert, face à des concurrents étrangers", a déclaré le ministre au magazine Focus, lundi. Dans certaines régions outre-Rhin, opèrent déjà depuis plusieurs années des compagnies ferroviaires privées.

DIVISION DE LA GRANDE COALITION

Le réseau ferré doit rester propriété de l’Etat. "Aucun investisseur n’aura accès à un seul mètre de rail", a assuré le ministre, garantissant que le gouvernement continuerait dans les quinze prochaines années à investir jusqu’à 2,5 milliards d’euros par an dans l’entretien du réseau.

Les parlementaires doivent commencer à examiner le texte à l’automne. D’ores et déjà, plusieurs Etats régionaux expriment leurs craintes de voir des liaisons ferroviaires locales sacrifiées au bénéfice de grandes lignes plus rentables. Au sein de la grande coalition, le projet divise également les conservateurs, hostiles à une aide publique au réseau ferré trop généreuse, et les sociaux-démocrates, parfois opposés à l’idée même d’une ouverture du capital. Si Alois Rhiel, ministre conservateur des transports de la riche région de Hesse (ouest de l’Allemagne), estime que le projet de loi ne va pas assez loin pour stimuler la concurrence et "favorise" trop la Deutsche Bahn, Thomas Jurk, son homologue social-démocrate de Saxe (ex-RDA), insiste pour que les pouvoirs publics conservent une "influence directe en matière d’investissements".

Le patron de la Deutsche Bahn, Hartmut Mehdorn - depuis 1999 à la tête de la lucrative entreprise qui emploie 230 000 personnes - aura la tâche de mener à bien l’ouverture du capital. Son mandat, qui devait expirer en mai 2008, a été prolongé jusqu’à 2011 pour ce faire. M. Mehdorn, qui était partisan d’une ouverture du capital dès le premier semestre 2008, peut déjà se targuer d’avoir fait exploser les bénéfices du groupe, à 1,7 milliard d’euros en 2006, grâce notamment à de juteux investissements dans le fret à l’étranger.

En attendant, le patron, un proche des sociaux-démocrates, devra clore un dossier qui pourrait gâcher le plaisir des aoûtiens en Allemagne : un syndicat appelle une nouvelle fois à la grève pour revaloriser les salaires des conducteurs de locomotive.

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